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06/12/2016

L’UE met en place un corps médical après les épidémies d’Ebola et de Zika

Santé & Modes de vie

L’UE met en place un corps médical après les épidémies d’Ebola et de Zika

Prévention : le ministère de la Santé tente d'éradiquer les moustiques au Guatemala.

[Conred Guatemala/Flickr]

À l’avenir, l’UE veut pouvoir répondre rapidement aux situations d’urgence sanitaire, comme l’épidémie d’Ebola et Zika, grâce à un nouveau corps médical.

La Commission a reconnu que la réaction de l’UE à l’épidémie d’Ebola avait été trop lente, particulièrement lorsqu’il s’est agit de déployer du personnel médical et de gérer les problèmes logistiques.

Le 15 février, l’exécutif européen et certains États membres ont donc annoncé le lancement d’un corps médical capable de mobiliser du personnel lors de situations d’urgence dans l’UE et à l’étranger.

Le corps médical pourrait comporter des équipes médicales d’urgence, des experts en santé publique et en coordination médicale, des laboratoires de biosécurité mobiles, des avions consacrés aux opérations d’évacuation sanitaire et des équipes d’appui logistique, afin d’assurer une réponse plus rapide et plus efficace face aux crises sanitaires, explique la Commission.

>> Lire : Christos Stylianides: « La communauté internationale a sous-estimé la menace Ebola »

« Il nous faut tirer les leçons de la lutte contre le virus Ebola, où l’une des difficultés majeures a consisté à mobiliser des équipes médicales. Je remercie tous les États membres qui ont déjà apporté leur contribution à ce jour et encourage d’autres pays à les rejoindre, de manière à ce que l’UE soit en mesure de répondre à des besoins croissants et puisse mieux planifier et préparer ses interventions avant même qu’une catastrophe ne survienne », a déclaré Chrístos Stylianídis, commissaire responsable de l’aide humanitaire et de la gestion des crises.

Le corps médical européen s’inscrit dans le cadre de la nouvelle capacité européenne de réaction d’urgence (également connue sous le nom de  « réserve volontaire ») du mécanisme de protection civile de l’UE. La participation au projet est facultative et ouverte aux pays qui ne font pas partie de l’UE.

Jusqu’à présent, seuls neuf États membres ont exprimé leur volonté d’adhérer : la Belgique, la République tchèque, la Finlande, la France, le Luxembourg, l’Allemagne, l’Espagne, la Suède et les Pays-Bas.

Une épidémie galopante d’Ebola s’est propagée en Guinée, au Sierra Leone et au Liberia entre mars 2014 et novembre 2015, faisant plus de 10 000 personnes. Il y a un mois, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a enfin déclaré que le virus Ebola n’était plus présent en l’Afrique de l’Ouest.

Récemment, la propagation du virus Zika en Amérique latine a amené la Commission à allouer 10 millions d’euros du budget de l’UE à cette nouvelle urgence sanitaire, tandis que l’Agence européenne des médicaments (EMA) a créé sa propre équipe de conseils aux entreprises européennes qui travaillent sur le développement d’un vaccin.

Selon les scientifiques, jusqu’à quatre millions de personnes pourraient être infectées par le virus en Amérique latine cette année. Zika est transmis par le moustique aedes aegypti et par les transfusions sanguines.

>> Lire : Les scientifiques redoutent l’apparition du virus Zika dans le sud de l’Europe

Les spécialistes soulignent que des cas pourraient se déclarer dans les pays d’Europe méridionale, comme l’Italie, l’Espagne et la France. L’épidémie pourrait également constituer un risque pour les participants aux Jeux olympiques, qui se déroulent cette année à Rio de Janeiro.

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Contexte

Le 1er février, le virus Zika a officiellement été reconnu comme une urgence mondiale par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Cette déclaration a été faite dans l'espoir d'encourager une réponse efficace avec l'aide de l'expertise, du personnel et des ressources de l'OMS.