Facebook, plateforme préférée des eurodéputés, révèle un rapport

Social media training in the EP

Les eurodéputés peuvent participer à des formations pour apprendre à utiliser les médias sociaux et à faire face aux trolls. [mkhmarketing/Flickr]

Les réseaux sociaux, Facebook et Twitter en tête, ont de plus en plus la faveur des eurodéputés. Ils gagnent même du terrain par rapport aux outils de communication plus traditionnels comme les rencontres en face-à-face. 

Les eurodéputés ont tendance à se concentrer sur certaines plateformes seulement. Encore une fois, Facebook, qui compte 200 millions d’utilisateurs en Europe, a le vent en poupe chez les eurodéputés, suivi par Twitter.

Un rapport publié ce matin (18 juin) révèle que 663 eurodéputés sur 751 sont sur Facebook, et 572 ont un compte Twitter.

« Pour un responsable politique, ne pas utiliser les médias sociaux pour dialoguer et interagir avec les électeurs serait comme si un écrivain n’utilisait pas de mots », a déclaré Fredrick Federley, eurodéputé libéral suédois.

Sur les 100 eurodéputés interrogés pour le rapport, 96 % disent que Facebook est leur plateforme de choix pour communiquer, suivi de près par Twitter.

>> Lire : Les Cnil européennes se penchent sur les pratiques de Facebook

Les eurodéputés se tournent vers Facebook pour atteindre leurs électeurs, explique Brett Kobie, stratégiste digitale pour FleishmanHillard, le cabinet de conseil qui a réalisé le sondage.

« Quand un eurodéputé est sur Twitter, il s’adresse en partie aux électeurs, mais surtout à un groupe plus large de parties prenantes, incluant les médias et les ONG », a précisé Brett Kobis. « Les débats politiques virulents se passent sur Twitter. Sur Facebook, ce sera plus le communiqué de presse que vous postez quand vous rentrez à la maison. »

Communication et formation

Le Parlement organise des sessions de formation individuelle sur ces deux géants des réseaux sociaux.

L’Alliance des Démocrates et des Libéraux pour l’Europe (ADLE) a organisé ses propres sessions de formation sur Google et Facebook et compte continuer sur Twitter et LinkedIn, a expliqué la porte-parole, Katrien van den Broeck, ajoutant que ceux-ci sont principalement destinés aux assistants parlementaires.

Katrien Van den Broeck se charge de maintenir les eurodéputés au courant de ce qui se passe sur les médias sociaux et de les conseiller sur la meilleure manière de communiquer et de faire face aux trolls.

« Le passage au numérique n’est pas réservé aux jeunes eurodéputés, même les eurodéputés de 60 ans comprennent le pouvoir d’un selfie », a-t-elle commenté.

Fort potentiel de croissance pour LinkedIn

De plus en plus d’eurodéputés s’essayent à des médias sociaux autres que Facebook et Twitter.

Selon le rapport FleishmanHillard, 209 députés européens, soit 28 % du Parlement, possèdent un compte LinkedIn.

Pour Brett Kobie, LinkedIn a un fort potentiel de croissance. Seuls 34 % des eurodéputés étaient sur Twitter en 2011, alors qu’aujourd’hui ils sont 76 % à utiliser cette plateforme.

« LinkedIn est en train d’émerger en tant que plateforme de communication différente, destinée à des plus petits groupes de parties prenantes et où règne la confiance. Vous les avez surement déjà rencontrés, ou même bu un café ensemble, vous les avez peut-être repéré sur Twitter et donc invité sur LinkedIn, explique Brett Kobie.

Réseaux sociaux ou face à face ?

Le rapport indique que 95 % des eurodéputés interrogés considèrent que Facebook est un outil « efficace » pour communiquer, et 88 % pensent la même chose de Twitter.

Par ailleurs, 87 % des eurodéputés jugent que les réunions en face à face sont utiles, une baisse par rapport à 2011 où ils étaient 95 % à penser cela.

« Les médias sociaux ne peuvent pas remplacer les réunions en personne, mais ils permettent de rencontrer des nouvelles parties prenantes et de réaliser un suivi après ces réunions. Les médias sociaux ont changé le fonctionnement de la politique », a déclaré l’eurodéputé britannique, Jude Kirton-Darling (S&D).

>> Lire : Les populistes passent maître dans l’art des médias sociaux

Selon Brett Kobie, le léger changement dans la manière dont les eurodéputés voient les réunions en face à face est peut-être lié au fait que les règles pour plus de transparence obligent les responsables politiques à dire lorsqu’ils rencontrent des lobbyistes.

Cette obligation de transparence fait que les décideurs politiques, même s’ils valorisent l’interaction en personne, sont moins enclins à rencontrer les parties prenantes de façon régulière, estime Brett Kobie.

« Si tout se passe sur les médias sociaux, alors c’est tout aussi transparent. »