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23/01/2017

Le manque de vitamine D accentue le risque cardiovasculaire

Santé & Modes de vie

Le manque de vitamine D accentue le risque cardiovasculaire

Il est important de s'exposer aux rayons du soleil toute l'année.

[Everst/Shutterstock]

Une carence en vitamine D augmente de 35 % les risques de maladie cardiovasculaire. Les cas sont nombreux dans le nord de l’Europe, où l’ensoleillement est faible.  

Depuis plusieurs années, des études indiquent qu’un manque de vitamine D pourrait augmenter le risque cardiovasculaire, mais on ignorait quel était le niveau auquel le risque augmente de manière significative. C’est ce seuil critique que le docteur Brent Muhlestein et son équipe de l’Intermountain Medical Center Heart Institute, à Salt Lake City, ont trouvé grâce à l’étude qu’ils viennent de finir.

15 nanogrammes

Un taux de vitamine D inférieur à 15 nanogrammes par millilitre (ng/ml) dans le sang entraine un risque cardiovasculaire accru de 35 %, selon leurs recherches. « Jusqu’ici, on estimait que les taux de vitamine D normaux étaient supérieurs à 30 ng/ml. Des recherches plus récentes donnaient à penser que 15 ng/ml sont suffisants, mais ce chiffre n’avait pas encore été confirmé », explique Brent Muhlestein.

Pendant trois ans, le docteur Muhlestein et son équipe ont analysé les dossiers médicaux de 230 000 personnes, traquant accidents cardiovasculaires et décès. Résultat : les personnes dont le taux de vitamine D est inférieur à 15 ng/ml ont 35 % de chances en plus d’être victimes d’accidents cardiovasculaires.

« Même après cette révision à la baisse [du taux nécessaire], une personne sur dix est concernée. C’est un pourcentage élevé de la population », avertit le spécialiste. « Cette étude nous permet de mieux comprendre quels patients devraient corriger leurs taux de vitamine D avec des compléments alimentaires. »

Les résultats de l’étude ont été présentés lors de la conférence annuelle de l’American Heart association, en Floride, et devraient être publiés sous peu. Pour le Dr Muhlestein, le travail n’est toutefois pas fini, et il pense déjà aux prochaines analyses à mener. « En continuant à étudier la vitamine D et la santé cardiovasculaire, nous espérons en apprendre assez pour conseiller au mieux chaque patient. Nous pourrons ainsi les informer de manière spécifique sur la meilleure manière de réduire leur risque cardiovasculaire », conclut-il.

>> Lire aussi : Nouvelles pistes pour évaluer le risque cardiovasculaire

La vitamine D

Le manque de vitamine D a des conséquences variées, comme une fragilisation des os, des douleurs musculaires, une grande fatigue, des crampes, etc. Cette vitamine a par ailleurs un effet plus proche de celui des hormones, puisqu’elle agit sur la thyroïde, par exemple, et d’autres glandes endocrines. En plus de favoriser les accidents cardiovasculaires, le manque de vitamine D nuit également au rétablissement des personnes victimes d’AVC.

La vitamine D est naturellement produite par l’organisme lorsque la peau est exposée aux UV et est donc directement influencée par le climat. Dans le nord de l’Europe, les cas de carence sont d’ailleurs assez élevés. Les spécialistes conseillent donc de se promener au grand air au moins deux fois 45 minutes par semaine, afin de donner à l’organisme la lumière naturelle dont il a besoin pour fonctionner normalement. S’il est important d’éviter une trop grande exposition aux UV, il est donc tout aussi mauvais de se soustraire tout à fait aux rayons du soleil en restant à l’intérieur ou en se tartinant d’écran total.

La vitamine D est également présente dans certains aliments, comme le poisson (et notamment l’huile de foie de morue, que l’on donnait aux enfants pour éviter les cas de rachitisme, liés à la vitamine D), les jaunes d’œufs, ou encore certains produits laitiers ou céréaliers.

Une série de facteurs, comme certains troubles digestifs, un manque d’exposition au soleil ou la pollution de l’air peuvent mener à des carences en vitamine D. « La meilleure manière de déterminer me niveau de vitamine D est de faire une analyse de sang », explique le Dr Muhlestein. Si elle est importante, la carence peut alors être corrigée facilement grâce à des compléments alimentaires.

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