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24/01/2017

Nouvelles pistes pour évaluer le risque cardiovasculaire

Santé & Modes de vie

Nouvelles pistes pour évaluer le risque cardiovasculaire

Les deux tests réalisés pour évaluer le fonctionnement des reins pourraient être utilisés pour évaluer le risque cardiovasculaire d'un patient.

Crédit : [phugunfire/ Shutterstock.com]

Une nouvelle étude révèle que les tests effectués pour évaluer les fonctions rénales peuvent être tout aussi efficaces que les tests mesurant la pression sanguine ou le niveau de cholestérol pour évaluer le risque de maladies cardiovasculaires.

Une étude publiée dans le journal Lancet Diabetes and Endocrinology, révèle que les tests de base réalisés pour évaluer le fonctionnement des reins s’avèrent être de très bons indicateurs des risques cardiovasculaires.

« Si les professionnels de la santé ont à leur disposition des données sur l’insuffisance rénale et sur les fonctions rénales, ce qui est souvent le cas, ils devraient les utiliser pour mieux comprendre le risque de maladie cardiovasculaire du patient », a déclaré le docteur Kunihiro Matsushita, assistant scientifique au service épidémiologique de la Bloomberg School et auteur de l’étude.

En effet, il existe peu de moyen de diagnostiquer les maladies cardiovasculaires qui arrivent souvent sans crier gare, sous la forme d’une crise cardiaque ou d’un accident vasculaire cérébrale par exemple.

Il est donc important d’évaluer les risques d’un patient et de prévenir ces maladies en réalisant des tests ou en s’attaquant aux facteurs de risques comportementaux (tabagisme, alcoolisme, sédentarité, diabète, hypertension).

>> Lire : Le lien entre diabète et maladies cardiovasculaires devrait inciter à plus de prévention

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les maladies cardiovasculaires sont la première cause de mortalité dans le monde. Entre 2008 et 2010, elles ont tué plus de 44 000 personnes en France, où il s’agit de la troisième cause de mortalité prématurée (avant 65 ans).

Problèmes rénaux et maladies cardiovasculaires

Aujourd’hui, les mécanismes biologiques liant les maladies rénales aux maladies cardiovasculaires ne sont pas bien compris. Mais le docteur Matsushita rappelle qu’une insuffisance rénale peut engendrer une surcharge liquidienne et résulter en une insuffisance cardiaque.

Les patients atteints de maladies rénales chroniques ont beaucoup plus de risques de développer une maladie cardiovasculaire que les personnes sans problèmes de reins.

Selon les auteurs de l’étude, 50 % des patients souffrant d’insuffisance rénale chronique meurent d’une maladie cardiovasculaire avant d’atteindre la phase terminale de sa maladie rénale.

Pour Kunihiro Matsushita, le cholestérol et la pression sanguine sont de bons indicateurs des risques cardiovasculaires mais selon lui, ils ne sont pas parfaits. « Cette étude révèle que nous pourrions mieux utiliser des informations que, souvent, nous possédons déjà. »

Deux tests révélateurs

Les chercheurs se sont appuyés sur les données de 24 études du consortium pour le diagnostic de l’insuffisance rénale chronique. L’étude comprend donc un total de 637 315 participants qui n’ont jamais souffert d’une maladie cardiovasculaire et qui ont passé des tests d’albuminurie et d’eGFR.

L’albuminurie fait référence à la présence d’une protéine particulière dans les urines : l’albumine. Un taux élevé d’albumine traduit souvent une insuffisance rénale chez le patient.

Quant au taux de filtration glomérulaire (eGFR) il s’agit d’un test qui évalue la fonction rénale en examinant le niveau de créatinine dans le sang. Le test d’eGFR détermine la quantité de sang filtré par les reins à chaque minute.

La créatinine est un composé que l’on dose dans le sang, et parfois dans les urines, pour évaluer la fonction rénale. Si les reins fonctionnent bien, le taux de créatinine sanguin reste stable, tandis qu’il augmente si la filtration rénale est défaillante. Puisque la créatinine est éliminée presque exclusivement par les reins, le taux de créatinine dans le sang est une bonne indication de la fonction rénale.

Les chercheurs révèlent que tester le niveau d’eGFR et l’albuminurie augmente la prévisibilité d’insuffisance cardiaque ou de crises cardiaque. Des deux tests, c’est celui de l’albuminurie qui prédirait le mieux les maladies cardiovasculaires.

>> Lire : Les Français moins atteints que les autres Européens par les maladies cardiovasculaires

Actuellement les directives cliniques recommandent aux patients atteints de diabètes, d’hypertension et d’éventuelle insuffisance rénale de passer ces deux tests.

Selon les auteurs de l’étude, les données obtenues grâce à ces deux tests pourraient inciter les médecins à réfléchir à un traitement tel que les statines ou à conseiller au patient de faire plus d’exercice ou de changer ses habitudes alimentaires.

>> Lire : Revoir notre mode de vie pour éviter les maladies cardio-vasculaires

Contexte

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), les maladies chroniques, comme les maladies cardiovasculaires et le cancer, sont de loin la principale cause de mortalité dans le monde, représentant 60% des décès.

Environ quatre millions de personnes en Europe et 1,5 millions de personnes dans l'Union européenne meurent chaque année de maladies cardiovasculaires, selon l'European Heart Network (EHN) et la Société européenne de cardiologie (ESC). Les principales formes de maladies cardiaques sont les maladies coronariennes et les accidents vasculaires cérébraux.

Pour réduire le nombre de décès dus aux maladies cardiaques, l'Union européenne a décidé de s'attaquer aux déterminants de la santé sous-jacents derrière la santé cardiovasculaire dans son programme de santé 2014-2020.