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23/01/2017

L’UE se penche sur la sécurité ferroviaire après l’attaque du Thalys

Transport

L’UE se penche sur la sécurité ferroviaire après l’attaque du Thalys

Le Thalys au départ de la gare du Nord à Paris.

[Richard Lee/Flickr]

Les ministres européens des Transports évoqueront la question de la sécurité ferroviaire, tout particulièrement sur les lignes internationales à grande vitesse début octobre, dans la foulée de l’attaque du Thalys Amsterdam-Paris.  

Les porte-parole de la Commission européenne et de la présidence du Conseil européen ont annoncé que les ministres européens des Transports se pencheraient sur la question de la sécurité ferroviaire lors d’une réunion prévue au mois d’octobre, dans la foulée de l’attaque déjouée du Thalys.

La question du renforcement de la sécurité dans les gares et trains, notamment internationaux, s’est invitée dans le débat européen à la suite de la tentative d’attaque du Thalys Amsterdam-Paris, déjouée notamment par trois jeunes Américains et un Britannique, qui ont reçu le 24 août la Légion d’honneur de la part du prédisent de la République.

>>Lire : Hollande remet la Légion d’honneur aux « héros » du Thalys

La réunion des ministres pourrait notamment aborder la question des règles en matière de libre- circulation des personnes, à la demande du premier ministre belge, Charles Michel. Le libéral a annoncé envisager une «  adaptation et de nouvelles règles lors de contrôles des identités et des bagages » au sein de l’espace Schengen.

Une proposition tempérée par la Commission européenne. Interrogé sur la question de savoir si les voyageurs pourraient être soumis à des contrôles d’identité ou de bagages avant de monter à bord de trains comme le Thalys Amsterdam-Paris, le porte-parole de la Commission, Jakub Adamowicz, a confirmé les questions touchant à la sécurité seraient effectivement passées en revue, tout en appelant à éviter toute réaction excessive.

Contrôles de sécurité supplémentaires

La législation européenne tolère des contrôles de sécurité supplémentaires, ainsi que la réintroduction exceptionnelle de contrôles aux frontières durant 30 jours maximum pour répondre à une menace terroriste, a expliqué le porte-parole en réponse aux propos tenus par le Premier ministre belge.

Flux de voyageur problématique

Cependant, le flux de voyageurs empruntant le train, 20 fois supérieur à celui des aéroports, rend impossible des contrôles systématiques.

« Vu la structuration des gares et la gestion des correspondances, avoir une zone entièrement sécurisée par un système de portiques comme dans les aéroports serait quasiment infaisable. Il faut réfléchir à des systèmes plus souples » a expliqué à l’AFP Fabian Tosolini, porte-parole de la CFDT Transports environnement.

La ministre de l’Écologie Ségolène Royal, ministre de tutelle des Transports, a pourtant préconisé lundi l’installation de tels portiques « pour les trains qui franchissent les frontières ».

Mme Royal s’est également dite favorable à « des contrôles aléatoires dans les gares », qui pourraient être effectuées par des agents de la SNCF mais aussi par des entreprises de sécurité.

Mesures supplémentaires

Le premier ministre, Manuel Valls, avait annoncé samedi la mise en place d’un numéro national de signalement des situations anormales, et le renforcement du nombre et de la visibilité des messages de vigilance dans les gares. Le gouvernement, en charge de ces décisions, réfléchit à d’autres mesures, dont certaines pourraient être prises d’ici la fin de la semaine.

« Par exemple, avoir des fouilles plus fréquentes des bagages. Il y en a déjà qui sont faites par la police et la gendarmerie. Comment on peut les multiplier ? Comment on peut faire en sorte que ces fouilles et d’autres mesures soient prises d’ici la fin de la semaine? » a questionné lundi le président de la SNCF Guillaume Pepy, interrogé sur BFM Business.