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02/12/2016

La «saoulorexie» fait des ravages au Royaume-Uni

Santé & Modes de vie

La «saoulorexie» fait des ravages au Royaume-Uni

Les jeunes britanniques n'hésitent pas à sacrifier des repas afin de pouvoir boire plus.

Une étude révèle que 43 % des hommes et 35 % des femmes britanniques entre 18 et 24 ans choisissent de sauter des repas pour boire plus, un phénomène appelé « saoulorexie ».

Le rapport sur la santé nationale en 2015, du groupe britannique Benenden, révèle que la « saoulorexie » gagne du terrain chez les jeunes. Le phénomène inquiète les spécialistes de la santé.

La « saoulorexie » est la pratique de limiter l’apport calorique ingéré via des aliments pour faire de la place aux boissons alcoolisées.

Selon l’étude, un très grand nombre de jeunes Britanniques préfèrent manger moins pour pouvoir boire plus d’alcool.

Dans la tranche d’âge des 18-24 ans, deux Britanniques sur cinq admettent ne manger sainement que pour améliorer leur apparence physique, et ne s’intéressent pas à leur santé globale.

« Les pressions pour maigrir, une conscience aigüe de la surveillance de l’apport calorique, et l’effet de groupe les incitant à boire de grandes quantités d’alcool sont autant de facteurs influençant ce phénomène », expliquent les auteurs du rapport, qui soulignent que le nombre d’hommes concernés est en augmentation.

Alcool contre régime équilibré

« Malgré les nombreux millions de livres dépensés par la NHS et les organisations de santé publique, il semble que le public manque encore d’une compréhension de base de l’alimentation et du bien-être. Ainsi, si la consommation d’alcool a baissé, beaucoup de jeunes semblent préférer la consommation d‘alcool à un régime alimentaire sain et équilibré », regrette le docteur John Giles, directeur médical de Benenden.

Une étude récemment menée au Royaume-Uni par le centre d’information social et sanitaire a en effet montré que les jeunes britanniques boivent beaucoup moins qu’il y a quelques années, bien qu’ils se situent encore au-dessus de la moyenne européenne.

>> Lire : La consommation d’alcool baisse chez les jeunes européens

Le nombre d’adolescents consommant de l’alcool serait en baisse constante depuis 2003. L’étude indique que 38 % des 11-15 ans en Angleterre a déjà consommé de l’alcool en 2014, alors qu’ils étaient 61 % en 2003. Il existe une tendance similaire en Écosse.

Le régime équilibré, un concept peu connu

Les participants à l’étude de Benenden ont aussi répondu à des questions sur l’hygiène de vie. « Dans l’énorme majorité des cas, les résultats indiquent que le public est en déni sur leurs connaissances en termes d’alimentation saine. Ils assurent être presque des spécialistes, mais quand on passe aux exemples pratiques, la grande majorité d’entre des participants ont été incapables de répondes à des questions simples ou de choisir l’option la plus saine quand on leur présente des aliments et des boissons », indique le rapport.

Ses auteurs font également remarquer que si la moitié de la population nationale tient compte des indications liées à la santé affichées sur les boissons et les aliments, la plupart des Britanniques n’a que très peu des connaissances en nutrition. « Quand on les interroge sur les maximums ou les apports journaliers recommandés, ces presque spécialistes ne peuvent pas répondre, même pour des classes d’aliments simples, comme les graisses, le sucre ou le sel », expliquent-ils.

Quant à savoir si cette tendance découle d’une éducation limitée ou d’un manque d’intérêt, John Giles ne saurait dire. « Mais je pense que nous devons repenser nos tentatives d’implication des citoyens et essayer de les encourager à accepter davantage de responsabilités quant à leur état de santé », estime-t-il.

Contexte

La stratégie de l’UE sur l'alcool, lancée en 2006, vise à aider les gouvernements nationaux et d'autres parties prenantes à coordonner leurs actions en vue de réduire les dommages liés à la consommation d'alcool dans l'UE.

Cette stratégie n'impose toutefois aucune législation concrète aux États membres à ce stade et se fonde plutôt sur la coordination de la politique et sur des échanges de bonnes pratiques entre les pays.

Pour ce faire, ce document a lancé en 2007 un forum « «Alcool et santé »» où dans lequel les organisations membres, publiques ou privées, sont invitées à débattre, à comparer des approches et à prendre des mesures pour lutter contre les dommages liés à l'alcool.

La consommation nocive et dangereuse d'alcool nuit fortement à la santé publique et augmente les dépenses liées aux soins de santé, à l'assurance maladie, à l'application de la loi, à l'ordre public ainsi qu’aux lieux de travail.

La consommation excessive d'alcool a également un impact négatif sur le travail et la productivité, l'UE souhaite donc promouvoir des initiatives au sein des espaces de travail.

Des parties prenantes, telles que des organisations commerciales et des syndicats, assument une responsabilité particulière à cet égard, selon la Commission.

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