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27/07/2016

Le russe Gazprom s’avère plus transparent que Google, Apple et Amazon

Société de l'information

Le russe Gazprom s’avère plus transparent que Google, Apple et Amazon

Gazprom serait une société plus transparente que Google, Amazon et Appel, selon un rapport de l'organisation Transparency International. [Martin Griffiths/Flickr]

Les sociétés de technologies américaines obtiennent moins de trois sur dix au classement de l’organisation Transparency International, qui a évalué la transparence au sein des 124 entreprises figurant sur la liste Forbes des plus grandes multinationales cotées en bourse.

L’ONG a annoncé que 90 des 124 multinationales examinées refusent de révéler les impôts qu’elles payent dans des pays étrangers. Quelque 54 d’entre elles, qui, ensemble, pèsent la bagatelle de 11.200 milliards  d’euros, ne dévoilent aucune information quant à leurs revenus générés dans des pays étrangers. Cette information est nécessaire, et en particulier dans les pays en voie de développement, pour déterminer si les entreprises payent les impôts appropriés aux États appropriés.

Des résultats parfois inattendus

Dans le classement, les multinationales sont notées en fonction de leurs déclarations à l’étranger, ce qui inclut des données sur leurs filiales et leurs parts dans d’autres sociétés, ainsi que de leurs déclarations concernant leurs mesures contre la corruption. Le score final intègre ces trois facteurs.

Sept des entreprises les plus transparentes sont européennes. La société pétrolière et gazière italienne ENI se place en tête du classement, avec un score de 7,3, suivie par l’entreprise britannique Vodafone (6,3). En bas de la liste, on retrouve des sociétés chinoises, dont la Bank of China, qui se distingue par son score : 1.

IBM obtient un 2,9, alors qu’Apple, Visa, Petrochina et le groupe américain Citigroup sont tous à égalité avec la note de 2,7.

Google récolte un score de 2,2 sur 10. Amazon se situe encore plus bas, à tout juste 2 sur 10, à égalité avec la banque commerciale de Chine et la société d’énergie Shenhua, deux entreprises d’État.

Ce résultat est tout de même meilleur que celui de l’entreprise américaine la moins bien notée, Berkshire Hathaway. Cette société de participation, dont Warren Buffett est le PDG et principal actionnaire, n’obtient que 1,6 sur 10.

Ces résultats propulsent le géant russe Rosneft (4,2) au rang d’entreprise respectable, alors que Gazprom se situe à égalité avec Microsoft à 3,5.

Enquête européenne sur les accords fiscaux de Google, Amazon et Apple

Amazon, Apple et Google font l’objet d’une enquête menée par la Commission européenne à propos de leurs accords fiscaux avec certains États de l’UE, comme l’Irlande, les Pays-Bas et le Luxembourg. Les responsables européens en matière de concurrence détermineront si les accords fiscaux préférentiels conclus avec les gouvernements de ces États constituent une aide de l’État illégale.

>> Lire : Bruxelles ouvre une enquête sur l’imposition d’Amazon au Luxembourg 

L’entreprise d’État russe Gazprom est quant à elle accusée d’agir dans les intérêts de la politique du gouvernement.Gazprom, qui détient le monopole de l’exportation en Russie, vend son gaz aux États membres dans le cadre d’accords bilatéraux confidentiels. En augmentant les prix ou en menaçant de fermer les robinets de gaz, la société a joué un rôle prépondérant dans la crise ukrainienne.

L’UE et les États-Unis ont d’ailleurs imposé des sanctions à l’encontre de Gazprom en septembre, après avoir évité in extremis de le faire en juillet. Rosneft, l’entreprise d’État qui gère le pétrole russe, a également été touché par des sanctions occidentales.

>> Lire : L’UE décidera de nouvelles sanctions contre la Russie

Les sociétés pétrolières, gazières et minières ne sont pas prêtes pour plus de transparence

Les plus grandes sociétés mondiales dans les domaines du pétrole, du gaz et des mines ne sont pas prêtes pour les règles concernant la transparence et la lutte contre la corruption qui doivent entrer en vigueur en 2015 au sein de l’UE, selon le rapport de Transparency International.

>> Lire : La France renforce la transparence des industries extractives

Selon la nouvelle directive comptable, les entreprises d’extraction doivent déclarer le payement de taxes, entre autres, pays par pays à leurs gouvernements.

Cette loi s’appliquera aux grandes entreprises enregistrées et cotées en bourse dans l’UE. L’entrée en vigueur d’un équivalent américain de cette mesure, qui fait partie de la loi Dodd-Franck, est actuellement retardée par des procédures judiciaires.

Des 24 entreprises d’extraction figurant dans le rapport et qui se situent dans la juridiction de ces lois européennes et américaines sur la transparence, 19 ne déclarent pas les impôts et revenus générés dans plus de la moitié des pays où elles opèrent.

Seuls BHP Billiton, Statoil et l’indien ONGC and Reliance révèlent les impôts qu’ils payent dans presque tous les pays où ils sont présents.

>> Lire : En guerre contre l’évasion fiscale, l’OCDE vise Google, Amazon et Apple 

« Les multinationales, qui ont presque autant d’influence sur l’économie mondiale que les plus grands États doivent faire preuve de transparence, martèle José Ugaz, président de Transparency International. Les comportements nuisibles des entreprises créent de la corruption, qui à son tour engendre pauvreté et instabilité. »

>> Lire : De nouvelles règles de l’UE sur la transparence des recettes pétrolières et gazières 

Contexte

Transparency International est une organisation de la société civile active dans plus de 100 pays qui milite contre la corruption.Cette organisation a établi un classement en fonction de leur transparence des 124 sociétés figurant sur la liste Forbe des plus grandes multinationales cotées en bourse.

 Sept des entreprises les plus transparentes sont européennes. La société pétrolière et gazière italienne ENI se place en tête du classement, avec un score de 7,3, suivie par l'entreprise britannique Vodafone (6,3). En bas de la liste, on retrouve des sociétés chinoises, dont la Bank of China, qui se distingue par son score : 1.

 Les sociétés russes Gazprom et Rosneft obtient quant à elle un meilleur score que les géants Amazon, Apple et Google, dont les accords fiscaux en Irlande, au Luxembourg et aux Pays-Bas sont actuellement analysés de près par la Commission européenne. Ces deux sociétés d'État ont fait l'objet de sanctions européennes et américaines en septembre. 

Prochaines étapes

  • 2015 : Entrée en vigueur de l'obligation de déclarer les impôts pays à l'étranger pays par pays.

Plus d'information

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