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07/12/2016

Les taxes sur les sodas seraient peu efficaces

Santé & Modes de vie

Les taxes sur les sodas seraient peu efficaces

Sugary drinks may cause type 2 diabetes regardless of size, research says.

[Dennis S. Hurd/Flickr]

Des études britannique et mexicaine révèlent que réduire la teneur en sucre dans les boissons sucrées ou les taxer davantage pour faire chuter la consommation peuvent aider les gens à diminuer leur apport calorique et à réduire leur risque de diabètes, mais pas de beaucoup.

Deux recherches publiées dans le British Medical Journal et dans The Lancet Diabetes & Endocrinology journal indiquent que ces deux approches peuvent mener à une baisse de 16 à 39 calories par jour.

La commission santé du parlement britannique a appelé en novembre dernier à des mesures plus strictes, telles qu’une taxe sur les boissons sucrées pour combattre l’obésité infantile, mais un porte-parole du Premier ministre David Cameron s’est opposé à cette idée et a déclaré qu’il proposerait d’autres mesures.

Graham MacGregor, professeur de médecine cardiovasculaire qui a dirigé l’étude britannique, a expliqué qu’une baisse des calories pouvait avoir de grandes conséquences sur toute une population et sur plusieurs années, et ce, même si son effet à l’échelle individuelle est peu important.

Une réduction graduelle de la teneur en sucre dans les boissons durant cinq ans – sans le remplacer par des édulcorants – est la meilleure approche, a-t-il suggéré.

Son équipe de recherche a utilisé la modélisation prédictive pour évaluer l’impact potentiel d’une réduction de 40 % des sucres rapides ajoutés aux boissons, pendant cinq ans en Grande-Bretagne.

Les résultats montrent que cela mènerait à une baisse moyenne de 38,4 calories par jour à la fin des cinq ans, et que les adultes perdraient en moyenne 1,2 kilo.

Ainsi, environ 500 000 cas de surpoids et un millions d’obésité seraient évités, ce qui permettrait de prévenir entre 274 000 et 309 000 cas de diabètes de type 2 lié à l’obésité ces 20 prochaines années.

« Purement théorique »

Pour Stephen O’Rahilly, directeur des laboratoires de recherche métabolique à l’université de Cambridge, il est difficile de contester les conclusions principales du travail de Graham MacGregor. Il s’agit toutefois d’une « étude purement théorique », a-t-il cependant ajouté.

Dans l’étude mexicaine, les chercheurs ont analysé les effets d’une taxe à 10 % sur les boissons sucrées, introduite en janvier 2014. Un an après sa mise en place, elle a entrainé une chute des ventes de 12 % des boissons taxées et une hausse des ventes des boissons non taxées.

Tom Sanders, professeur en nutrition et diététique au King College de Londres, estime quant à lui que ces taxes peuvent fonctionner, mais que leur impact est moindre. « Cette étude montre une diminution de 36 millilitres par personne et par jour », a-t-il précisé. « C’est l’équivalent d’un morceau de sucre [16 calories], donc une goutte dans l’océan des calories ».

Lutter contre l’obésité nécessiterait une réduction à long terme d’environ 300 à 500 calories par jour, a expliqué Tom Sanders. Soit beaucoup plus que ce que la taxe mexicaine ne permet.

Richard Tiffin, directeur du centre pour la sécurité alimentaire à l’université Reading est du même avis. « Pour que la politique améliore la santé de manière vraiment efficace, une grande diminution de la consommation est nécessaire », a-t-il confirmé. « La taxe est un instrument insuffisant pour y parvenir. » 

Contexte

Le diabète fait référence à un groupe de maladies qui se caractérisent par un taux de glucose élevé chez la personne (ou hyperglycémie), soit parce que la production d’insuline est insuffisante, soit parce que les cellules du corps de répondent pas correctement à l’insuline, ou les deux. L’hyperglycémie entraine un besoin fréquent d’uriner, une augmentation de la soif et de la faim.

Non traité, le diabète peut engendrer de nombreuses complications telles que maladies cardiaques, AVC, insuffisance rénale, ulcère du pied ou problèmes aux yeux.