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27/08/2016

Le Parlement européen défend l’étiquetage des nanotechnologies dans les aliments

Santé & Modes de vie

Le Parlement européen défend l’étiquetage des nanotechnologies dans les aliments

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Le Parlement européen a rejeté un assouplissement de l'étiquetage des aliments modifiés grâce aux nanotechnologies, proposé par la Commission. Une décision justifiée par l’incertitude qui demeure sur la sécurité de ces nanotechnologies. 

Les députés européens estiment que la définition des nanomatériaux donnée par la Commission pourrait mener à l'absence d'étiquette signalant leur présence dans les aliments.

La Commission propose que les additifs alimentaires déjà en vente, contenant potentiellement des nanoparticules, puissent ne pas faire l’objet d’un étiquetage sur la présence de nanomatériaux. D'après les eurodéputés, les projets de la Commission iraient à l'encontre du droit à l'information des consommateurs.

La Commission a proposé de qualifier un ingrédient de « nano » à partir du moment où il contient 50 % de nanoparticules, un seuil trop élevé pour les eurodéputés. Cette proposition va à l'encontre d'un avis de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) qui avait plaidé en faveur d’un seuil de 10 % en raison de l'incertitude actuelle sur la sécurité liée aux nanotechnologies.

« Le Parlement européen a appelé à plusieurs reprises en faveur d'un étiquetage approprié pour ce qui est des nanoparticules et c'est très surprenant que la Commission ait même essayé de diminuer la portée des décisions prises par le Parlement européen et le Conseil », a déclaré l'eurodéputé vert suédois Carl Schlyter. « Les consommateurs ont le droit de savoir et de faire leur propre choix, ils ne veulent pas que la Commission le fasse pour eux. C'est la raison pour laquelle le vote d'aujourd'hui est important. »

Monique Goyens, directrice générale du Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC), déclare que les consommateurs ne peuvent déterminer si les nanomatériaux sont sans danger. Selon elle, les citoyens ne voient pas les avantages qu’apportent les nano-aliments.

« L'étiquetage des aliments dans l'UE obligera les producteurs à signaler quand les aliments contiennent des nanoparticules de sorte que les consommateurs puissent décider eux même s'ils veulent acheter ou non ces produits. La proposition de la Commission, inappropriée, limiterait leur droit d'accès à l'information. Nous saluons la décision des eurodéputés qui ont demandé que le projet soit révisé intégralement », a-t-elle précisé.

Monique Goyens a également soutenu la définition de l'EFSA : elle est « claire comme de l'eau de roche ».

« Un ingrédient devrait être considéré comme « nanomatériau facturé » à partir du moment où il contient 10 % de nanoparticules. Aucune raison convaincante n’explique pourquoi la Commission ne respecte pas l'avis d'un organe scientifique indépendant spécialisé dans l'alimentation », a ajouté Monique Goyens.

Contexte

Les nanotechnologies concernent des structures et des dispositifs technologiques développés à l’échelle du nanomètre, c’est-à-dire à des niveaux moléculaires. Selon les scientifiques, les nanotechnologies permettraient de créer de nouveaux matériaux et dispositifs notamment dans les domaines de la médecine, de l'électronique, des biomatériaux et de la production d'énergie.

La nanotechnologie soulève cependant des inquiétudes quant à sa toxicité et son impact sur l'environnement.

Prochaines étapes

  • 24-27 févr. : les eurodéputés voteront la résolution lors d'une session plénière à Strasbourg

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