Les hackathons de l’e-santé se développent en Europe

Un Hackathon à Amsterdam. [Crédit : [Sebastiaan ter Burg/ flickr.com]

La 9ème édition de l’Université d’été de l’e-santé à Castres a été le théâtre d’un hackathon, ces marathons de hackers visant à développer des applications mobiles dans le domaine de la santé, dont le succès va croissant en Europe, notamment chez les malades chroniques.   

Réunissez des fanatiques de l’informatique et des professionnels de la santé et le tour est joué. Le groupe pharmaceutique Pierre Fabre a profité de l’Université d’été de la e-santé, début juillet, pour organiser son premier hackathon, en partenariat avec l’association canadienne Hacking Health, spécialisée dans l’organisation de ce type de rencontre.

De plus en plus populaires au Canada, les hackathons, qui réunissent des gens qui savent fabriquer des applications et ceux qui connaissent les besoins du secteur de la santé, se développent également en Europe. « Nos événements se développent partout dans le monde, principalement au Canada mais aussi en Europe. Il y a eu la Suisse avec le Arkhathon HH en valais et HH Milan et bientôt Berlin. Plusieurs villes de France, comme Nice, Lyon, Bordeaux, Nantes etc., nous ont sollicité pour organiser un hackathon », a déclaré Sébastien Letélié, directeur Europe chez Hacking Health.

« Depuis mars 2014, nous organisons le Hacking Health Camp à Strasbourg. C’est aujourd’hui le plus grand hackathon européen sur la santé et un des événements les plus emblématiques sur l’innovation en santé. Cette année nous avons accueilli plus de 600 personnes venues de toute l’Europe », a-t-il expliqué.

Briser les barrières

Ces hackathons de la santé sont de véritables laboratoires d’idées et brisent les barrières de l’innovation. Ces événements de programmation collaborative regroupent des professionnels de la santé, qui font part des problèmes dans le secteur, et des développeurs qui vont plancher sur la création d’applications pour résoudre ces problèmes.

Un concept qui brise les codes mais qui n’effraie pas pour autant les professionnels de la santé, souvent nombreux à répondre présents. « Tous ceux qui viennent aux hackathons sont très ouverts, il y a surement des réfractaires mais pour l’instant aucun n’est venu nous contredire dans notre démarche », affirme Sébastien Letélié.

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Le groupe Pierre Fabre va donc accompagner les trois projets lauréats de ce premier hackathon sur le thème de l’arthrose : StepUp, une application pour rééduquer ses membres grâce à des jeux simples, Pharmtalk, une borne d’arcade interactive pour les pharmacies, et Podo Up, une semelle connectée qui, grâce à des capteurs de pression, informe le patient et son médecin sur sa façon de marcher.

Les applis au service des malades chroniques

Selon une étude réalisée par le Lab e-santé, intitulée « Santé mobile et connectée : usages, attitudes et attentes des malades chroniques », les objets connectés et les applications sont de plus en plus utilisés par les malades chroniques: ils sont 71 % à posséder un smartphone ou une tablette en France.

Quant aux diabétiques, très connectés, quatre sur dix possèdent les deux. Même si les plus équipés sont les 25-34 ans, les plus de 65 ans le sont aussi largement et les plus de 80 ans ne sont pas en reste puisqu’ils sont 34 % à détenir un smartphone ou une tablette. L’étude montre que plus de la moitié des diabétiques ont déjà téléchargé des applications mobiles liées à la santé (mApps), les utilisent et considèrent qu’elles sont devenues incontournables.

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Pour Sébastien Letélié, de Hacking Health, les avantages de la e-santé sont nombreux : perdre moins de temps, éviter les erreurs, réduire les risques, améliorer les pratiques, partager l’information.

Objets connectés et applications

L’enquête révèle aussi qu’un malade chronique sur dix (et deux diabétiques sur dix) possède déjà un objet connecté. Les trois les plus utilisés sont : un glucomètre connecté (29,2%), un tracker d’activité (27,3%) et une balance connectée (13,6 %).

Quant aux trois applications les plus téléchargées, ce sont les applications de type « carnet de suivi », les applications d’informations sur la maladie (utilisé à 60 % par les diabétiques), et celles sur les actualités liées à la maladie.

Par ailleurs, plus de 4 malades chroniques sur 10 ayant téléchargé une application mobile en ont parlé à leur médecin, soit parce que ce dernier leur a conseillé l’application (23 %), soit pour avoir son avis (11%) ou tout simplement pour en parler (49 %).

« Les malades chroniques téléchargent des applications mobiles de santé et les utilisent surtout si elles permettent de les aider dans la prise en charge de leur maladie. Le médecin reste encore prudent mais c’est l’usage des applications mobiles par les patients qui va probablement permettre de créer, dorénavant, une relation de confiance entre ces trois acteurs », a déclaré Didier Mennecier, membre du collège des professionnels de santé du Lab e-Santé.

Prochaines étapes

  • Mi-octobre-mi-janvier : « challenge e-procrate » : hackathon en ligne sur trois mois. 

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