La Roumanie va facturer les émissions frauduleuses à Volkswagen

Ambulances Volkswagen à Arad, Roumanie. [Wikimedia]

Grațiela Gavrilescu, la ministre roumaine de l’Environnement veut faire payer au constructeur automobile allemand le manque à gagner de taxes environnementales provoqué par son immense fraude aux émissions. 

L’État ne peut pas demander aux citoyens roumains, qui ont acheté des voitures Volkswagen de bonne foi, de payer le manque à gagner en taxes d’émissions de CO2, a commenté la ministre.

« Les Roumains n’auront pas à payer cette taxe additionnelle. Cette tâche reviendra à ceux qui ont trompé la bonne foi des propriétaires de voitures », a-t-elle insisté.

En Roumanie, les propriétaires de voiture paient une taxe environnementale à l’État en fonction des spécificités du véhicule. Le scandale Volkswagen, qui a éclaté lorsque l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) a découvert que le constructeur équipait ses voitures diesel d’un logiciel émettant de fausses données d’émissions, aura eu des conséquences directes sur le montant de la taxe payée par les propriétaires roumains. 

Si le nombre de voitures en Roumanie équipées du dispositif frauduleux n’est pas connu, en Europe ce sont huit millions de voitures ont été vendues avec ce logiciel.

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Grațiela Gavrilescu a rappelé qu’avant le 7 octobre, Volkswagen devait informer le gouvernement roumain des données des moteurs de voitures vendues dans le pays. Selon ces informations, les autorités calculeront la différence entre la taxe qui aurait dû être payée et celle qui a été payée.

Environ 105 000 voitures diesel, répondant aux normes Euro 5, sont enregistrfées en Roumanie. 56 000 d’entre elles ont été achetées neuves. Ces voitures sont des Seat, des Skoda, des Audi et des Volkswagen.

« Nous allons bientôt savoir si ces moteurs étaient aux normes européennes Euro 4. Peut-être aurons-nous la surprise de découvrir qu’ils étaient même Euro 3 », a déclaré la ministre.

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Interrogée sur des rapports qui indiquent que le montant total pourrait atteindre 1 milliard d’euros, Grațiela Gavrilescu a répondu que quel que soit le montant, la Roumanie demanderait à Volkswagen de payer.

« Puisqu’il s’agit d’une fraude, et puisque nous sommes obligés de défendre les droits des propriétaires de voitures et de l’État roumain, nous agirons ainsi », a expliqué Grațiela Gavrilescu.

Aux États-Unis, où le scandale a éclaté, le constructeur automobile pourrait donc faire face à une pénalité de 37 500 dollars par voiture pour violation de la loi sur l’air propre (Clean Air Act), ce qui porterait l’amende encourue par Volkswagen à 18 milliards d’euros.