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19/01/2017

Le PDG de Netflix rêve d’un marché unique mondial

Société de l'information

Le PDG de Netflix rêve d’un marché unique mondial

Reed Hastings [Sebastian Gabsch/Netflix]

Reed Hastings, PDG de Netflix, estime que l’Europe a besoin d’une loi forte garantissant la neutralité du net. « Nous voulons que le monde soit un marché unique », a déclaré Reed Hastings. 

Juste avant l’annonce de la stratégie pour le marché numérique européen, mercredi 6 mai, activistes et politiques ont débattu des moindres détails du projet, notamment de la neutralité du net et du géo-blocage.

Julia Reda, eurodéputée du Parti pirate a cité la société américaine de vidéos en streaming comme exemple des effets du géo-blocage dans une publication sur son blog en avril. Dans son rapport contenant des propositions pour le marché unique numérique, l’association européenne des exploitants de réseaux de télécommunications (ETNO) a déclaré que Netflix était un service de télévision qui dépassait les bornes.

>> Lire : Bruxelles prête à faire des concessions à Netflix et Youtube

Netflix est un fervent défenseur de la neutralité du net aux États-Unis, où la loi a été adoptée, mais fait désormais face à des obstacles juridiques. « Pour Netflix, ce n’est pas encore un trop gros problème en Europe. Néanmoins, plus Internet se développe, plus nous nous inquiétons de ne pas voir venir une loi stricte sur la neutralité du net. Les législateurs devraient y songer avant que le principe d’Internet comme service public, tout comme l’électricité, ne pose problème », a déclaré Reed Hastings à EurActiv. « Tout le monde n’est pas d’accord avec cela. Si vous interrogez la plupart des opérateurs téléphoniques, ils ne veulent pas être un service public », a-t-il ajouté.

Selon Reed Hastings, la solution de Netflix face aux restrictions de géo-blocage est d’ opérer dans davantage de pays, tels que la Pologne, où le service est actuellement indisponible. « Jusqu’à présent, le système actuel nous a permis de travailler correctement », a ajouté le porte-parole de Netflix à Amsterdam, Joris Evers, tout en indiquant que l’expansion de la société en Europe montre que le géo-blocage n’a pas eu de conséquences négatives sur sa croissance.

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Interrogé sur la nouvelle loi sur le géo-blocage qui sera certainement intégrée au marché unique numérique lors la conférence re:publica à Berlin, Reed Hastings a répondu : « Il ne faut pas attendre la Commission ». L’exécutif a l’intention de soumettre un projet de loi « dans la première moitié de 2016 pour mettre fin au géo-blocage injustifié ».

Le vice-président de la Commission, Andrus Ansip, s’est déjà opposé au géo-blocage, entrant ainsi en conflit avec Günther Oettinger, le commissaire en charge de l’économie et de la société numériques, qui a récemment déclaré dans une interview que le géo-blocage était une solution possible.

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Lors de la conférence annuelle de l’ETNO en octobre dernier à Bruxelles, Reed Hastings a défendu « une neutralité du net solide » et a déclaré à son audience qu’il n’appréciait guère les accords payants passés avec des opérateurs télécoms qui tenaient Netflix « en otage ». En effet, Netflix s’est récemment lancé en Europe via des accords passés avec Deutsche Telekom, Bouygues et Orange, qui offrent à leurs clients un accès à Netflix à travers leurs services de vidéos à la demande.

Le PDG de Netflix a déclaré à EurActiv que sa société visait des accords gratuits avec les opérateurs de télécoms. « 95 % de nos relations avec les sociétés de télécom dans le monde fonctionnent ainsi. Certaines grandes et anciennes entreprises de télécom, souvent celles qui appartiennent à l’État, sont habituées à être payées par les autres. C’est contre elles que nous nous battons. »