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19/01/2017

Les Allemands sont les conducteurs les plus agressifs d’Europe

Transport

Les Allemands sont les conducteurs les plus agressifs d’Europe

93 % des conducteurs allemands reconnaissent qu'ils dépassent les limitations de vitesse

[Joel Schalit]

Non-respect des distances de sécurité, insultes à tout-va, nulle part ailleurs les conducteurs ne sont aussi nerveux qu’en Allemagne, révèle une récente étude. Toutefois, peu d’Allemands font la critique de leur comportement dangereux. Un article d’EurActiv Allemagne

Les Allemands sont les conducteurs les plus agressifs d’Europe, révèle une enquête réalisée par l’institut de sondage Ipsos.

Deux conducteurs sur trois (soit 67 %) admettent faire régulièrement des gestes obscènes, et avoir recours à de la violence verbale pour insulter les autres conducteurs.

À titre de comparaison, dans les pays européens voisins de l’Allemagne, ce sont 56 % des conducteurs qui adoptent un tel comportement.

Sortir de la voiture

Selon les résultats de l’enquête, les Allemands auraient tendance à talonner les autres véhicules. Plus d’un tiers (34 %) déclare volontairement coller les autres voitures, ou embêter les autres conducteurs, pour les intimider (moyenne UE : 32 %).

18 % vont même jusqu’à sortir de leur véhicule pour se disputer avec d’autres conducteurs (moyenne UE : 15 %).

93 % des conducteurs allemands reconnaissent qu’ils dépassent les limitations de vitesse. Ils sont 60 % à ne pas ralentir lorsqu’ils passent dans des zones de travaux et 59 % à ne pas mettre de clignotant lorsqu’ils changent de voie.

Concernant le respect du code de la route, les résultats de l’étude dépeignent cependant un tableau similaire dans d’autres pays européens.

Calme et prévenant

Toutes ces infractions ne font que peu réagir les conducteurs sur leur propre comportement, révèle l’étude Ipsos.

Au contraire, 97 % des conducteurs allemands se disent « attentifs », 81 % se disent « calmes » et au moins 57 % considèrent que leur conduite est « prévenante ».

Par ailleurs, d’un point de vue extérieur, les habitudes de conduite des Allemands ne sont pas perçues de manière négative. Interrogés à ce sujet, les Grecs, les Espagnols et les Polonais ont globalement répondu positivement.

Dans ces trois pays, les personnes interrogées pensent que les Allemands sont les conducteurs les plus prévenants d’Europe.

Grande ignorance des règles du code de la route.

Un autre sondage, récemment mené par Forsa, se concentre sur la connaissance des règles de circulation. Les réponses révèlent que les conducteurs allemands ignorent souvent le code de la route.

Parmi les 18-29 ans, 9 conducteurs masculins sur 10 (89 %) ont déclaré qu’ils ne connaissaient pas tout le code de la route. Parmi les 45-59 ans, seuls 8 % considèrent qu’ils connaissent toutes les règles.

Quant aux jeunes conductrices, elles disent beaucoup plus maitriser les règles de conduite. Plus d’un cinquième (22 %) des femmes interrogées, tous âges confondus, sont convaincues de bien connaitre le code de la route.

Contexte

La directive de 2011 visant à faciliter l'échange transfrontalier d'informations concernant les infractions en matière de sécurité routière a été adoptée après trois ans de négociations.

Elle a pour objectif de garantir un haut niveau de protection pour tous les usagers de la route dans l'UE et prévoit l'application cohérente de sanctions même quand les infractions sont commises dans un autre État membre que celui où le véhicule a été immatriculé.

La proposition de la Commission avait pour base juridique la compétence de l'Union en matière de sécurité des transports. Le Conseil et le Parlement ont adopté la directive, en retenant toutefois comme base juridique la compétence de l'Union dans le domaine de la coopération policière.

Considérant la base juridique erronée, la Commission européenne a introduit un recours en annulation devant la Cour de justice de l'Union européenne. Dans son arrêt du 6 mai 2014 (cas-43/12), la Cour a annulé la directive, concluant qu'elle aurait dû être adoptée sur la base juridique de la sécurité des transports (Article 91(1) du TFUE), mais a maintenu les effets de la directive pendant un maximum de 12 mois jusqu'à l'entrée en vigueur d'une nouvelle loi.