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01/10/2016

L’UE veut rattraper son retard sur les voitures connectées

Transport

L’UE veut rattraper son retard sur les voitures connectées

BMW E46 équipée de l'OS X Snow Leopard.

[Flickr/ Yutaka Tsutano]

La Commission européenne a publié un rapport indiquant comment rattraper son retard en matière de voitures connectées – domaine dans lequel les États-Unis et le Japon sont à l’avant-garde.

Un groupe de représentants de l’industrie automobile, des autorités locales et autres parties prenantes ont rencontré chaque mois la Commission de fin 2014 à 2015 pour exposer leurs demandes pour un plan européen sur la connectivité des voitures.

Cette semaine, la Commission rencontrera pour la première fois les représentants de l’industrie dans le cadre d’un nouveau groupe de travail sur les voitures autonomes.

L’exécutif souhaite suivre le mouvement d’autres pays qui injectent de l’argent dans le développement de ce type de  voitures.

Ce mois-ci, l’administration Obama a annoncé investir 4 milliards de dollars (3,7 milliards d’euros) sur les dix prochaines années dans le secteur des voitures autonomes.

Programme de recherche

Un représentant de la Commission a déclaré que le fonds de recherche de l’UE prévoyait à peu près le même montant pour les prochaines années. Le programme de recherche Horizon 2020 de l’UE réserve 100 millions d’euros à la recherche en automatisation.

« Je veux voir des voitures connectées sur les routes européennes d’ici à 2019. Ce rapport est une étape importante vers cet objectif », a déclaré le 21 janvier la commissaire européenne au transport, Violeta Bulc. « Ce n’est néanmoins qu’une première étape, nous attendons davantage de résultats durant l’année 2016. »

>> Lire : La coopération internationale doit être le moteur des voitures autonomes

La présidence néerlandaise du Conseil a fait des véhicules autonomes une de ses priorités et souhaite que les États membres approuvent une déclaration commune sur les véhicules autonomes durant une réunion des ministres du Transport et de l’Environnement en avril.

Le nouveau rapport de la Commission, qui conclut ses réunions avec les constructeurs, analyse la communication entre véhicules ou de véhicules à infrastructures. Par ailleurs, la protection des données, leur accès et la responsabilité sont décrits comme les principaux obstacles à la stratégie de la Commission pour les voitures connectées et autonomes.

Étant donné que la connectivité et l’automatisation peuvent limiter le contrôle du conducteur sur le véhicule, le groupe conseillait de « réévaluer la question de responsabilité ».

Données personnelles des conducteurs

Le rapport fait aussi référence aux données personnelles des conducteurs, telles que la vitesse et la localisation, pouvant être collectées par les véhicules.

Des représentants ont déclaré que le groupe de travail de la Commission travaillait aussi sur la cybersécurité, même si cette question est peu abordée dans le rapport. L’agence de cybersécurité européenne, ENISA, serait en contact avec le groupe.

>> Lire : L’UE s’inquiète de la cybersécurité des voitures sans conducteur

L’année dernière, le piratage informatique expérimental d’une Jeep avait suscité la controverse sur la cybersécurité des voitures connectées.

Selon un porte-parole de l’association européenne des constructeurs automobiles (ACEA), les voitures connectées « peuvent contribuer à la réalisation d’objectifs sociétaux en améliorant la route, la sécurité, en réduisant la consommation d’essence, et les émissions de CO2 ».

« Il reste encore des questions techniques à résoudre, et des normes devraient être établies pour s’assurer de l’interopérabilité à travers l’Europe. Par ailleurs, le besoin d’investissements est évident », a-t-il ajouté.

>> Lire : Les constructeurs font main basse sur les données personnelles des automobilistes

Contexte

Les voitures connectées possèdent une connexion Internet pour la bonne marche de diverses fonctionnalités, dont le GPS, les conditions de la route ou l’efficacité de la voiture.

Les voitures autonomes, ou sans conducteur, n’ont quant à elles pas besoin de l’intervention d’un conducteur pour fonctionner. Les sociétés automobiles demandent la mise en place de lois pour permettre aux voitures autonomes de circuler plus librement en Europe.

L’UE a pris la tête d’initiatives pour promouvoir la sécurité routière et la gestion du trafic en récupérant des informations fournies par des voitures connectées au réseau d’infrastructure numérique, depuis 2010. L’exécutif européen veut notamment que l’industrie transforme ses efforts en une « réussite sur le marché mondial », grâce à plus de coopération et standardisation des voitures assistées par TIC (technologies d’information et de communication).

« Pour avancer sur les voitures connectées, nous avons besoin de coopérer sur la recherche afin de développer des normes mondiales », a déclaré Neelie Kroes, l’ancienne commissaire européenne au numérique.

La Commission européenne a annoncé qu’elle proposerait une loi en 2016 qui aurait un impact sur les voitures connectées.