EurActiv.fr

Actualités & débats européens dans votre langue

03/12/2016

IKEA, Nestlé et Philips veulent plafonner les émissions de poids lourds

Transport

IKEA, Nestlé et Philips veulent plafonner les émissions de poids lourds

19 grandes entreprises et ONG demandent à la Commission européenne d’introduire des plafonds d’émissions de CO2 contraignants pour les camions.

Le CO2 émis par les poids lourds ne fait l’objet d’aucune règlementation. Un groupe de 19 organisations fait pression sur l’exécutif pour qu’il présente de nouvelles règles contraignantes.

Les camions sont responsables d’environ 25 % de toutes les émissions des véhicules alors qu’ils ne représentent que 5 % des véhicules présents sur les routes d’Europe, selon les chiffres de l’exécutif.

Des grandes compagnies, comme Ikea, Philips et Nestlé, ont signé une lettre envoyée au président de la Commission, Jean-Claude Juncker et à neuf commissaires le 27 mai pour demander à l’exécutif de poser les jalons de normes contraignantes le mois prochain.

>> Lire : Les législateurs européens barrent la route aux méga-camions

La Commission devrait annoncer une nouvelle stratégie de réduction des émissions de carbone dans le secteur des transports d’ici fin juin.

Les entreprises se sont joints à des sociétés de transport telles que l’aéroport d’Heathrow, l’opérateur des trains allemand Deutsche Bahn, et la Deutsche Post DHL pour cet appel. L’ONG Transport & Environnement, basée à Bruxelles, a aussi signé la lettre.

L’exécutif présentera un nouvel outil technologique de mesure des émissions des camions, appelé VECTO. Or, pour le groupe, ce n’est pas suffisant. « Nous ne pensons pas que l’introduction de tests de CO2 pour les camions ou de mécanisme de surveillance sera suffisante pour stimuler le marché des camions ultra économes en carburant en Europe » ont-ils écrit dans la lettre adressée à la Commission.

Le groupe soutient que les entreprises pourraient économiser 10 000 € par an si les camions étaient plus économes.

Une enquête publiée la semaine dernière par la Cour des comptes européenne révèle que le fret opte de plus en plus pour le transport routier en Europe, malgré les tentatives de la Commission d’investir dans les chemins de fer pour inverser cette tendance.

Les militants estiment que l’Europe a pris du retard alors que d’autres pays adoptent des lois pour forcer les producteurs à fabriquer des camions plus propres.

« Il est grand temps que la Commission Juncker suive l’exemple des États-Unis, de la Chine et du Japon et mette en place des normes d’économie de carburant ambitieuses », a déclaré William Todts, directeur transport chez Transport & Environnement.

>> Lire : La Commission s’attaque aux émissions des camions

La Commission a toutefois été victime du lobbying des fabricants pour qu’elle laisse de côté les normes européennes relatives aux camions. « Étant donné la complexité du marché du poids lourds, constitué de plusieurs milliers de formes et de tailles différentes, l’introduction d’une loi adaptée à chaque variante est un véritable défi. Il n’existe tout simplement pas d’approche universelle pour les poids-lourds », a déclaré un porte-parole de l’association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA).

Contexte

Les camions, les bus et les autocars sont responsables d'un quart des émissions de CO2 issues des transports routiers dans l'UE, et de 5 % du total des émissions de gaz à effet de serre de l'UE, une part plus grande que celle de l'aviation ou du transport maritime.

Malgré certaines améliorations dans l'efficacité énergétique, les émissions de CO2 des poids lourds ont augmenté de 36 % entre 1990 et 2010, notamment à cause de la hausse du transport de marchandises par route.

En mai 2014, la Commission européenne a mis en place une stratégie pour limiter les émissions de CO2 des poids lourds dans les années à venir. C'est la première initiative européenne dans ce domaine.

La Commission est censée présenter une nouvelle loi pour contrôler et certifier les nouveaux poids lourds et leurs émissions de CO2.