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22/01/2017

L’UE va examiner la sécurité des transports terrestres le 11 septembre

Transport

L’UE va examiner la sécurité des transports terrestres le 11 septembre

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[Shutterstock/Maxim Blinkov]

Un groupe d’experts européens se réunira à la date symbolique du 11 septembre pour discuter de la sécurité routière et ferroviaire au lendemain de l’attaque terroriste déjouée du 21 août. 

L’objectif de cette réunion est de se préparer à une rencontre ministérielle du Conseil des Affaires intérieures et de la Justice, le 8 octobre prochain, ont expliqué les experts européens à des journalistes.

Avant les attaques du 11 septembre, aucune loi européenne sur la sécurité des transports n’existait. Après les attaques, l’UE a adopté une législation en matière de sécurité du transport aérien, mais aucune loi n’existe pour le transport terrestre, c’est-à-dire les routes et les trains.

>>Lire: L’UE se penche sur la sécurité ferroviaire après l’attaque du Thalys

Si aucune législation n’a été mise en place, c’est aussi parce qu’aucun organe international, comme l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) par exemple, ne définit de règles pour le transport routier ou ferroviaire.

Lacunes

Le spécialiste a également affirmé que l’ancien commissaire européen au transport, Siim Kallas, avait identifié cette lacune et avait donc mis sur pied un groupe d’experts pour se pencher sur le sujet. Jusqu’à présent, le groupe s’est réuni huit fois.

Toutefois, des problèmes comme des vols de métaux dans les infrastructures ferroviaires ont accaparé beaucoup de leur attention.

Il est impossible de transférer les règles de sécurité aérienne aux trains, ont expliqué les experts, craignant que les gens ne réagissent de manière excessive suite à l’incident du 21 août.

Le tireur est monté à bord du train avec un fusil d’assaut AK-47 et 270 munitions, soit assez de balles pour tuer une grande partie des 554 passagers du train sans être détecté. Des passagers, dont deux soldats américains, ont réussi à maitriser cet homme qui tentait d’ouvrir le feu..

Des sujets comme l’utilisation de caméras de vidéos surveillance, ou la mise en place de contrôles de sécurité des bagages et des passagers pourraient être abordés lors de la réunion du 11 septembre.

Lenteur de l’UE

Quant à l’amélioration de la sécurité des trains à grande vitesse, les experts ont précisé que de nombreuses choses pouvaient être faites au niveau national, mais que les mêmes mesures prendraient beaucoup plus de temps à être adoptées au niveau européen, ou seraient rejetées, car trop couteuses.

En Espagne, par exemple, depuis les attentats à la bombe dans la gare d’Atocha à Madrid, le 11 mars 2004, les bagages sont systématiquement contrôlés pour déceler tout explosif.

Concernant le possible échange des dossiers passagers (PNR) issus des réservations de train en ligne, les experts européens ont déclaré que cela ne pouvait être décidé qu’à échelle nationale. Au niveau européen, l’échange de données PNR ne concerne que les vols internationaux, ont-ils précisé.

>> Lire : Le bras de fer se durcit sur la surveillance des passagers aériens

Interrogés sur la possibilité d’avoir des officiers de sûreté à bord des trains à grande vitesse, comme c’est le cas pour les avions dans certains pays, les experts de la Commission ont déclaré que, contrairement à des forces de police aérienne, un officier de sureté ferroviaire serait en dehors de sa juridiction sur le sol étranger.

Trois pays européens ont recours à des officiers de sureté aérienne, a ajouté un expert, qui a refusé de les nommer pour cause de confidentialité.

Quant à la détection de métaux, les experts ont affirmé qu’il y avait d’autres moyens d’assurer la sécurité des passagers des trains que les détecteurs utilisés dans les aéroports. De détecteurs pourraient être conçus pour détecter des objets spécifiques, comme des explosifs ou des armes.

« La technologie se développe. La conclusion est que s’il existe un marché pour ces produits, l’industrie les fabriquera », ont commenté les experts.

Plus de performance Vigipirate

Huit jours après l’attaque du Thalys Amsterdam-Paris par Ayoub El Khazzani, une réunion des ministres de l’Intérieur et des Transports de l’UE aura lieu samedi 29 août à Paris, a annoncé mercredi Bernard Cazeneuve sur France Inter.

« Est-ce que l’on peut, après les événements du Thalys, compléter les dispositions du plan Vigipirate pour le rendre encore plus performant ? C’est l’objet de la réunion qui aura lieu samedi à Paris entre les ministres des Transports et de l’Intérieur de l’Union européenne pour regarder des propositions très concrètes », a affirmé le ministre français de l’Intérieur, cité par l’AFP, quelques heures après la mise en examen du jeune Marocain qui a ouvert le feu dans le Thalys.

« Il y a 30 000 policiers, gendarmes, militaires qui sont aujourd’hui déployés sur la plupart des infrastructures à risque, et notamment les infrastructures de transport et les gares », a rappelé le ministre, avant de s’interroger : « est-ce qu’on peut mettre en place des contrôles simultanés et coordonnés dans les pays de l’UE qui permettent de faire sonner les fameuses fiches S et qui permettent de procéder à des contrôles pour mieux identifier ceux qui prennent les transports en commun ? ».