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29/07/2016

Edward Snowden va témoigner devant les eurodéputés

Société de l'information

Edward Snowden va témoigner devant les eurodéputés

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L'eurodéputé allemand Jan Philipp Albrecht vient d’annoncer qu'Edward Snowden, « le lanceur d’alerte » et acteur clef dans le scandale NSA, souhaite témoigner devant le Parlement européen.

L'audition d’Edward Snowden sur le scandale d'espionnage massif aura lieu à la commission Libertés civiles, justice et affaires intérieures (LIBE) au Parlement européen. Elle sera intégralement enregistrée au format vidéo, selon Jan Philipp Albrecht, rapporteur sur le projet de loi portant sur la protection des données.

L’Américain Edward Snowden a quitté son pays d'origine, avant de faire ses révélations qui ont mis les services de sécurité du pays dans une situation délicate. Il vit actuellement en Russie où il s'est vu accorder un droit d'asile pour une durée d'un an (voir « Contexte »).

« Edward Snowden, en tant que témoin principal dans le scandale de mise sur écoute, a souhaité témoigner en public par le biais d’une vidéo devant le Parlement européen. Ce choix représente une réussite énorme pour l'institution en question », affirme Jan Philipp Albrecht dans un communiqué.

« Edward Snowden répondra aux questions des eurodéputés de la Commission LIBE.  La réunion ne sera certainement pas à l'ordre du jour avant le 18 décembre », selon le même communiqué.

Jan Philipp Albrecht critique vertement le fait qu’aucun des responsables politiques n’ait tiré les conséquences. Il revient maintenant au Parlement européen d’agir, ajoute-t-il.

L'enquête parlementaire est en cours

Les eurodéputés verts avaient déjà demandé qu'Edward Snowden soit invité devant la commission, avant même qu'une enquête officielle soit lancée sur le scandale de mise sur écoute le 4 juillet. 

Lors du sommet européen des 24 et 25 octobre, la chancelière allemande, Angela Merkel, a exigé que les États-Unis concluent un accord de « non-espionnage » avec Berlin et Paris d'ici la fin de l'année. Elle a déclaré que Washington devait cesser d’espionner deux de ses plus proches alliés.

La chancelière souhaite que le président américain passe à l'action. Elle ne se contente pas d'excuses à la suite des révélations sur l'Agence américaine de la sécurité nationale (NSA), qui aurait eu accès à des dizaines de milliers de conversations téléphoniques en France et surveillé le téléphone portable privé d'Angela Merkel.

L'Allemagne et la France chercheront un accord mutuel avec les États-Unis sur la coopération entre leurs services de renseignement. D'autres États membres de l'UE pourraient éventuellement y participer par la suite.

Les États-Unis ont conclu un accord de non-espionnage avec le Royaume-Uni, l'Australie, la Nouvelle-Zélande et le Canada. Cette alliance, connue sous le nom de « Five Eyes », avait été nouée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.

Mais les Américains ont traditionnellement toujours rechigné à sceller un accord similaire avec d'autres alliés. Malgré leurs excellentes relations avec l'Allemagne à l’heure actuelle.

Colère collective

De hauts fonctionnaires allemands et le président du Parlement européen, Martin Schulz, ont lancé un appel en vue de suspendre les négociations entre l'UE et les États-Unis sur l'accord de libre-échange. Ces négociations ont commencé en juillet, à la suite des révélations faites sur les pratiques d’espionnage américaines.

Le Parlement européen a soutenu en octobre le projet de loi proposé par la Commission européenne au début de l'année 2012. Ce projet a pour but de durcir les règles portant sur la protection des données, établies en 1995.

Les nouvelles règles devraient restreindre les méthodes de partage de données par des sociétés telles que Google et Facebook collectées en Europe avec des pays non européens. Ainsi, les citoyens européens pourront demander que leurs traces numériques soient effacées. Une amende de 100 millions d'euros voire plus pourra être imposée aux sociétés contrevenantes.

Si l’on en croit les propos de Jan Philipp Albrecht, des décideurs politiques européens mais aussi du monde entier suivront l’audition.

Contexte

Le lanceur d'alerte Edward Snowden a révélé que les autorités américaines avaient eu accès à des données à caractère personnel sur les serveurs de sociétés de l'Internet.

Les Européens ont réagi avec colère à ces allégations. Ils affirment que ce type d'activité confirme leurs craintes à propos de la portée des géants américains de l'Internet. Ces révélations montrent également la nécessité de règlements plus stricts alors que l’UE et les États-Unis sont sur le point de lancer des négociations commerciales.

Edward Snowden vit en Russie en tant que demandeur d'asile temporaire. La justice américaine le considère comme un fugitif.  Edward Snowden revealed earlier this year that the US authorities had tapped the servers of internet companies for personal data.

Europeans have reacted angrily to allegations that a US intelligence agency had tapped the servers of internet companies for personal data, saying such activity confirmed their fears about the reach of the government and American web giants and showed that tighter regulations were needed just as the EU and US are launching landmark trade talks.

Snowden is living in Russia under temporary political asylum and is considered a fugitive from justice by American authorities.

Prochaines étapes

  • Après le 18 décembre : Edward Snowden témoignera par l’intermédiaire d’une vidéo devant le Parlement

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