EurActiv.fr

Actualités & débats européens dans votre langue

28/09/2016

Pourquoi l’Arabie saoudite mise sur Uber

Transport

Pourquoi l’Arabie saoudite mise sur Uber

Uber est présent dans 5 villes d'Arabie saoudite.

Le fonds souverain de Riad a annoncé un investissement à hauteur de 3,5 milliards de dollars dans le service américain Uber. Un article de notre partenaire la Tribune.

Mohamed Ben Salmane, 30 ans, vice-prince héritier, s’est donné pour mission de transformer le modèle économique de l’Arabie saoudite qui tire la quasi-totalité de ses revenus de la manne pétrolière. Certes, même avec la chute des prix, la production de brut est toujours rentable pour les Saoudiens, mais Riad a conscience que son niveau de production est amené à décroître dans les années à venir. « Nous sommes en train de changer de paradigme, et avec le développement des énergies renouvelables dans le futur, l’Arabie saoudite sait qu’elle ne pourrait pas éternellement produire autant de pétrole », résume Jean-Pierre Favenec, spécialiste de l’énergie, ancien directeur du Centre Economie et Gestion de l’IFP School.

Diversifier les investissements

Fin avril, celui que l’on surnomme MBS a présenté Vision 2030, un vaste programme pour sortir l’Arabie saoudite de sa dépendance à l’or noir. Pour concrétiser ses ambitions, il s’est entouré d’une équipe choisie « plutôt sur la base du mérite qu’en fonction de considérations politiques », rappelle le Financial Times.

Parmi les architectes du projet, Yasir Al Rumayyan, banquier d’investissement, diplômé d’Harvard et ex-CEO de Saudi Fransi Capital, a été débauché en février 2015, puis missionné par le vice-prince héritier pour donner un nouveau souffle au fonds d’investissement public, le Public Investment Found (PIF). À l’origine, ce fonds, créé en 2008, était destiné à l’économie locale du Royaume. Il ambitionne désormais d’atteindre 2.000 milliards de dollars dans 20 ans (contre 80 milliards de dollars actuellement) et d’élargir son périmètre d’investissement. Le but : obtenir des rendements élevés dans des secteurs porteurs pour se défaire peu à peu des pétrodollars.

Un moyen de maintenir les traditions

En misant sur Uber – Riad prend 5 % de la valeur de la société américaine-, l’Arabie saoudite marque son premier point dans sa recherche de diversification, et apporte à la société américaine son plus gros montant jamais levé. Yasir Al Rumayyan va intégrer le conseil d’administration de la startup désormais valorisée 62,5 milliards de dollars. Il avance qu’il s’agit d’un « important investissement stratégique ». Et pour cause, l’Arabie saoudite est un marché rentable. En juillet 2015, Courrier International rapportait que l’application Uber, disponible depuis 2013 sur ce marché, faisait un tabac dans le Royaume…

logo_tribune_petit.jpg

Plus d'information