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04/12/2016

Le Danemark veut faciliter la vie des seniors à la mémoire défaillante

Santé & Modes de vie

Le Danemark veut faciliter la vie des seniors à la mémoire défaillante

Sophie Loehde

Le Danemark a proposé un plan national pour faciliter la vie des personnes souffrant de démence sénile, a expliqué Sophie Loehde, la ministre à la Santé et aux Personnes âgées, à EurActiv.

Environ 35 000 personnes sont diagnostiquées comme souffrant de maladie neurodégénératives au Danemark, ce qui en fait une priorité politique pour le gouvernement.

« En réalité, le nombre de cas est bien plus élevé, puisque la maladie n’est pas toujours détectée […] et dans les années à venir, le nombre de cas va augmenter », a indiqué Sophie Loehde lors de la conférence d’Alzheimer Europe, à Copenhague.

« La démence est une maladie terrible, qui bouleverse la vie des patients », a-t-elle souligné, ajoutant que c’était précisément la situation critique qui avait convaincu le gouvernement danois de mettre en place un plan d’action national d’ici à 2025.

Les grands objectifs

Le plan d’action danois a récemment été lancé, inspiré par les meilleures pratiques partout en Europe et financé par plus de 60 millions d’euros.

Selon la ministre, ce projet repose sur trois objectifs généraux. « Premièrement, le Danemark doit devenir un pays accueillant où les personnes atteintes de neurodégénérescence peuvent mener une vie sûre et digne », a-t-elle insisté, ajoutant que le deuxième objectif sera de mettre en place des soins individualisés et une bonne prévention.

« Le traitement et les soins aux personnes atteintes de démence doivent être fondés sur les besoins et valeurs des personnes individuelles. Le traitement doit également être proposé de manière cohérente, et se concentrer sur la prévention et l’intervention précoce, sur la base des connaissances et recherches les plus récentes. »

Troisièmement, le gouvernement veut mettre l’implication et le soutien des proches au centre de son effort. « Se concentrer sur les proches est très important, parce qu’ils font face à une situation très particulière […] non seulement ils doivent accepter le fait qu’une personne qui leur est chère est gravement malade, et affronter leur propre chagrin et la perte d’un proche », mais ils sont souvent en première ligne pour gérer la personne malade, a-t-elle expliqué.

La ministre espère que, d’ici 2025, 80 % des personnes atteintes de démence auront un diagnostic précis. Les soignants et le personnel des maisons de repos et hôpital seront également mieux formés.

« L’utilisation de médicaments antipsychotiques chez les patients atteints de démence devrait être réduit de 50 % d’ici 2025. Ce ne sera pas facile, mais je sais que nous pouvons le faire », estime-t-elle.

La fin de la stigmatisation

Lors de la 26e conférence d’Alzheimer Europe à Copenhague, la ministre danoise de la santé a expliqué que le plan d’action national avait été mis en place en collaboration avec toutes les parties prenantes pertinentes, y compris des personnes atteintes de maladies neurodégénératives.

Elle s’est elle-même rendue dans 35 municipalités danoises, néerlandaises, britanniques, norvégiennes et suédoise durant la conception du projet.

Son but est de rendre la vie plus facile et plus sûre pour les personnes atteintes de maladies neurodégénératives et leurs proches, et ce dans les 98 communes du pays. « Nous avons fait de la démence une priorité politique, à juste titre », a-t-elle déclaré.

Elle a également raconté le témoignage d’un malade, qui lui a confié que certaines de ses connaissances changeaient de trottoir quand elles le voyaient pour ne pas le croiser, parce qu’elles ne savaient pas quoi dire ou quoi faire. « Je veux lutter contre cette stigmatisation », a-t-elle assuré.

Inspirations britanniques

Le plan d’action danois a été largement inspiré par les pratiques britanniques. Sophie Loehde explique ainsi que Londres a défini des objectifs politiques, qui sont systématiquement suivis d’informations sur les performances de chaque région. « Je suis impressionnée par les efforts fournis par le Royaume-Uni pour accompagner les patients et leurs familles […] À Manchester j’ai été tout particulièrement touchée par la manière dont la société civile est impliquée dans cette action », a-t-elle indiqué.

Rôle des communautés locales

Birgitte Vølund, présidente de l’association danoise pour Alzheimer, a attiré l’attention d’EurActiv sur l’importance de l’engagement des municipalités.

« Les municipalités devraient formuler des politiques spécifiques et se donner des objectifs clairs. Elles financent 80 % de la prise en charge des patients, c’est donc elles qui devraient changer », estime-t-elle, ajoutant que les personnes souffrant de démence devraient également être consultées, surtout lors de l’instauration de mesures.

« Notre rôle est de fournir des soins de qualité dans la vie quotidienne. »Les patients sont trop souvent livrés à eux-mêmes, selon la représentante, parce que les administrations municipales ont tendance à leur dire d’« appeler s’ils ont besoin d’aide ».

« Quand on reçoit un diagnostic comme ça, on est très confus […] il faut agir pour aider ces personnes dès le tout début », juge-t-elle, ce qui implique des stratégies plus proactives, centrées sur les visites et le conseil. « Il faut aussi créer davantage de centres de volontariat social, culturel et lié aux activités physiques au Danemark. »

Contexte

EU data on the prevalence on Alzheimer's disease and other dementias are collected by Alzheimer Europe, a non-governmental organisation aimed at raising awareness of all forms of dementia.

An estimated 7.3 million Europeans (EU-27) suffered from different types of dementias in 2006. Within this group, more women (4.9 million) than men (2.4 million) were affected.

Although dementia does not only affect older people, the likelihood of developing dementia nevertheless increases with age.