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06/12/2016

Westminster mise 1 milliard d’euros sur les véhicules propres

Transport

Westminster mise 1 milliard d’euros sur les véhicules propres

Morgan, un constructeur automobile connu pour son utilisation du bois, devrait bénéficier de cette nouvelle manne.

[Dave Catchpole./Flickr]

Le gouvernement britannique poursuit son ambition de voir le pays devenir la référence en matière de véhicules propres avec un plan d’un milliard d’euros d’aide au secteur. Un article de notre partenaire Edie.

Le ministère britannique du Commerce, de l’Innovation et des Compétences (BIS) a annoncé avoir dédié 98,7 millions d’euros au financement de cinq nouvelles technologies automobiles à faible émission ou énergiquement efficaces, afin de promouvoir l’emploi et la croissance.

Le secrétaire d’État au Commerce, à l’Innovation et aux Compétences, Sajid Javid, a annoncé la semaine dernière que les cinq projets sélectionnés, qui vont des vans et taxis zéro émission aux voitures de sport propres, permettront de créer et de protéger 851 emplois et de réduire les émissions de carbone de plus de 4,2 millions de tonnes de CO2.

« Ces nouveaux projets cimenteront la position du Royaume-Uni en tant que centre mondial de l’innovation et de la construction à faible émission », s’est félicité Sajid Javid.  « Notre industrie automobile est diverse et croît rapidement. L’exportation de véhicules de haute technologie dans le monde entier lui a particulièrement réussi et notre pari sur l’innovation assurera la continuité de ce processus et permettra de créer encore plus d’emplois qualifiés. »

Les cinq heureux élus qui recevront des financements sont les suivants :

  • un projet de création de véhicules zéro émission de la corporation des taxis londoniens, à hauteur de 61,2 millions d’euros ;
  • une initiative de développement de voitures de sport électriques et hybrides, pour 7,8 millions d’euros ;
  • un programme de production de batteries, par un consortium comprenant AGM Batteries, à hauteur de 5,9 millions ;
  • deux projets d’un consortium dominé par l’entreprise d’ingénierie Parker Hannifin, qui a reçu un premier don de 3,8 millions pour réduire l’empreinte carbone des chariots élévateurs électriques, ainsi qu’un deuxième financement de 17,2 millions pour un projet de recherche mené par Jaguar Land Rover et censé renforcer la chaîne d’approvisionnement de turbocompresseurs au Royaume-Uni.

Les financements proviennent de l’Advanced Propulsion Centre, un partenariat entre Westminster et l’industrie automobile qui existe depuis dix ans et pèse plus d’un milliard d’euros.

« Cette annonce montre l’engagement du gouvernement, qui soutient l’écosystème novateur des systèmes à propulsion avancés à faible émission du pays », estime Jon Beasley, le directeur de ce centre. « Le co-investissement dans les progrès technologiques indique que le Royaume-Uni est déterminé à s’établir comme un centre mondial de promotion et de développement des systèmes de propulsion à faible émission. »

Propulsion alternative

L’année dernière a encore été fructueuse pour le secteur des véhicules électriques en Grande-Bretagne. Selon la société des constructeurs et commerçants de moteurs (SMMT), les ventes de véhicules à propulsion alternative ont augmenté de 40 % l’an dernier dans le pays. Ils atteignent donc un record de 2,8 % des parts du marché.

La semaine dernière, le principal développeur commercial de véhicules à propulsion alternative, Nissan, avait annoncé que 5 236 LEAF, le modèle 100 % électrique du constructeur japonais, avaient été immatriculées au Royaume-Uni en 2015. Ce chiffre représente une augmentation de 30 % par rapport à l’année précédente.

La LEAF, un modèle construit au Royaume-Uni, est donc le modèle à propulsion 100 % alternative le mieux vendu dans le pays depuis quatre ans et double tous les autres modèles similaires, selon Nissan.

>> Lire : Les voitures hybrides font de nouveaux adeptes en Europe

Un engagement renforcé

Le gouvernement avait déclaré qu’il subventionnerait le secteur à hauteur de 7,9 millions d’euros dans les cinq années à venir. Ce soutien comprend notamment les aides à l’achat annoncées le mois dernier pour les voitures électriques et autres voitures à faible émission. Ces aides seront valables deux ans.

Afin de suivre l’apparition de véhicules à propulsion alternative sur les routes du pays, l’aéroport de Heathrow, à Londres, a également décidé de passer à l’électricité et prévu 2,6 millions d’euros pour l’installation de plus de 135 bornes de charge pour véhicules électriques.

La commission des industries environnementales a cependant averti qu’il existait des moyens cinq fois moins chers de faire baisser la pollution de l’air.

>> Lire aussi : Les routes électriques pourraient révolutionner le transport

Contexte

Les voitures électriques offrent la possibilité de remplacer le pétrole par une grande variété de sources d'énergie.

La généralisation de leur utilisation permettrait donc d'assurer la sécurité des approvisionnements énergétiques et l'utilisation de sources d'énergie propre et sans émissions de carbone dans le secteur des transports, ce qui pourrait aider l'Union européenne à atteindre ses objectifs de réductions des émissions de CO2.

Selon le programme de recherche de l'UE Horizon 2020, l'électrification des transports (electromobility) est une priorité de l'Union, même si certaines organisations ont averti qu'il existait des moyens cinq fois moins chers de réduire les niveaux de pollution de l'air.

L'UE soutient également une initiative paneuropéenne d'électromobilité, Green eMotion, qui pèse près de 42 millions d'euros. Pour ce projet, l'UE s'est associée à 42 partenaires de l'industrie, municipalités, universités, fabricants de voitures électriques et institutions de recherche et de technologie.

L'Union énergétique est l'un des volets de la réaction européenne face à sa dépendance énergétique et aux menaces qui pèsent sur son approvisionnement.