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04/12/2016

Diesel: seuls 20% de véhicules sales seront rappelés en Europe

Transport

Diesel: seuls 20% de véhicules sales seront rappelés en Europe

Maserathi Ghibli, diesel.

[ SuperCar-RoadTrip.fr/Flickr]

Seulement 20% des 26 millions de voitures diesel dépassant les normes d’émission sont susceptibles de faire l’objet d’un rappel en Europe, a estimé l’association Transport & Environment. Un article de notre partenaire le JDLE.

Mi-septembre, Transport & Environment (T&E) révélait qu’environ 29 millions de véhicules diesel (26 millions de voitures et 3 millions de vans) dépassaient les normes d’émission d’oxydes d’azote (NOX) en Europe. Pour ceux censés obéir à la norme Euro5, Renault, Land Rover et Hyundai arrivaient en tête des dépassements; pour l’Euro6, il s’agissait de Fiat, Renault et Opel/Vauxhall.

Qu’en est-il de ces véhicules fraudeurs: combien font l’objet d’un rappel? Bien peu, révèle T&E dans une nouvelle analyse publiée mardi 29 novembre: pour 80% d’entre eux, à savoir des véhicules Euro5 qui ne sont pas de la marque Volkswagen (dont Renault en première ligne), rien n’est prévu à ce jour.

Surtout des rappels de VW

Seuls 20% de ces véhicules font l’objet d’une procédure de rappel, obligatoire ou volontaire. Pour l’immense majorité d’entre eux (17%), il s’agit de voitures Volkswagen de norme Euro5, toutes concernées par un rappel. Quant aux 3% restants, soit 660.000 voitures Euro6 d’autres marques, ce sont des véhicules dont le rappel est laissé au libre choix du propriétaire (Renault, Fiat, Opel et Mercedes).

Très théorique, ce chiffre de 660.000 n’est en fait que le nombre de véhicules Euro6 dépassant les seuils d’émissions en Europe, et non ceux qui seront effectivement ramenés au constructeur: «la plupart [des utilisateurs de ces véhicules] ne sont pas informés de ce droit, ou ne sont pas au courant de l’impact qu’aura la modification sur leur conduite ou sur l’économie de carburant», juge T&E.

La France ferme le cortège

En ajoutant les rappels obligatoires de Volkswagen et ceux optionnels d’autres marques, l’association juge que le taux de véhicules rappelés serait de 38% en Allemagne, de 30% aux Pays-Bas, de 24% en Belgique, de 21% au Royaume-Uni, de 20% en Espagne, de 17% en Espagne.

En dernière position parmi les pays évalués par T&E, la France ne compterait que 16% de véhicules qui pourraient être rappelés –de manière obligatoire pour Volkswagen, volontaire pour d’autres marques. Triste performance, alors que le pays est celui qui compte le plus de véhicules en-dehors des clous (5,5 millions, contre 5,3 millions en Allemagne).

Contactée par le JDLE, Julia Poliscanova, en charge du dossier véhicules propres et qualité de l’air chez T&E, explique cette dernière place par un nombre relativement faible de voitures VW en France, avec une forte présence des marques nationales.

La frilosité des Etats membres

Alors que les ministres européens du transport doivent se rencontrer jeudi 1er décembre, l’association craint que les gouvernements des Etats-membres tentent d’empêcher la Commission de mettre en place des contrôles indépendants et de fixer des sanctions en cas de fraude.

Pour les Etats membres de l’UE, «la santé des fabricants automobiles est plus importante que celle des citoyens: ils ne veulent pas mettre à mal leurs relations avec l’industrie. Un rappel généralisé de ces véhicules serait non seulement coûteux, mais constituerait un désastre de relations publiques pour ces entreprises», estime Julia Poliscanova.

Selon les dernières estimations de l’Agence européenne pour l’environnement (AEE), publiées lundi 21 novembre, le dioxyde d’azote (NO2), en jeu dans les dépassements d’émissions automobiles, causerait chaque année 68.000 morts dans l’UE, dont 8.230 en France.logo-jdle