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23/01/2017

L’EFSA confirme la nocivité des pesticides pour les abeilles

Sciences & Législation

L’EFSA confirme la nocivité des pesticides pour les abeilles

La population des pollinisateurs sauvages est en chute libre au niveau européen.

[Peter/Flickr]

L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a confirmé que les trois substances de néonicotinoïdes dont l’utilisation est limitée depuis 2013 représentent une menace pour les abeilles. 

L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a affirmé que les sprays foliaires [sur les feuilles] contenant trois pesticides néonicotinoïdes pouvaient être néfastes pour les abeilles, dont la pollinisation est indispensable pour le secteur agricole de l’UE.

La précédente recherche révélait que trois pesticides : la clothianidine, l’imidaclopride et le thiaméthoxame, représentaient un risque lorsqu’ils étaient utilisés en traitement des semences ou en granules. Face à ce constat, la Commission européenne avait décidé de limiter leur utilisation à partir du 1er décembre 2013.

>> Lire : Bruxelles interdit des pesticides pendant deux ans pour préserver les abeilles

« Elles [les conclusions de l’EFSA] confirment que la Commission avait raison de prendre des mesures de précaution en 2013 », a déclaré l’exécutif dans un communiqué.

 « La protection des abeilles et des pollinisateurs est l’un des éléments clés que nous prenons en compte lors de l’évaluation des risques des pesticides », a déclaré l’EFSA dans un communiqué.

Dans le cadre d’un processus d’examen de deux ans, l’EFSA a demandé aux autorités nationales, aux institutions de recherche et à d’autres parties concernées de soumettre de nouvelles informations pertinentes d’ici au 30 septembre.

Suite à l’évaluation de l’information reçue, la Commission a déclaré que les règles pourraient changer.

Utilisation interdite

L’utilisation des trois substances de néonicotinoïdes dans le traitement des semences et des sols est interdite dans l’UE sur les cultures qui attirent les abeilles et sur les céréales autres que les céréales d’hiver, sauf sous serre.

Leur utilisation dans les traitements foliaires – nourrir les plantes en appliquant un engrais liquide directement sur leurs feuilles – est interdite dans les cultures qui attirent les abeilles et sur les céréales, sauf dans les serres ou après la floraison.

>> Lire : Des pesticides couramment utilisés menacent les abeilles

L’Association européenne de protection des cultures, qui représente l’industrie européenne des pesticides, a estimé que l’approche de l’EFSA présentait des lacunes et que cela voulait dire qu’elle pouvait « identifier des risques chez les néonicotinoïdes, comme elle pourrait le faire pour n’importe quel insecticide, y compris les biologiques ».

Bayer CropScience a quant à elle annoncé que ses scientifiques étaient en train d’examiner les résultats de l’EFSA, tout en affirmant être « convaincu que les néonicotinoïdes sont des substances sures lorsqu’elles sont utilisées de manière responsable et adéquate ».

Pour les défenseurs de l’environnement, les pesticides n’auraient jamais dû être autorisés.

« On peut se demander comment l’utilisation de ces produits a été un jour approuvée », commente Paul de Zylva, militant chez Les Amis de la Terre, un groupe environnemental.

Ce mois-ci, l’ONG a lancé un recours juridictionnel contre une décision du gouvernement britannique d’autoriser certains agriculteurs à utiliser des néonicotinoïdes après que Londres a obtenu une exemption des restrictions européennes.

Argument du bénéfice économique

Les partisans des néonicotinoïdes affirment que ces derniers représentent un bénéfice économique majeur car ils tuent les insectes nuisibles et aident à produire une nourriture abondante pour une population mondiale qui ne cesse de croitre.

Ceux qui réclament une meilleure protection des abeilles soulignent quant à eux la valeur économique des insectes.  Environ 75 % des cultures agricoles commercialisées sur le marché mondial dépendent des pollinisateurs. La valeur de la pollinisation en Europe est estimée à 14,6 milliards d’euros.