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23/07/2016

Andrus Ansip jure que l’UE n’espionne pas les citoyens sur Internet

Société de l'information

Andrus Ansip jure que l’UE n’espionne pas les citoyens sur Internet

Andrus Ansip, vice-président de la Commission chargé du marché unique numérique, s'adresse au Parlement lors d'une séance plénière. 18 mai 2015.

[European Parliament]

Andrus Ansip, vice-président de la Commission chargé du marché unique numérique, a rejeté les rumeurs selon lesquelles l’exécutif européen prévoit de contourner les technologies de cryptage qui garantissent la sécurité des communications sur Internet. 

Lors d’un débat au Parlement le 19 mai, Andrus Ansip a coupé court aux rumeurs selon lesquelles la Commission souhaite s’infiltrer dans les communications numériques sécurisées des Européens en entrant dans les systèmes d’identification cryptés, grâce à des logiciels comme le cheval de Troie.

Un cheval de Troie est un logiciel permettant à une tierce partie d’entrer dans les technologies de cryptage et ainsi d’avoir accès à des communications numériques sécurisées. Ces derniers mois, le sujet des failles dans ces systèmes, demandées par les gouvernements, ont fait débat.

« À la Commission européenne, nous n’avons jamais eu et nous n’avons pas pour projet de créer un cheval de Troie sur les systèmes d’identification. Ces rumeurs sont infondées », a affirmé le commissaire suite à une question de l’eurodéputée estonienne Kaja Kallas (ALDE) lors d’un débat sur le marché unique numérique.

« La confiance est indispensable et nous de voulons pas détruire la confiance des citoyens en créant un cheval de Troie sur les systèmes d’identification », a expliqué Andrus Ansip.

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Kaja Kallas avait soutenu que l’initiative du marché unique numérique, présentée le 6 mai, devait en faire davantage pour que les citoyens européens aient confiance dans l’économie numérique. « Les gens se font de plus en plus confiance en partageant des trajets en voiture ou des appartements, mais ils doivent pouvoir compter sur des communications sûres », estime l’eurodéputée.

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Suite aux attaques contre Charlie Hebdo en janvier, le premier ministre britannique, David Cameron, a déclaré que s’il était réélu, il introduirait des chevaux de Troie permettant au gouvernement britannique d’accéder à des services cryptés, comme les applications WhatsApp et Snapchat, par exemple. Si de telles mesures s’avéraient impossibles, David Cameron prévoit d’interdire ces services, tout simplement.

Dans son discours d’introduction, Andrus Ansip a insisté sur le fait que les 16 volets de l’initiative de marché unique numérique devaient être concrétisés rapidement, tout en sous-entendant que les lobbies risquaient de compliquer les choses : « certains intérêts particuliers tenteront d’empêcher ce processus ».

La présidence lettonne du Conseil européen peine à lancer les discussions du trilogue entre le Conseil, le Parlement et la Commission sur le paquet du marché unique des télécommunications, qui comprend notamment les frais d’itinérance et la neutralité du Net. Certains eurodéputés ont d’ailleurs rué dans les brancards lors de la session plénière du 19 mai et demandé que la procédure suive son cours sans délais.

« Comment pourrions-nous débattre du marché unique numérique alors que le marché unique des télécommunications n’a pas encore été finalisé ? », s’interroge l’eurodéputé polonais Jerzy Buzek (PPE). Au mois d’avril dernier, le vote initial du Parlement européen avait rejeté les frais d’itinérance et soutenu la neutralité du Net.

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Pour Dita Charanzová, eurodéputée tchèque (ALDE), le projet de la Commission pour le marché unique numérique n’est pas assez centré sur l’aide aux petites et moyennes entreprises, « qui payent des sommes importantes pour pouvoir vendre au-delà des frontières ».

Le sujet de l’Internet à haut débit a également été abordé à de nombreuses reprises. Les eurodéputés britanniques Sajjad Karim (CRE) et Clare Moody (S&D) estiment que les financements européens pour la connexion à haut débit dans leurs circonscriptions ont permis d’améliorer l’accès à Internet et de créer des emplois.

À l’heure actuelle, le projet de marché unique numérique comprend des investissements croissants dans les réseaux d’Internet rapide à haut débit, dans le cadre de mesures d’une restructuration plus large des télécommunications, que la Commission devrait présenter l’année prochaine.

Contexte

Le 6 mai, la Commission européenne a présenté sa stratégie pour le marché unique numérique, très attendue.

Cette initiative, qui doit encore être suivie de propositions législatives concrètes, concerne un éventail de problématiques allant des droits des consommateurs lors d'achats en ligne au droit d'auteur, en passant par la protection des données à l'expansion du réseau et l'utilisation de techniques modernes pour l'industrie.

Priorité de l'exécutif européen pour les années à venir, ce projet devrait garantir que l'Europe ne prend pas de retard sur le reste du monde à l'âge de l'Internet.

La stratégie comprend 16 mesures centrales qui devraient être mise en place d'ici la fin de l'année 2016. Le projet devrait permettre aux citoyens européens d'économiser jusqu'à 11,7 milliards d'euros par an et est construit autour de trois piliers.

Selon la Commission, le marché unique numérique pourrait « représenter une contribution de 415 milliards d’euros par an pour notre économie et créer des centaines de milliers de nouveaux emplois ».

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