Les maladies animales se multiplient sous l’effet du changement climatique

De nouveaux parasites et maladies menacent les animaux européens. [Matthew Kirkland/Flickr]

Le réchauffement climatique permet aux moustiques et autres parasites porteurs de maladies de se déplacer plus au nord. Ce qui entraine la recrudescence de certaines maladies animales presque disparues en Europe.

Les représentants des États sont encore réunis à Paris pour la dernière étape des négociations sur le climat. Le secteur de la santé animale a profité de l’occasion pour avertir que l’absence d’accord pour le climat aurait des conséquences sur la santé animale.

La hausse des températures a favorisé l’apparition de nouvelles maladies et la réapparition de maladies pratiquement disparues, selon IFAH Europe, qui représente les producteurs de médicaments vétérinaires et autres produits pour la santé animale.

Nouvelles maladies

« Les maladies se répandent grâce à des vecteurs en mouvement, comme les tiques, les moustiques, les mouches et autres parasites externes, bactéries et virus », explique Roxanne Feller, secrétaire général d’IFAH Europe.

Le réchauffement du climat permet à ces animaux porteurs de maladies de se déplacer de plus en plus vers le nord, menaçant la santé des animaux européens.

« Pour contrôler la propagation de ces maladies, il faut en général mettre en place une coopération transfrontalière entre les pays, comme ça a été le cas avec le virus de Schmallenberg, par exemple », poursuit-elle.

Coopération transfrontalière

Le virus de Schmallenberg, qui serait originaire d’Afrique, est une nouvelle maladie infectieuse des ruminants (vaches, moutons, chèvres) qui est apparue en Europe en 2011 à Schmallenberg, en Allemagne. Les animaux affectés produisent moins de lait et donnent naissance à des petits malformés.

Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) estimaient à plus de 3 400 le nombre de ruminants infectés en avril 2012.

La fièvre catarrhale, aussi appelée maladie de la langue bleue, est un autre exemple. Elle est transmise par un tout petit moucheron et touche également les ruminants, en particulier les moutons.

« La fièvre catarrhale de sérotype 8 est apparu sur les côtes d’Europe du Nord en 2006. Ce nouveau type du virus se propage rapidement et a obligé les États non affectés à imposer des restrictions sur le commerce avec les pays où la maladie s’était déclarée », explique la spécialiste.

Innovation et nouvelles technologies

IFAH Europe estime donc urgent de mettre en place des politiques favorisant l’innovation et les nouvelles technologies, afin de pouvoir s’adapter au changement de situation.

« En 2008, 45 000 cas de fièvre catarrhale ont été signalés dans l’UE. L’année d’après, il n’y en avait plus que 1 118, puis, en 2011, seulement 39. Ce rétablissement rapide a été rendu possible grâce à la vaccination et à d’autres mesures de prévention et de contrôle », indique Roxanne Feller, qui ajoute qu’il faudrait mettre en place un cadre réglementaire plus harmonieux pour la santé animale.

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« Nous avons besoin d’un processus réglementaire qui limite les lourdeurs administratives afin de permettre aux entreprises d’investir davantage en recherche et développement et dans l’innovation. Les gouvernements doivent mettre en place des banques de vaccins et accélérer l’accès aux technologies modernes afin de combattre ces maladies », conclut-elle.

La Commission soutient les vaccins

Contacté par EURACTIV, Enrico Brivio, porte-parole de la Commission européenne a estimé que les maladies à transmission vectorielle représentait un problème très spécifique.

La manière dont le changement climatique influence les dynamiques des populations d’insectes vecteurs n’a pas encore été prouvée, a-t-il indiqué. « Cela n’empêche toutefois pas la Commission de soutenir les politiques de vaccination quand un vaccin existe », souligne-t-il.

Enrico Brivio a également expliqué que la Commission encourageait le développement d’outils de contrôle des maladies.

« La Commission, les autorités vétérinaires des États membres, l’industrie de la santé animale et l’industrie de l’élevage sont en dialogue permanent afin de déterminer quels agents pathogènes devraient être prioritaires pour l’élaboration de vaccins ou d’autres outils, comme des processus diagnostiques améliorés », conclut-il.

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