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06/12/2016

La France et l’UEFA tentent de nouvelles mesures contre la violence des supporters

Sports

La France et l’UEFA tentent de nouvelles mesures contre la violence des supporters

L'UEFA menace de suspendre Russie et Royaume-Uni de l'Euro 2016 en cas de nouvelles violences- Reuters

La Russie, hôte du Mondial-2018, et l’Angleterre seront disqualifiées de l’Euro-2016 en cas de nouvelles violences: l’UEFA, qui gère le tournoi, a haussé le ton après les rixes entre supporters russes et anglais au stade et en ville à Marseille.

Les scènes de guérilla urbaine sur le Vieux-Port avant Angleterre-Russie (1-1) puis les bagarres au Vélodrome à la fin du match ont largement écorné l’image du troisième événement sportif mondial. Le comité exécutif de l’UEFA, le gouvernement du football européen, a donc voulu se montrer ferme en menaçant l’Angleterre et la Russie d’une « éventuelle disqualification si de telles violences devaient se reproduire».

Cette menace est indépendante de la procédure disciplinaire ouverte contre la Russie à cause des échauffourées provoquées par une charge de ses fans dans le stade au coup de sifflet final.

Les violences dans les rues de Marseille ont fait 35 blessés, dont trois dans un état grave. Le fan anglais qui était entre la vie est la mort samedi est dans « un état stable», a indiqué dimanche la préfecture de région à l’AFP.

Dix personnes – des Anglais, un Autrichien, un Allemand, des Français et des Russes – étaient en garde à vue dimanche. Plusieurs seront renvoyés en comparution immédiate lundi.

L’AFP à Moscou a joint par téléphone un hooligan russe, responsable de relations publiques dans une entreprise et père de deux enfants, qui a fait l’aller-retour Moscou-Marseille en moins de 48H. « Nous sommes venus démontrer que les Anglais sont des fillettes (…) Perdre contre eux revient à perdre notre honneur», a affirmé cet homme, qui ne veut être identifié que par son prénom, Vladimir.

Alcool et protège-dents

Ces violences ont entraîné un débat sur la consommation excessive d’alcool par les supporters, qui a poussé le gouvernement à réagir dimanche.

« La vente, la consommation et le transport de boissons alcoolisées» seront interdits « les veilles et jours de match et les jours d’ouverture des fan zones dans les périmètres sensibles», a annoncé le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, sans préciser de quelles zones il s’agit.

Y aura-t-il une revanche après les rixes sur le Vieux-Port? La presse britannique met en garde contre la proximité géographique et temporelle entre le prochain match des Russes (mercredi à Lille) et celui des Anglais (jeudi à Lens).

En affichant sa fermeté, l’UEFA veut justement éviter que les affrontements ne fassent tache d’huile.

Le risque est toujours là: de brèves échauffourées ont éclaté dimanche sur la Grand-Place de Lille entre supporters ukrainiens et allemands quelques heures avant le match Allemagne-Ukraine, a constaté un photographe de l’AFP.

Selon une source policière allemande sur place interrogée par le SID, filiale de l’AFP, 50 hooligans allemands connus ont participé à ces bagarres. Aucune interpellation n’a eu lieu.

En revanche, la police de Rhénanie-Palatinat (ouest de l’Allemagne) a annoncé que 21 hooligans allemands avaient été arrêtés avant d’entrer en France. Certains, qui voyageaient en minibus, transportaient des protège-dents et des casques et prévoyaient d’arriver via le Luxembourg, a détaillé l’agence allemande dpa.

Enfin, selon la préfecture du Nord, « 25 personnes défavorablement connues des services de police français ou étrangers se sont vu interdire l’entrée en France à la frontière belge».

Allemagne – Ukraine a eu lieu sous les yeux d’un spectateur particulier: le gendarme Daniel Nivel, grièvement blessé par des hooligans allemands à Lens lors du Mondial-1998 et invité par la Fédération allemande. Un symbole fort au terme d’un week-end terni par les violences.

 

Dispositif renforcé

 

Deux autres matches ont eu lieu dimanche. Le premier, Turquie-Croatie (0-1) au Parc des Princes à Paris, était classé à risques.

Il s’est déroulé sans encombre, même si une cinquantaine de personnes en tenue sombre, vraisemblablement des supporteurs parisiens, ont défié des supporters croates avant le coup d’envoi, selon une source policière. Mais les CRS ont rapidement dispersé les fauteurs de troubles. Quinze personnes ont été interpellées.

Plus de 1.500 membres des forces de l’ordre avaient été déployés pour sécuriser le Parc des Princes et la fan zone sur le Champ-de-Mars.

En début de soirée, la Pologne a battu l’Irlande du Nord à Nice (1-0), où des bagarres impliquant des supporters nord-irlandais avaient également éclaté samedi. »

La gestion des flux de supporters pose toujours des questions pour les autres matches à risques dans cet Euro: Allemagne-Pologne jeudi au Stade de France, Angleterre-Pays de Galles le même jour à Lens, et enfin Ukraine-Pologne, une nouvelle fois à Marseille, le 21 juin, jour de la fête de la musique, événement qui draine une foule nombreuse dans la rue jusque tard dans la nuit.

L’UEFA a reconnu dimanche « des problèmes de séparation» entre supporters au Vélodrome et promet un « dispositif renforcé» du personnel de sécurité dans les stades de l’Euro-2016 en «collaboration avec les autorités françaises».