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29/09/2016

Les voitures diesel, une catastrophe écologique pour l’UE

Transport

Les voitures diesel, une catastrophe écologique pour l’UE

Congestion charges are an effective, if sometimes unpopular way to improve city air quality.

[David Bolton/Flickr]

Neuf nouveaux véhicules diesel sur dix dépassent les limites de pollution fixées par l’UE quand ils sont testés sur les routes et non pas sur des pistes d’essai.  

En moyenne, les voitures au diesel émettent sept fois le niveau d’oxydes d’azote (NOx) autorisé, et les plus polluantes produisent 22 fois la limite légale. Aucun des modèles des grands constructeurs ne respectent la limite européenne lorsqu’ils sont testés dans des conditions réelles, selon un nouveau rapport de l’ONG Transport et Environnement.

Depuis le 1er septembre, les nouvelles voitures diesel dans l’UE doivent être conformes aux règles d’émissions appelées « Euro 6 ». Toutefois, les constructeurs d’automobile peuvent utiliser toute une série de techniques pour s’assurer que leurs voitures fonctionnent beaucoup mieux dans des conditions de tests que sur la route avec de vrais conducteurs.

Enlever des composants de la voiture pour réduire son poids, utiliser des lubrifiants spéciaux, gonfler excessivement les pneus ou réaliser les essais sur des pistes très lisses font partie des techniques utilisées. Les mêmes techniques sont utilisées pour améliorer le rendement énergétique des véhicules.

Le rapport, réalisé par le groupe Transport & Environnement (T&E), compile des données récentes pour montrer que lorsque les véhicules diesel sont testés dans des conditions de conduite normales, ils émettent trop d’oxydes d’azote. Les gaz NOx et autres polluants émis par les voitures seraient à l’origine d’un demi-million de morts prématurées chaque année dans l’UE.

Moteurs moins polluants aux États-Unis

Le rapport de T&E révèle aussi que les fabricants de moteurs vendent souvent des modèles moins polluants de la même voiture aux États-Unis, où les règles liées aux émissions sont plus strictes. Cela est rendu possible par l’intégration de dispositifs qui capturent la pollution et qui coutent quelques centaines d’euros.

« Toutes les voitures diesel devraient maintenant être propres, mais seulement une sur dix l’est vraiment », a déclaré Greg Archer, responsable des véhicules propres chez T&E. « Elles sont la première cause de la crise de la pollution de l’air qui perturbe les villes. Les constructeurs automobiles vendent des voitures diesel propres aux États-Unis et les tests devraient les encourager à vendre les mêmes modèles en Europe.

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En avril, la Cour suprême du Royaume-Uni a ordonné au gouvernement de s’attaquer à la pollution de l’air en Grande-Bretagne, qui se situe au-delà des limites européennes depuis des années. Les propositions des ministres, présentées le 12 septembre, prévoient d’améliorer les transports publics et de créer des zones à faibles émissions dans un grand nombre de villes, peut-être en suivant l’exemple du centre de Londres, où la plupart des conducteurs de diesel devront payer une taxe de 17 euros par jour pour entrer dans la ville, à partir de 2020.

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Par ailleurs, un nouveau test sur route devrait être mis en place pour mesurer les émissions réelles des voitures diesel, mais il ne s’appliquera pas à toutes les nouvelles voitures européennes avant 2018, au plus tôt. Pour les constructeurs automobiles, les tests sur route devraient être repoussés jusqu’en 2020.

« Nous ne choisissons pas l’air que nous respirons, donc nous devons arrêter de polluer l’air de nos villes avec nos voitures », conclut le rapport de Transport & Environnement.  « La technologie pour rendre les pots d’échappement des voitures « propres » est disponible et ne coute que quelques centaines d’euros. Ce n’est pas cher comparé aux mille milliards dépensés chaque année dans les soins de santé ou dans la perte de productivité. Les voitures à moteur diesel doivent cesser de polluer notre air et ne plus pouvoir accéder à nos villes ».

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