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09/12/2016

Les nouveaux médicaments déferlent sur le marché

Santé & Modes de vie

Les nouveaux médicaments déferlent sur le marché

Les autorités européennes et américaines ont autorisé près de 150 nouveaux médicaments en 2015. Un record.

Dans l’UE, l’Agence européenne des médicaments (AEM), a recommandé 93 nouveaux produits, notamment des médicaments génériques, soit une hausse de près de 10 produits par rapport à l’an dernier.

De l’autre côté de l’Atlantique, la Food and Drug Administration (FDA) américaine a approuvé 45 nouveaux médicaments, quatre de plus qu’en 2014. La FDA n’avait pas approuvé autant de produits depuis 1996.

Malgré ces statistiques et la perspective de résultats similaires pour 2016, l’industrie pharmaceutique est confrontée à d’autres problèmes. Ces dernier mois, l’attention des politiques s’est portée sur la tarification des médicaments, faisant ainsi tanguer la cote des produits pharmaceutiques spécialisés et issus des biotechnologies.

L’éventuelle présidence d’Hillary Clinton aux États-Unis pourrait ternir les perspectives du secteur en 2016. La candidate démocrate a en effet promis de réduire le coût des médicaments. La pharmacie est un des secteurs les plus rentables au monde, et les bénéfices de ses plus gros acteurs interrogent les politiques. Tim Anderson, analyste chez Bernstein, estime cependant que toute modification des barèmes de prix des médicaments américains sera très probablement progressive.

Les grands groupes pharmaceutiques assurent quant à eux s’efforcer d’assurer un retour sur investissement correct pour les milliards d’euros qu’ils dépensent tous les ans dans la recherche et le développement, étant donné que la plupart des nouvelles molécules ne génèrent pas de ventes spectaculaires.

Le lancement d’un nouveau médicament, en compétition avec un nombre croissant de génériques à bas prix, est souvent difficile, car les prestataires de soins sont peu enclins à opter pour des traitements plus chers.

Une accélération liée aux traitements contre le cancer

Les traitements modernes du cancer peuvent ainsi atteindre 9 250 euros par mois, une somme astronomique, qu’elle soit supportée par le gouvernement, une assurance ou le patient.

L’accélération du rythme des approbations reflète une accélération de l’examen des organismes de réglementation, surtout en ce qui concerne les traitements du cancer, ainsi qu’une meilleure compréhension scientifique du problème.

Cette accélération devrait donc se poursuivre en 2016, et s’accompagner d’avancées dans les traitements du cancer qui s’appuient sur le renforcement du système immunitaire et les médicaments contre les maladies auto-immunes.

Roche, le plus grand producteur de traitement anti-cancer, installé en Suisse, pourrait remporter le gros lot sur ces deux fronts, puisque l’entreprise a déjà soumis un nouveau médicament pour approbation rapide en 2016. 

Roche pourrait également être la première société à produire un traitement contre la forme progressive de sclérose en plaques, qui pourrait lui rapporter 4,6 milliards d’euros par an, selon certains analystes.

De nombreuses autres entreprises ont également annoncé la création de molécules combattant diverses formes de cancers et des troubles comme le psoriasis, l’arthrite rhumatoïde, l’hépatite C et les maladies chroniques des poumons.

L’entreprise IMS Health prévoit un total de 225 médicaments approuvés entre 2016 et 2020. L’augmentation du nombre de nouveaux médicaments mis sur le marché devrait donc continuer dans les années à venir.

Contexte

L'Agence européenne des médicaments (AEM) est une agence de l'Union européenne ayant pour mission d'harmoniser, sans pour autant remplacer, le travail des organismes de réglementation nationaux.

L'AEM équivaut plus au moins à la Food and Drug administration américaine. Elle reçoit des financements de l'UE et de l'industrie pharmaceutique, ainsi que des subventions indirectes des États membres.

Environ un tiers des nouveaux médicaments qui entrent sur le marché mondial proviennent de l'UE.