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17/01/2017

Les risques cardiovasculaires augmentent à la ménopause

Santé & Modes de vie

Les risques cardiovasculaires augmentent à la ménopause

Faut-il se méfier du « bon cholestérol »?

[Oskari Porkka/Shutterstock]

Selon une étude récemment menée aux États-Unis, à la ménopause, le « bon cholestérol », se transformerait et deviendrait lui aussi dangereux.

Mauvaise nouvelle dans la lutte contre les maladies cardiovasculaires : à la ménopause, même le « bon cholestérol », qui protège généralement nos artères, deviendrait dangereux.

>> Lire : Nouvelles pistes pour évaluer le risque cardiovasculaire

Des recherches récentes ont montré que les risques cardiovasculaires augmentaient drastiquement à partir de la ménopause. Selon l’étude menée par le docteur Karen Matthews, à l’université de Pittsburg, aux États-Unis, le taux de cholestérol des femmes monte en flèche après la ménopause, ce qui expliquerait qu’elles soient alors sujettes à des accidents cardiovasculaires. Les conclusions de l’équipe du docteur Matthews sont fondées sur le suivi de 1 054 femmes américaines pendant dix ans.

Une autre chercheuse de l’université de Pittsburg, le docteur Samal El Khoudary, s’est également penchée sur le problème. Pendant neuf ans, elle a suivi 225 femmes entre 40 et 50 ans, qui n’avait aucun problème cardiovasculaire avant leur ménopause.

Transformation du « bon cholestérol » 

Il ressort de son étude que « la qualité du cholestérol HDL pourrait être altérée pendant la période de transition de la ménopause », explique Samal El Khoudary. « Le cholestérol HDL ne parvient donc plus à protéger le système cardiovasculaire. »

Il existe deux types de cholestérol, le cholestérol LDL, le « mauvais cholestérol », et le cholestérol HDL, le « bon cholestérol ». Un taux trop élevé de cholestérol LDL entraîne une augmentation considérable des risques cardiovasculaires et doit être surveillé de près. Le taux de cholestérol LDL excessif est en effet le principal responsable de l’athérosclérose, une rigidification des artères, qui provoque maladies et accidents cardiovasculaires. Des médicaments et un régime alimentaire strict permettent de gérer ce mauvais cholestérol.

À l’inverse, il a été prouvé que le bon cholestérol, HDL, protège les artères de ce phénomène, et contribue donc à une bonne santé cardiovasculaire.

La détérioration de l’action protectrice du cholestérol HDL serait due aux changements hormonaux qui caractérisent la ménopause. Les résultats des recherches de Samal El Khoudary ont été dévoilés début octobre lors de la réunion annuelle de la Société nord-américaine pour la ménopause.

Le docteur Wulf Utian, directeur général de la Société nord-américaine pour la ménopause, souligne toutefois le cruel manque de données à ce sujet. « Nous devons mieux comprendre comment [ce processus fonctionne], afin de pouvoir protéger les patients d’infarctus, la première cause de décès des femmes aux États-Unis », a-t-il déclaré.

Le cholestérol, sujet négligé par les politiques

Si soignants et malades s’organisent, les spécialistes dénoncent l’absence de politiques efficaces pour freiner le phénomène et appellent à plus de dépistage et de mesures de prévention.

>> Lire : Les cardiologues militent pour de nouvelles formes de prévention en UE

Les maladies cardiovasculaires sont à ce jour la première cause de mortalité dans le monde (30 % de la mortalité mondiale totale). Des recherches ont en outre montré qu’un taux trop élevé de cholestérol pourrait avoir des effets dangereux sur le cerveau et être lié à la maladie d’Alzheimer, entre autre.

>> Lire : Le cholestérol pourrait avoir un lien avec d’autres maladies, comme Alzheimer

Contexte

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), les maladies chroniques, comme les maladies cardiovasculaires et le cancer, sont de loin la principale cause de mortalité dans le monde, représentant 60% des décès.

Environ quatre millions de personnes en Europe et 1,5 millions de personnes dans l'Union européenne meurent chaque année de maladies cardiovasculaires, selon l'European Heart Network (EHN) et la Société européenne de cardiologie (ESC). Les principales formes de maladies cardiaques sont les maladies coronariennes et les accidents vasculaires cérébraux.

Pour réduire le nombre de décès dus aux maladies cardiaques, l'Union européenne a décidé de s'attaquer aux déterminants de la santé sous-jacents derrière la santé cardiovasculaire dans son programme de santé 2014-2020.