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22/01/2017

Les affections respiratoires, cause de mortalité importante dans l’UE

Santé & Modes de vie

Les affections respiratoires, cause de mortalité importante dans l’UE

Les cancers du poumon représentent 40% de ces décès.

[Dario Lo Presti/Shutterstock]

13 % des décès en UE sont liés à des affections respiratoires. Selon la revue Nature, les gaz émis par l’agriculture sont tout aussi nocifs que les gaz industriels.

Les Européens meurent avant tout de l’air qu’ils respirent. Selon Eurostat, 13 % des décès sont liés à un problème respiratoire. Le cancer du poumon représente à lui seul près de la moitié de ces décès, soit plus de 5,2 %  selon une étude récemment publiée par Eurostat. Les autres affections communes sont la grippe, la pneumonie, les bronchites et autres affections chroniques des voies respiratoires inférieures.

Une exposition variable en Europe

La part des maladies respiratoires dans le total des décès varie d’un pays à l’autre, puisque que les maladies respiratoires représentent 20,3 % des décès au Royaume-Uni, contre 5,8 % en Lettonie.

Dans toute l’Europe, les hommes sont plus touchés que les femmes, puisqu’ils représentent près de 60 % de l’ensemble des victimes des maladies de l’appareil respiratoire. Ce pourcentage s’élève même à 75 % pour l’Estonie et la Lituanie. Unique exception : le Danemark, où 51,3 % des décès liés aux maladies respiratoires concernent des femmes.

Si dans la plupart des pays européens, les affections respiratoires tuent beaucoup de personnes âgées, le cancer du poumon touche aussi des personnes relativement plus jeunes.

>>Lire : les émissions du transport maritime tuent des milliers de personnes chaque année

Cancer du poumon

Le cancer du poumon représente environ 40 % des décès dus aux maladies respiratoires. En comparaison, la grippe, dont on parle tellement, ne représente que 0,3 % du chiffre total. C’est au Portugal que la part du cancer du poumon est la moins élevée (20,9 %), et en Estonie qu’elle est la plus élevée (60,4 %).

Si le cancer du poumon existe partout – et est partout extrêmement courant, il tue surtout en Europe et en Amérique du Nord. Ce cancer est principalement (à 90 %) causé par le tabagisme, actif ou passif, et prend des formes diverses en fonction du type de cigarette (avec ou sans filtre). S’il touche moins de personnes que les cancers du sein ou de la prostate, c’est le type de cancer qui tue le plus en France.

Outre les cancers du poumon, le tabagisme fragilise l’entièreté de l’appareil respiratoire, ce qui, à long terme, le rend plus vulnérable à d’autres types de maladies, comme la pneumonie, les bronchites, etc. La lutte contre le tabagisme, décrit comme « le principal risque sanitaire évitable au sein de l’Union européenne » par la Commission, est donc un premier moyen – indirect mais efficace – de lutter contre les maladies respiratoires.

>> Lire : Une étude recommande les cigarettes électroniques contre le tabagisme

Une série de règles existent dans l’UE pour tenter de limiter le tabagisme, qui vont des règles concernant les emballages aux campagnes anti-tabac, en passant par l’interdiction de publicité, par exemple.

Des affections liées à l’agriculture

Un point de vue corroboré par la revue Nature, qui publie de son côté un pensum sur la pollution de l’air au niveau mondial, combinant des données nouvelles. Selon l’auteur coordinateur de cette nouvelle étude,  Jos Lelieveld de l’Institut de Chimie Max Planck en Allemagne, la pollution de l’air provoque la mort de 3,3 millions de personnes par an, soit 6 % des décès, dont les trois quarts sont liées à des crises cardiaques ou des AVC.

La revue Nature met en avant le rôle des émissions polluantes liées à l’agriculture, particulièrement nocives en Chine. La combinaison d’ammoniac et des sulfates en provenance des centrales à charbon y provoque un cocktail dangereux pour la santé, que l’on retrouve d’ailleurs aux Etats-Unis où en Europe où les particules polluantes émises par les voitures se mêlent également à l’ammoniac des champs.

>> Lire : La pollution de l’air coûte plus de 100 milliards d’euros par an à la France

En ce qui concerne ces minuscules particules (0,0025 millimètres), l’Europe a cependant encore des progrès à faire. Depuis 2015, les normes européennes fixent un plafond limite de 25 microgrammes de particules fines par mètre cube, alors même que l’OMS recommande une limite de 10 microgrammes par mètre cube.

>> Lire : Les villes allemandes affichent des niveaux de pollution de l’air excessifs

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