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23/07/2016

Le Parlement européen refuse d’ajouter du sucre dans la nourriture pour bébé

Santé & Modes de vie

Le Parlement européen refuse d’ajouter du sucre dans la nourriture pour bébé

Les aliments pour bébé contiennent en général moins de sucre que ceux pour adultes.

[Jonathan Khoo/Flickr]

Le Parlement européen a rejeté in extremis une directive sur les aliments pour bébé. Le projet prévoyait notamment d’autoriser des teneurs en sucre six fois plus élevées que les préconisations de l’OMS.

C’est un Parlement européen très divisé qui a fini par rejeter, le 20 janvier, un projet de directive sur la nourriture pour bébé controversé. Les Verts sétaient déjà opposés frontalement à la nouvelle proposition législative sur la nourriture pour bébé. La Commission prévoyait en effet un plafond bien trop élevé pour la teneur en sucre, un détail dangereux, selon eux.

Selon la législation proposée par la Commission, jusqu’à 30 % de l’énergie contenue dans la nourriture pour bébé aurait pu provenir du sucre, alors même que l’OMS recommande un maximum de 5 %.

« Le risque sanitaire associé à une consommation excessive de sucre est à présent tout à fait reconnu. Le rôle de la réglementation devrait être de limiter ce risque, particulièrement pour les bébés et les enfants, qui sont les consommateurs les plus vulnérables », a déclaré Keith Taylor, eurodéputé Vert.

Il ajoute qu’un taux de sucre élevé dans la nourriture pour bébé contribuerait à l’augmentation de l’obésité infantile et modifierait les goûts des enfants, qui auraient beaucoup de mal à se défaire de leur habitude de manger trop de sucre en grandissant. Il juge donc la proposition de la Commission « irresponsable ».

 >> Lire : Inquiétudes sur la contamination chimique du lait pour enfants

Dans un communiqué, Julie Girling, eurodéputée du groupe des Conservateurs et Réformistes européens (CRE) a toutefois déclaré que les eurodéputés ne devraient pas bloquer la législation à chaque fois qu’ils avaient des inquiétudes sanitaires.

Le chiffre de 30 % est un plafond, pas le niveau conseillé, souligne-t-elle, et le sucre présent dans l’alimentation pour bébé, comme les céréales, est donc en général bien en deçà de cela.

« Ces aliments sont le seul type de nourriture créé spécifiquement pour limiter la dose de sucre, de sel et de graisses saturées et assurer un apport adéquat de protéines, glucides, vitamines et minéraux à ses consommateurs », insiste-t-elle.

La décision de s’opposer frontalement à la proposition est donc discutable, selon Julie Girling, puisque la Commission a même indiqué qu’elle reverrait le plafond de sucre autorisé après la publication de l’avis de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA).

Contexte

Selon la législation déléguée proposée par la Commission, le sucre aurait pu représenter 30 % de l'énergie contenue dans la nourriture pour bébé (soit 7,5 g de sucre/100 kcal).

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande un maximum de 5 %. Les élus du Parlement européen ont donc conseillé à la Commission de revoir les données scientifiques existantes avant de faire une nouvelle proposition. 

Prochaines étapes

  • 2016 : L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) projette de publier un avis sur les niveaux de sucre dans la nourriture pour bébé.