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28/07/2016

Essor inattendu du trafic ferroviaire en Europe

Transport

Essor inattendu du trafic ferroviaire en Europe

Foto: Lars Steffens (CC BY-SA 2.0)

Le train connaît un regain de vitalité en Europe que ce soit dans le transport de fret ou de passagers. La Suisse reste championne en terme de kilomètres parcourus avec 2450 km par habitant et par an.

La mode du transport ferroviaire est déjà là, mais pourrait être facilement encouragée si la future Commission Juncker s’y intéresse. C’est ce qu’estime le Verkehrs-Club d’Autriche, qui publie une enquête sur le sujet. Des moyens financiers importants sont déjà mis à disposition  notamment dans le cadre financier européen 2014-2020 et le programme à grande échelle dénommé « pour l’interconnexion en Europe ».

Depuis 2005, les kilomètres parcourus en train ont fortement augmenté en Allemagne, en Autriche, au Danemark, en France, au Luxembourg, au Royaume-Uni, en Slovaquie et en Suède. Au contraire, un recul est à constater en Italie, et dans certains pays d’Europe de l’Est, comme en Bulgarie, en Hongrie et en Roumanie. La Grèce arrive en queue de peloton. Comme toujours dans le domaine de l’économie, le rapport entre l’offre et la demande est crucial. En Europe du Sud, le système ferroviaire et le matériel roulant sont en piteux état, ce qui rend ce moyen de transport peu intéressant dans cette région. Pour leur part, Chypre et Malte n’ont aucun réseau ferroviaire et n’apparaissent donc pas dans les statistiques.

La Suisse : premier réseau ferroviaire en Europe

Le leader au sein de l’UE est depuis cette année l’Autriche avec 12,1 milliards de kilomètres parcourus par les usagers du train. La république alpine a dépassé la France, qui est dès lors relayée en deuxième position. Le point crucial qui explique l’augmentation de la fréquence en Autriche n’est pas tant le renforcement du trajet dit « occidental », qui s’étend de Vienne à Francfort, de Munich à Zurich, mais la qualité du matériel roulant qui est accueilli favorablement par les passagers ferroviaires.

« Comme dans le passé, la Suisse arrive en première place. Dans le pays helvétique, chaque personne parcourt en train en moyenne 1 000 kilomètres en plus qu’en Autriche, où chaque individu parcourt actuellement environ 1450 kilomètres », selon l’étude autrichienne. Les Confédérés profitent non pas seulement d’un réseau ferroviaire dense, mais aussi d’horaires de train tout aussi dense qui permettent d’avoir un grand nombre de correspondances de façon optimale.

De nombreuses raisons expliquent cette hausse de la fréquence des passagers ferroviaires. D’une part, la cadence du trafic et les liaisons rapides entre les villes permettent au train de venir concurrencer directement le trafic aérien sur les trajets courts. D’autre part, le prix du carburant et de l’entretien des véhicules ainsi que l’augmentation des péages, rendent la voiture souvent peu rentable. Par ailleurs, la gestion des zones de stationnement des villes, l’encombrement dans les zones proches des agglomérations urbaines, souvent engorgées aux heures de pointe, provoquent des pertes de temps monumentales. Tous ces facteurs encouragent le développement du métro, du tramway ou encore du train.

L’expansion des transports transfrontaliers

Pour les spécialistes du transport, il faut absolument rattraper le temps perdu en améliorant les connexions entre la périphérie et les centres-villes dans les agglomérations. Il est à leur yeux absolument nécessaire de construire dans les plus brefs délais de nouvelles connexions sur les trajets qui sont particulièrement fréquentés aujourd’hui afin d’éviter à temps les goulots d’étranglement à l’avenir. D’une manière générale, les connexions régionales devraient être améliorées, et les trajets qui ne sont plus exploités devraient être remis en service. Ainsi : « Le temps de travail devrait à l’avenir être plus flexible. Les connexions ferroviaires régionales devraient proposer pour cette raison une offre suffisante en soirée et en fin de semaine », peut-on lire dans l’étude.

Enfin, un chapitre est consacré aux connexions transfrontalières. Sur ce dernier point, bon nombre sont ceux qui ont l’impression qu’un rideau tombe au niveau frontalier entre deux États. La faute revient aux différentes sociétés de transport. Même si elles proposent une offre de transport optimale au sein même d’une région, notamment grâce aux subventions, elles manquent de liaisons fonctionnelles avec la région voisine. L’Italie en est ici un cas d’école. Depuis des années, le transport de passagers avec la Slovénie, c’est-à-dire le trajet allant de Venise à Trieste en passant par Ljubljana, est au point mort. Il n’y a d’ailleurs que des trains de nuit internationaux qui partent en direction de l’Allemagne et de l’Autriche. En journée, les sociétés de chemin de fer allemandes et autrichiennes doivent en quelque sorte avoir recours à des trains « privés » sur les trajets reliant Munich à Vérone et Vienne à Venise, afin de pouvoir proposer un transport aux passagers. Dès lors, la Commission européenne a dorénavant un rôle à jouer pour contribuer à une politique de transport ambitieuse. 

Contexte

La Commission européenne s'est penchée sur la libéralisation du rail en Europe ces dernières années, essuyant de nombreuses critiques notamment en France. L'heure est désormais plus à l'investissement dans les infrastructures, alors que l'agenda climatique et la prix élevé du carburant contraignent le Vieux Continent à modifier ses habitudes de transport.