Une étude recommande les cigarettes électroniques contre le tabagisme

La cigarette électronique ne rejette pas de fumée, seulement l'évaporation du liquide des cartouches, qui est beaucoup moins toxique. [Vaping360/Flickr]

Un rapport publié par l’organisme de santé publique anglais estime que les cigarettes électroniques sont 95 % moins dangereuses que les cigarettes classiques. Et seraient un outil efficace dans la lutte contre le tabagisme. 

La méfiance vis-à-vis des cigarettes électroniques semble s’émousser dans le monde de la santé. Alors que fin 2014, l’OMS invitait les États à interdire ou réglementer les cigarettes électroniques et leur publicité, des études récentes indiquent que ces dispositifs sont beaucoup moins dangereux que les cigarettes classiques au tabac, et que les États devraient promouvoir leur utilisation.

Un rapport publié par l’organisme de santé publique anglais souligne ainsi que les cigarettes électroniques sont 95 % moins dangereuses que les cigarettes classiques et encourage la promotion de leur utilisation, notamment pour les personnes qui souhaitent arrêter de fumer.

Les cigarettes électroniques semblent également avoir un autre avantage-clé : pas de fumée, et donc pas d’impact sur la santé des non-utilisateurs. Dans certains pays, elles sont d’ailleurs déjà autorisées dans les lieux publics.

Une alternative plus saine

Si les fumeurs sont accros à la nicotine, ce n’est pas cette substance qui pose le plus de problème, mais l’inhalation des substances générées par la combustion du tabac. Les cigarettes électroniques ne contiennent pas de tabac, et leur utilisation réduit donc considérablement les risques liés aux cigarettes. Elles constituent ainsi une alternative bien moins nocive aux cigarettes classiques, et aident de nombreuses personnes à arrêter de fumer, confirme le rapport de l’agence de santé publique anglais. Comme elles ressemblent aux cigarettes, les gens qui tentent d’arrêter de fumer les adoptent plus facilement que les autres produits contenant de la nicotine.

Les « e-cigarettes » sont équipées de cartouches généralement remplies de nicotines liquides, à des doses plus ou moins fortes. Quand l’utilisateur inspire, la cigarette électronique chauffe la nicotine présente dans la cartouche et celle-ci s’évapore. Il n’y a donc pas de combustion, et pas de fumée.

De nombreuses études ont révélé la présence de substances dangereuses dans les cigarettes électroniques – et la nicotine est elle-même une drogue aux effets non négligeable -, mais en quantité bien moindre que dans les cigarettes classiques.

Tabagisme passif

Autre avantage : la fin du tabagisme passif. L’inhalation de la fumée secondaire (qui s’échappe de la cigarette) ou tertiaire (rejetée par le fumeur) des cigarettes pose également un problème majeur, puisqu’il entrainerait 600 000 décès par an dans le monde, dont près d’un tiers des enfants, selon l’OMS. Les risques liés au tabagisme passif sont grosso modo les mêmes que ceux encourus pas les fumeurs : cancers, maladies cardiovasculaires et respiratoires, infections, etc.

L’évaporation libère de la nicotine dans l’air, mais a une dose si faible qu’elle a été jugée négligeable par les auteurs de l’étude. Les cigarettes électroniques ne constitueraient donc pas une menace pour les personnes entourant les utilisateurs. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle elles ont été autorisées dans les lieux publics dans certains pays.

Dans la législation

Il n’existe pas encore d’étude à long terme sur les effets des cigarettes électroniques et des autres substances qu’elles contiennent, mais elles apparaissent aujourd’hui comme une alternative bien moins dangereuse aux cigarettes et leur utilisation devrait être encouragée, souligne le rapport. Les États devraient cependant mettre en place des réglementations encadrant leur utilisation et leur fabrication, afin de s’assurer qu’elles respectent certaines normes de sécurité.

En Europe, une directive sur les produits du tabac est entrée en vigueur fin avril 2014. Les États membres ont jusqu’en mai 2016 pour la transposer dans leur législation.

Cette directive prévoit notamment qu’au-delà d’une certaine dose de nicotine, les cigarettes électroniques soient commercialisées comme médicaments, et donc soumises aux mêmes règles. Elle oblige également les fabricants à mettre des avertissements sur leurs paquets et interdit certaines formes de publicité, comme c’est déjà le cas pour les cigarettes classiques. Les États membres pourront également introduire d’autres mesures de protection, comme une hausse de la limite d’âge pour l’achat ou l’interdiction de les aromatiser.

>> Lire : Le Parlement européen épargne la cigarette électronique

La Commission s’est engagée à poursuivre ses recherches sur le sujet. En attendant, l’exécutif a décidé de tordre le cou à certains clichés erronés, sur la dangerosité des cigarettes électroniques ou les mesures prises par l’UE et leur impact sur les fabricants.

En France, les cigarettes électroniques dont les cartouches contiennent peu de nicotine sont autorisées. Si la dose de nicotine est plus élevée, elles sont soumises aux règles relatives aux médicaments. 

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