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09/12/2016

Alcool et fertilité ne sont pas incompatibles

Santé & Modes de vie

Alcool et fertilité ne sont pas incompatibles

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S’abstenir complètement de boire de l’alcool avant la grossesse ? Pas nécessaire, selon une nouvelle étude.

Dans les pays développés, un couple sur quatre est victime de problèmes de fertilité. 24 % des couples sont en effet incapable de concevoir après au moins un an de tentative.

Selon une étude du British Medical Journal (BMJ), les femmes qui boivent plus de 14 boissons alcoolisées par semaines, soit une moyenne de deux verres par jour ou d’au moins deux bouteilles de vin par semaine, ont 18 % de chances en moins de tomber enceintes.

Par contre, la consommation de moins de huit verres par semaine ne semble pas affecter la fertilité du tout. Il semblerait également que le type d’alcool consommé (vin, bière, vodka,…) ne joue aucun rôle non plus.

Ellen Mikkelsen, du département d’épidémiologie clinique de l’hôpital universitaire d’Aarhus, et son équipe ont analysé les données concernant 6 120 femmes âgées de 21 à 45 ans pendant neuf ans. 4 210 de ces femmes sont tombées enceintes, et seulement 1,2 % d’entre elles buvaient plus de 14 boissons alcoolisées par semaine.

>> Lire aussi : La consommation d’alcool baisse chez les jeunes européens

L’étude ne s’est en revanche pas penchée sur la consommation d’alcool de leurs partenaires. Il est connu que l’alcool nuit à la qualité du sperme. Quand un couple a des difficultés à procréer, il est donc conseillé que ses deux membres réduisent drastiquement leur consommation de boissons alcoolisées.

Les chercheurs soulignent cependant que l’alcool pourrait être dangereux lors de la phase initiale de la gestation. « Il semble cependant prudent que les femmes qui tentent activement d’avoir un enfant s’abstiennent de boire durant leur période de fertilité, jusqu’à ce que la possibilité d’une grossesse soit écartée, parce que le fœtus pourrait être particulièrement vulnérable à l’alcool dans les premières semaines suivant la conception », notent les auteurs de l’étude.

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Stratégie européenne

La Commission européenne ne s’est cependant pas adaptée à ces nuances. La stratégie de l’UE sur l’alcool stipule en effet que toute consommation d’alcool pendant la grossesse peut être dangereuse.

« L’exposition à l’alcool pendant la grossesse peut entraver le développement du cerveau du fœtus et est associée à des déficits intellectuels qui deviennent apparents plus tard au cours de l’enfance », lit-on dans la stratégie.

L’exécutif européen recommande donc aux États membres de réduire l’exposition à l’alcool pendant la grossesse, afin de réduire le nombre d’enfants nés avec le syndrome d’alcoolisation fœtale, en informant les citoyens.

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