Les robots suscitent le scepticisme au sud du Vieux Continent

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Un robot utilisé dans le secteur de la santé. [Shutterstock]

Les robots jouent un rôle de plus en plus important en Europe, depuis la production industrielle jusqu’aux soins de santé. Mais les Européens se montrent de plus en plus sceptiques face à cette technologie, surtout dans le sud du continent.

Seulement deux tiers des Européens interrogées (soit 64 %) ont une opinion positive des robots. Ils étaient pourtant 70 % en 2012, indique l’enquête réalisée dans tous les États membres en novembre et décembre 2014. La Hongrie (49 %), Chypre (46 %) et la Grèce (45 %) sont les trois pays affichant l’opinion la plus négative sur le sujet.

Les Suédois, auteurs de la série TV Real Humans qui met en scène des robots humanoïdes, les Hubots, ont en revanche une excellente perception de ces nouveaux outils. Ils sont, comme les Danois, 84 % à avoir une bonne image d’eux, et sont suivis de près par les Hollandais (77 %) et les Polonais (75 %).

Consciente des « inquiétudes compréhensibles suscitées par le rythme effréné des changements technologiques », et notamment par le rôle que jouent les robots dans notre société, la Commission européenne a chargé l’Eurobaromètre de cette enquête.

20 % des citoyens européens envisagent d’acheter un robot pour leur maison, tout particulièrement dans les pays nordiques et en Europe centrale. Les personnes interrogées en Europe de l’Est et du Sud sont quant à elles plus hésitantes.

Plus d’un tiers (36 %) pensent qu’à l’avenir leur travail pourrait être réalisé, du moins partiellement, par un robot. Dans quatre pays (Bulgarie, Pologne, Croatie et Hongrie), ce pourcentage grimpe à plus de 50 %.

En revanche, moins d’un quart des personnes interrogées aux Pays-Bas (24 %), au Danemark (22 %) et au Luxembourg (20 %) partagent cette idée.

Changements démographiques

Pour Jørgen Løkkegaard, directeur de l’Institut technologique au Danemark, il n’est pas surprenant que les Danois aient une bonne image des robots puisque le pays a été forcé d’avoir recours à cette technologie dans le secteur de la santé.

« Nous pouvons voir la transformation de nos propres yeux, chaque année, quand nous formons des centaines de nouveaux employés dans le secteur de la santé à l’utilisation des robots et autres technologies. Le scepticisme ambiant des premières années a été remplacé par une volonté incroyable », a déclaré Jørgen Løkkegaard au journal Jyllands-Posten.

Selon lui, une des raisons principales de cette bonne volonté est la pression exercée sur l’État providence. Les changements démographiques font que plus de personnes ont besoin de soins de qualité, mais que moins de personnes peuvent prodiguer ces soins.

« Les municipalités ont été obligées de faire preuve de créativité afin de faire face à ces changements démographiques. Par ailleurs, le fait de pouvoir associer une réduction des coûts et une meilleure qualité de vie place les technologies de santé dans la catégorie gagnant-gagnant », a-t-il estimé.