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28/09/2016

Les cliniques privées grecques refusent les assurés de la Sécu

Santé & Modes de vie

Les cliniques privées grecques refusent les assurés de la Sécu

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L'association des cliniques grecques n'acceptera plus les patients assurés auprès de l’Organisation nationale des services de santé, l'EOPYY. Motif : l'organisation publique doit 800 millions d'euros aux établissements privés, selon le journal Ekathimerini.

La décision est effective. À partir de lundi 3 novembre, les cliniques privées grecques ne prennent plus en charge les patients bénéficiant de la principale caisse d'assurance. Les cliniques continueront toutefois de fournir des soins aux patients souffrant d’une maladie rénale et à ceux en soins intensifs jusqu'au 10 novembre.

« Notre potentiel de survie est épuisé », a indiqué l'association dans un communiqué en expliquant être gravement endettée, en raison des arriérés de remboursement de la Sécurité Sociale. Le passif de l'association remonte à 2007.

Six millions de Grecs ne sont plus assurés et n'ont plus accès aux soins médicaux.

En septembre, le président de l'EOPYY, Dimitris Kontos, a annoncé qu'environ 3,1 millions de personnes avaient perdu leurs droits d'assurance. Environ 3,3 millions de citoyens, dont des commerçants qui mettent la clé sous la porte, sont sur le point de subir le même sort, selon M. Kontos.

Entre 2008 et 2011, 17 des 28 États membres ont réduit drastiquement leurs dépenses publiques en matière de soins de santé en raison des mesures d'austérité.

En Grèce, la totalité du système de santé publique subit une pression énorme. Des groupes déjà vulnérables avant la crise, à l'instar des migrants sans papiers, des demandeurs d'asile, des toxicomanes, des travailleurs du sexe et des sans-abri, ont constaté une réduction dans les filets de sécurité sociale qui leur accordaient une aide minimale.

Quelque 20 % des patients des hôpitaux de Médecins du monde se sont vu refuser l'accès à des soins de santé ces douze derniers mois.

En Grèce, avant la crise, la plupart des patients étaient des migrants. Au cours de l'année dernière, près de la moitié des patients étaient grecs, selon Médecins du monde. Bon nombre d'entre eux ne peuvent plus s'offrir des services de soins de santé.

La fermeture des hôpitaux

La police hellénique a fermé une clinique communautaire privée à Elliniko le 24 octobre. Depuis 2011, cette clinique avait accueilli 15 000 personnes sans accès à des soins de santé publique gratuits, selon le média en ligne Enet.gr.

Syriza, le principal parti gauchiste d'opposition, deuxième parti au Parlement grec, a qualifié cette fermeture de « honteuse ».

Selon la police grecque, la clinique aurait distribué des substances illégales à des toxicomanes. L'hôpital a pour sa part indiqué qu'il ne savait pas d'où venait la plainte.

« Tout ce que nous ferons, c'est répéter ce que nous avons dit ces deux dernières années. Personne ne devrait être seul dans cette crise. Laissez le gouvernement et le ministère de la santé fournir une solution de sorte qu'il n'existera plus le besoin de cliniques et de pharmacies sociales », d'après le communiqué.

« Plus de 3 millions de citoyens n'ont pas accès au système de santé publique. Quand le gouvernement agira-t-il enfin ? », se demande la clinique.

Contexte

La crise de la dette dans la zone euro a contraint certains gouvernements à réduire considérablement leur budget de santé publique pour limiter les déficits.

La Grèce est l'un des pays qui ont pris les mesures les plus sévères, mais l'Espagne et d'autres États comme la France et la République tchèque ont adopté des mesures semblables.

>> Lire le LinksDossier d'EurActiv : Austérité : les systèmes de santé en péril

Prochaines étapes

  • 3 nov. : date butoir pour que l'EOPYY règle ses dettes.

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