EurActiv.fr

Actualités & débats européens dans votre langue

24/01/2017

Le scandale Volkswagen interroge sur le futur encadrement des émissions des transports

Transport

Le scandale Volkswagen interroge sur le futur encadrement des émissions des transports

Véhicule VW de la police. Écosse, 2013.

[Ray Foster/Flickr]

Une semaine après le scandale Volkswagen, le Forum européen du transport ouvre ses portes le 29 septembre. La question de la réduction des émissions des véhicules devrait être au centre des débats. 

Volkswagen, le deuxième plus important constructeur automobile au monde, a confirmé avoir faussé ses tests sur les émissions de CO2 de ses véhicules aux États-Unis. Ce scandale a remis sous les feux de la rampe l’impact des émissions des voitures sur la santé et l’environnement.

Certains États membres de l’UE, comme le Royaume-Uni, ont lancé, ou pourraient lancer, des enquêtes sur l’entreprise. Au niveau européen, ces révélations coïncident avec la révision du livre blanc sur les transports de 2011 au sein de la Commission européenne, et interviennet deux mois avant la Conférence de l’ONU sur le climat.

>> Lire : Sapin défend une enquête européenne après le scandale Volkswagen

Verdissement

En Europe, les transports génèrent un quart des émissions de CO2, selon l’Agence européenne pour l’environnement. Le secteur est donc le deuxième plus gros pollueur du continent, après la génération d’électricité, et les voitures sont la première source d’émissions.

Le verdissement du secteur des transports fait d’ailleurs partie du projet d’union de l’énergie de la Commission, sans pour autant être visé de mesures précises.

En 2016, l’exécutif européen devrait lancer une campagne de communication sur les moyens de réduire les émissions de CO2. Il n’est pas impossible que la Commission en profite pour fixer des objectifs de réduction des émissions des véhicules d’ici 2025.

Cette semaine, le forum européen du transport réunira eurodéputés, personnalités politiques et dirigeants d’entreprises à Bruxelles. Si l’objectif du forum est d’assurer un système de transport fiable et sûr pour l’Europe, vu le timing du scandale Volkswagen, les émissions de CO2 devraient être sur toutes les lèvres.

>> Lire : Désaccords en vue sur la réduction des émissions de CO2 des voitures européennes

Les normes d’émissions actuelles sont en effet obsolètes. Nos connaissances actuelles en ce qui concerne les conséquences de la pollution de l’air, et particulièrement des oxydes d’azote, sur la santé humaine, montrent que toutes les substances dangereuses sont loin d’être couvertes par les normes européennes.

Les émissions de méthane, par exemple, ne sont pas réglementées, alors qu’il s’agit d’un gaz à effet de serre 23 fois plus puissant que le CO2.

Les émissions des poids lourds

Les voitures ne sont cependant pas le seul moyen de transport qui émet beaucoup de CO2. Les camions devraient ainsi rivaliser avec les voitures en termes d’émissions de CO2 d’ici 2030, selon l’ONG Transport & Environment. Les camions et les bus devraient ainsi émettre 41 % des émissions de carbone du secteur des transports d’ici 2030, et talonneraient donc les 47 % des voitures, ciblées par des objectifs spécifiques.

Les camions et les bus ne représentent que 5 % des véhicules en activités, mais émettent déjà 30 % des émissions de CO2 du transport routier, selon une recherche de Transport & Environment, qui se fonde sur les chiffres de l’UE.

2030 est une date particulièrement pertinente, puisqu’en octobre 2014, les dirigeants européens ont accepté de réduire d’au moins 40 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030.

Cet engagement définit d’ailleurs la position de l’UE pour les négociations sur le climat à l’ONU, lors de la COP 21, qui a pour objectif de limiter le réchauffement climatique à 2 degrés de plus que son niveau préindustriel.

Au mois de juin, le Royaume-Uni, la Belgique, les Pays-Bas et la Slovénie ont signalé à l’exécutif européen que son objectif ne serait pas atteint si les émissions des camions n’étaient pas limitées. Ils ont été rejoints, en août, par l’agence fédérale pour l’environnement allemande.

>> Lire : Le transport apparait comme le plus gros défi climatique de l’Europe

« Des normes [d’émissions] de CO2 pour 2025 pour les voitures, vans et camions constituent un élément obligatoire des efforts déployés par l’Europe pour atteindre ses objectifs climatiques pour 2030. Un objectif pour 2025 permettra aussi aux conducteurs de faire des économies, de créer de l’emploi et de réduire les importations de pétrole. Pour l’économie et l’environnement européen, c’est gagnant-gagnant », souligne un porte-parole de Transport & Environnement.

« L’objectif de 95 grammes par kilomètre pour 2021 ne sera pas réellement atteint à cause de manipulations lors des essais en laboratoire. Un objectif pour 2025 contribuerait à la réduction des émissions générale en encourageant l’élaboration de technologies vertes, comme les véhicules hybrides ou très légers. »

Aviation

Le transport routier n’est cependant pas le seul polluant du secteur. De fait, la réglementation des émissions de l’aviation et le trafic maritime internationaux est bien plus controversée et difficile à mettre en place.

À l’heure actuelle, les vols intra-UE sont couverts par le régime d’échange des droits d’émissions (ETS). À partir de l’année prochaine, l’ETS devrait entrer en vitesse de croisière et couvrir tous les vols partant d’Europe ou y arrivant. Cette mesure est extrêmement controversée dans le reste du monde.

L’UE attend un retour de l’industrie de l’aviation pour développer un mécanisme qui permettrait de réduire les émissions du secteur sans lui nuire. Toute mesure de réduction des émissions sera toutefois examinée de près, à présent que le scandale Volkswagen a remis en question la crédibilité de la mesure des émissions actuelles du secteur des transports dans son ensemble.

>> Lire : Les négociations pour réduire les émissions de l’aviation reprennent

Contexte

Les voitures particulières sont responsables d'environ 12 % des émissions de dioxyde de carbone (CO2) dans l'UE. Le CO2 est le principal gaz à effet de serre.

En 2007, l'UE a proposé une réglementation fixant des normes d'émissions pour les nouvelles voitures. Elle a été adoptée en 2009 par le Parlement européen et le Conseil.

Conformément à la réglementation actuelle sur les voitures, les nouvelles voitures doivent atteindre la moyenne du parc de 130 grammes de CO2 par kilomètres (g/km) d'ici 2015. Cet objectif diminue progressivement à partir de 2012.

>> Lire notre LinksDossier : Automobiles & CO2

Des propositions publiées en 2012 ont défini des objectifs supplémentaires de 95 g pour les nouvelles voitures particulières d'ici 2020 et 147 g/km pour les camionnettes.

Prochaines étapes

  • 20 novembre 2014 : Conférence sur le changement climatique de l'ONU à Paris.

Plus d'information