Angela Merkel rencontre le front anti-Juncker

  
Jean-Claude Juncker [dpa]
Jean-Claude Juncker [DPA]

La chancelière allemande, Angela Merkel, a rencontré à Stockholm les dirigeants européens opposés à la candidature de Jean-Claude Juncker à la présidence de la Commission, le premier ministre britannique et ses homologues néerlandais et suédois.

Le débat sur le successeur de José Manuel Barroso est l'un des sujets les plus épineux de ces dernières années dans la sphère européenne. Si Jean-Claude Juncker devient le prochain président de l'exécutif européen, la Grande-Bretagne risque de se rapprocher de la sortie de l'UE.

David Cameron estime en effet que le candidat tête de liste du Parti populaire européen (PPE) est un fédéraliste dépassé qui n'a pas toutes les compétences requises pour restructurer la Commission.

Même si le PPE est le premier parti au Parlement avec 221 sièges sur 751, il a encore du pain sur la planche pour trouver une majorité au sein des États membres.

Il revient maintenant aux chefs des États européens à désigner une personne pour cette haute fonction européenne en « tenant compte » des résultats des élections.

La semaine dernière, en marge du sommet G7 à Bruxelles, personne ne bénéficiait d’un soutien clair, l'ancien premier ministre luxembourgeois non plus. Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE devront cependant trouver rapidement un compromis. En effet, les dirigeants de 28 États membres se retrouveront les 26 et 27 juin lors d'un sommet à Bruxelles pour se mettre d'accord sur une proposition de nom. 

Les priorités de la Commission avant tout

À la suite des négociations avec Angela Merkel, le président Hollande et les premiers ministres britannique et italien ont déclaré que la définition des priorités de la prochaine Commission constituait la priorité et que la désignation du candidat suivrait.

« Aucun candidat n'a obtenu une majorité. Or il s’agit c'est une étape très importante, c'est la raison pour laquelle nous devons trouver un terrain d'entente », a-t-il déclaré. Aucun pays ne peut prendre une décision de manière unilatérale a ajouté Matteo Renzi, ce qui laisse la porte ouverte à l'opposition contre Jean-Claude Juncker.

La veille de cette rencontre de deux jours à Stockholm, le premier ministre suédois, Fredrik Reinfeldt, a remis en doute la crédibilité du processus visant à trouver une haute fonction européenne.

« La Suède et moi-même avons mis en question le processus en soi », a-t-il expliqué lors d'un entretien au Financial Times.

« Nous ne soutenons pas cette idée, car cela empêche d'autres candidats de se présenter et exclut bon nombre de présidents potentiels de la Commission. Nous devrions nous soucier de l'équilibre entre les différentes institutions. »

Christine Lagarde « flattée »

Selon le journal britannique, le premier ministre suédois pourrait être un candidat de compromis pour la haute fonction européenne. Il a toutefois déclaré que sa seule priorité était les élections nationales prévues le 14 septembre. Son parti de centre-droit devrait par ailleurs subir une défaite, prédisent les sondages.

Christine Lagarde, la présidente du Fonds monétaire international et autre « candidat-surprise », a déclaré le 8 juin qu'elle était « flattée et honorée » de voir que la Grande-Bretagne la considérait comme une présidente de la Commission. Elle a toutefois répété sa détermination à achever son mandat à Washington.

Une décision doit tomber avant la première session plénière du nouveau Parlement qui aura lieu début juillet. Les eurodéputés devraient se prononcer à cette occasion sur le choix de Conseil européen.

Prochaines étapes: 
  • 26 et 27 juin: sommet européen à Bruxelles
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Commentaires

Portrait de Jean-Paul

Les noms mis en avant sont absurdes. Fredrik Reinfeldt vient d'un pays qui n'est même pas membre de la zone Euro. Quant à C. Lagarde elle n'a strictement aucune vision de l'Europe ni aucune qualification économique. La seule compétence qu'on puisse lui reconnaître est de parler anglais mais ça ne suffit certainement pas. A Bercy comme à Washington elle se contente d'appliquer une politique qui lui est dictée par d'autres.
Il faut respecter le vote des Européens. Juncker n'est pas enthousiasmant mais c'est à lui que revient le poste.