En Afrique, les vaccins profitent de la chaîne du froid Coca-Cola

MSD Coca Cola [Project Last Mile/The Coca-Coal Foundation]

Face aux difficultés d’acheminement des vaccins dans les zones reculées, des pays africains s’appuient sur le  transport réfrigéré de Coca-Cola.

Le 8 juin, lors des Journées européennes du développement, le Project Last Mile a annoncé son expansion. Ce partenariat privé-public utilise l’expérience de gestion de la chaîne d’approvisionnement réfrigérée de Coca-Cola pour aider les gouvernements africains à fournir des vaccins dans les régions reculées. Le projet a le soutien du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, de USAID et de la Fondation Bill et Melinda Gate.

Il ne suffit pas qu’un pays ait accès aux vaccins. Leur efficacité dépend souvent du respect de la chaîne du froid, même si les entreprises pharmaceutiques font en sorte que quelques jours à température ambiante ne soient pas fatals aux vaccins.

Les pays en développement peinent à accéder à des vaccins à prix réduit

L’accès à la vaccination dans les pays en développement reste difficile. Les prix élevés des vaccins et le manque de recherche sur les maladies touchant les pays le plus pauvres constituent les principaux freins.?

« Les ministères de la Santé ont des difficultés à distribuer les traitements. Nous collaborons donc avec eux pour former des techniciens, non seulement pour amener les médicaments à leur destination, mais aussi pour qu’ils arrivent à destination dans les conditions appropriées », explique Susan Mboya, présidente de la Fondation Coca-Cola Afrique.

Les entreprises comme Coca-Cola ont la capacité de pénétrer jusqu’aux villages les plus isolés des pays africains pour apporter des boissons fraiches à leurs consommateurs. Les gouvernements rêveraient d’une chaîne du froid comme la leur.

« Nous ne mettons pas les vaccins dans les mêmes frigos, mais c’est une bonne symbiose », ajoute Susan Mboya. Cette philanthrope est la fille de Tom Mboya, l’un des pères fondateurs de la République du Kenya.

En Tanzanie, Coca-Cola a même prêté des techniciens au ministère de la Santé, afin d’entrainer les fonctionnaires à acquérir des réfrigérateurs, à les maintenir en état et à les distribuer aux hôpitaux qui en ont besoin.

 

« Coca-Cola dispose d’une énorme base active de frigos dans toute l’Afrique. Nous avons donc commencé à analyser l’efficacité de ces frigos, et nous l’avons comparé à celle des réfrigérateurs à vaccins », expliqué  Adrian Ristow, directeur du Project Last Mile

Résultat : les réfrigérateurs Coca-Cola étaient beaucoup plus performants et tombaient moins en panne. « Coca-Cola avait mis en place un processus beaucoup plus structuré pour l’entretien préventif et pour la réparation rapide en cas de problème. À la minute où un problème survient, un technicien qui dispose des pièces de rechange nécessaire va le résoudre. Les frigos Coca-Cola fonctionnent donc virtuellement sans arrêt », explique Adrian Ristow.

INFOGRAPHIE: la R&D met les bouchées doubles sur les vaccins

La vaccination représente l’une des mesures sanitaires publiques les plus efficaces. C’est surtout le cas dans le pays en développement, où de nombreuses familles n’ont pas accès aux soins de santé lorsqu’elles tombent malades. Les vaccins offrent une prévention qui peut sauver des vies.

Un projet pilote a donc été lancé pour l’enseignement de ces pratiques, d’abord en Tanzanie, puis au Ghana. Le principe est que le gouvernement apprenne de l’expérience de l’entreprise en ce qui concerne les réfrigérateurs, ainsi que l’approvisionnement en pièces de rechange et les réparations. Plus récemment, le Project Last Mile s’est étendu au Nigéria, où les autorités ont beaucoup de mal à maintenir leurs réfrigérateurs à vaccins en état de marche.

« Comme vous pouvez l’imaginer, un pays aussi vaste que le Nigéria doit pouvoir s’appuyer sur un grand nombre de personnes compétentes », précise le directeur du projet.

« Les conditions au Nigéria sont très différentes de celles de la Tanzanie, par exemple. Le problème peut être les infrastructures routières, ou le climat. Nous peaufinons les processus et partageons les bonnes pratiques avec les agences gouvernementales responsables des vaccins qui travaillent avec nous », se félicite-t-il.

Un total de près de 19 millions d’euros a été investi dans le projet par les organisations partenaires. À ce jour, la Tanzanie, le Ghana, le Mozambique, l’Afrique du Sud, le Swaziland, le Libéria et le Nigéria ont bénéficié de l’initiative.

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Le besoin massif d’investissement dans les pays en développement ne peut être comblé par le seul secteur public. L’implication du privé est donc clé pour atteindre les Objectifs de Développement Durables, estime Neven Mimica, commissaire à la coopération internationale.