Lufthansa et British Airways sont les compagnies aériennes les plus polluantes

British Airways est la compagnie aérienne la plus polluante sur l'axe transatlantique. [Aero Icarus/Flickr]

À moins de deux semaines de la COP 21, l’ONG qui a révélé le scandale de Volkswagen publie un rapport qui compare 20 compagnies aériennes selon leur performance énergétique. 

Sur les vingt compagnies aériennes voyageant entre l’Europe et l’Amérique du Nord, British Airways est celle qui consomme le plus de carburant et qui émet le plus de CO2, ont indiqué le 17 novembre les chercheurs qui ont révélé le scandale Volkswagen.

Lufthansa, champion de l’industrie allemande, tout comme Volkswagen, est aussi critiquée par le rapport de l’ONG ICCT (Conseil international pour les transports propres), qui compare la consommation de carburant des vols long-courrier en 2014.

Plus les avions consomment de carburant, plus la quantité de CO2 émis dans l’atmosphère est importante, ce qui ne fait qu’accentuer le réchauffement de la planète.

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Norwegian Air Shuttle est la compagnie aérienne qui fait le plus d’économie de carburant. Avec un litre de carburant, elle permet à 40 passagers d’effectuer un kilomètre. British Airways est deux fois plus énergivore que cette dernière. En effet, avec un litre de carburant, elle transporte 27 passagers sur un kilomètre.

« British Airways est la plus grosse émettrice de carbone sur l’axe transatlantique », a affirmé Andrew Murphy, chargé des politiques de l’aviation chez Transport & Environment.

Lufthansa et Scandinavian Airlines (SAS) précèdent la compagnie britannique dans les fonds du classement avec 28 passagers transportés. À elles trois, ces compagnies aériennes sont responsables d’un cinquième des sièges disponibles sur l’axe transatlantique.

Le rapport montre que le transporteur américain Delta Air Lines, qui possède la plus grande part de marché, et Icelandair, se situent dans la moyenne.

EURACTIV a contacté British Airways et Lufthansa, mais aucune des deux sociétés n’a répondu.

Le rapport de l’ICCT révèle que lors d’un vol direct entre l’Europe et l’Amérique du Nord, une tonne de CO2 est émise par passager, soit l’équivalent des émissions d’une Toyota Prius qui parcoure 35 kilomètres par jour pendant un an.

Les sièges en première classe et classe business représente 14 % des kilomètres parcourus sur des liaisons transatlantiques but sont responsables d’un tiers des émissions de carbone total. 

« Il est surprenant de constater une telle différence dans la consommation de carburant des vols long-courrier au-dessus de l’Atlantique. La compagnie aérienne avec lequel vous volez, et l’avion avec lequel ils choisissent d’opérer le vol importent vraiment si vous vous souciez du changement climatique », a déclaré Dan Rutherford, coauteur du rapport.

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« Le rapport insiste sur le besoin de politiques pour réduire les émissions de carbone dans le domaine de l’aviation internationale, à savoir la tarification du carbone et les normes d’efficacité des avions », explique-t-il.

Pour classer les compagnies aériennes, l’ICCT a combiné des données commerciales et publiques avec des modèles de consommation du carburant.

Si l’aviation mondiale était un pays, il serait classé 21ème en termes de PIB, mais 7ème en termes d’émissions de CO2, juste derrière l’Allemagne et loin devant la Corée du Sud. Dans le monde, les avions ont émis environ 700 millions de tonnes de CO2 en 2013.

Si les responsables politiques n’interviennent pas, ces émissions devraient tripler d’ici à 2050, explique l’ICCT.

COP 21

Alors que les dirigeants mondiaux sont sur le point de se rencontrer à Paris à partir du 30 novembre pour la Conférence de l’ONU sur le changement climatique (COP 21), réduire les émissions est la priorité politique.

La COP 21 aura pour objectif de conclure un accord mondial pour limiter le réchauffement climatique à deux degrés au-dessus des niveaux préindustriels. Les délégués de la COP 21 se réuniront à l’aéroport du Bourget à Paris pour discuter de la manière d’intégrer les émissions de gaz à effet de serre issues de l’aviation internationale dans le cadre de la protection mondiale du climat.

« Si l’on ne peut pas obtenir des compagnies aériennes survolant la route la plus utilisée au monde qu’elles réduisent leur consommation de carburant, alors que pouvons-nous attendre ailleurs dans le monde ? », a déclaré Andrew Murphy. « Une intervention sur les marchés est nécessaire si l’aviation accepte de jouer son rôle dans la limitation du réchauffement climatique en-dessous des deux degrés », a-t-il estimé.

Contexte

L’industrie mondiale du transport aérien souhaite parvenir à une croissance neutre en carbone d’ici à 2020. Un objectif ambitieux étant donné la hausse constante des voyageurs malgré les chocs économique et politique dans le monde entier.

Dans l’ensemble, le secteur du transport représente 23 % des émissions de gaz à effet de serre et ce pourcentage augmente malgré les gains d’efficience, rapporte le Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).

Le Groupe d’action sur le transport aérien à Genève estime que cette industrie produit environ 2 % de toutes les émissions de dioxyde de carbone et représente 12 % des émissions de tout le secteur du transport.

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Les responsables d’Airbus estiment que l’industrie a réduit les émissions d’au moins 25 % depuis 2000 et prévoit davantage d’améliorations dans la limitation du carbone. Le remplacement de plus de 13 000 avions obsolètes et énergivores dans les 20 prochaines années devrait aussi jouer un rôle important. 

Prochaines étapes

  • 30 novembre : COP 21