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25/09/2016

Les scientifiques redoutent l’apparition du virus Zika dans le sud de l’Europe

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Les scientifiques redoutent l’apparition du virus Zika dans le sud de l’Europe

Avec sa population mobile d’étudiants et de travailleurs immigrés, la ville de Turin, divisée par le fleuve Pô, est un lieu idéal de transmission du virus.

Crédit : [M.Montanaro/ flickr.com]

Des chercheurs de la Société européenne de microbiologie clinique et de maladies infectieuses développent des outils pour suivre l’évolution du virus Zika, qui, selon eux, pourrait bien atteindre le sud de l’Europe.

Les scientifiques craignent que la propagation rapide du virus Zika en Amérique menace à présent les habitants des pays d’Europe méridionale tels que la France, l’Italie et l’Espagne, qui ont déjà enregistré des cas de dengue par le passé.

L’OMS a déjà qualifié le virus Zika d’urgence mondiale et l’a comparé à la récente épidémie d’Ebola en Afrique occidentale. L’OMS estime que la propagation du virus en Amérique centrale et du Sud pourrait entrainer quatre millions de nouveaux cas en 2016.

>> Lire : La Commission débloque 10 millions d’euros pour la recherche sur le virus Zika

Même si les moustiques Aedes sont les principaux vecteurs de ce virus, ce dernier peut aussi se transmettre par transfusion sanguine ou par voie sexuelle. Zika est à l’origine de malformations congénitales, telles que la microcéphalie : les enfants naissent avec des cerveaux anormalement petits et des déficiences neurologiques.

Les Européens ont déjà un risque d’attraper le virus en voyageant dans les pays concernés tels que le Brésil, la Colombie, et le Paraguay, ou s’ils entretiennent des rapports sexuels non protégés avec une personne ayant récemment été dans les régions affectées. Le sang donné par des personnes infectées peut aussi présenter un risque.

Par ailleurs, les scientifiques de la Société européenne de microbiologie clinique et de maladies infectieuses (ESCMID) affirment que les Jeux olympiques et paralympiques de Rio de Janeiro cet été représentent une menace non seulement pour les Brésiliens, mais aussi pour les participants. 

Éviter une épidémie

Les chercheurs veulent désormais déterminer comment le virus a pu se propager aussi rapidement, et pourquoi une telle épidémie ne s’est pas manifestée avant. Pour éviter de futures épidémies, il est également indispensable de savoir quels sont les autres moyens de transmission du virus.

Selon eux, il est aussi très important de développer de meilleurs outils de diagnostic et d’améliorer le suivi de la propagation du virus.

Les infections nouvelles et réemergentes surviennent souvent dans des pays aux ressources limitées. Puisqu’il y a peu d’infrastructures adaptées, le diagnostic et le contrôle de l’épidémie sont souvent tardifs. C’est pour cela que la coopération internationale en matière de construction de laboratoires et de transfert de technologie est essentielle.

>>Lire : Ebola illustre le manque de recherche sur les maladies des plus pauvres

« L’apparition du virus Zika juste après l’épidémie Ebola ne fait que nous rappeler le besoin urgent d’un effort mondial et coordonné pour constituer des groupes d’intervention rapide pour un suivi proactif et pour mener des recherches prioritaires dans des situations d’urgence », a déclaré Eskild Petersen, de l’université Aarhus, et membre de l’ESCMID.

La Commission européenne a déjà alloué 70 millions d’euros du budget de l’UE à la recherche de vaccin pour le virus Zika. Pendant ce temps, l’Agence européenne des médicaments (AEM) a mis en place le 8 février un groupe de travail pour conseiller les laboratoires travaillant sur des vaccins et des médicaments contre le virus. 

Contexte

Le 1er février, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a officiellement déclaré que le virus Zika était une urgence mondiale. Qualifier le virus de menace pour la santé mondiale permet de le contrôler plus rapidement grâce à l’expertise, au personnel et aux ressources de l’OMS.