Un candidat bulgare met en difficulté les libéraux européens

  
Delyan Peevski

Le candidat tête de liste des libéraux, Guy Verhofstadt, n'a pas réussi à éviter la nomination du controversé magnat Delyan Peevski sur les listes du parti bulgare MDL, pourtant membre du groupe des libéraux au Parlement européen.

Le Mouvement bulgare des droits et des libertés (MDL) a désigné en deuxième position sur sa liste des européennes, Delyan Peevski, un homme d'affaires particulièrement controversé à Sofia comme à Bruxelles. Âgé de 33 ans, ce dernier est député au Parlement bulgare au sein du MDL, qui représente la minorité turque en Bulgarie et qui est membre de l'ADLE, l'Alliance des Démocrates et des Libéraux pour l'Europe.

Une source du parti libéral européen a confié à EurActiv que Guy Verhofstadt aurait lui-même tenté de convaincre le MDL de ne pas provoquer la polémique en nommant Delyan Peevsky. L'ancien premier ministre belge, candidat du parti libéral à la présidence de la Commission, s'est adressé directement à Filiz Hyusmenova, eurodéputée bulgare au sein de l’ADLE et par téléphone à Lutfi Mestan, l'actuel chef du MDL.

Mais le message envoyé par le libéral belge ne semble pas avoir été entendu : Delyan Peevski est toujours présent sur la liste du parti libéral bulgare. Une place qui lui garantit avec certitudes de devenir parlementaire aux prochaines européennes. En effet, selon les sondages d'opinion, le MDL devrait obtenir 3 sièges sur les 17 attribués à la Bulgarie au sein du prochain Parlement européen. Filiz Hyusmenova est en tête de liste, le troisième candidat est l'actuel vice-ministre de la Défense, Nedjim Ali.

En juin dernier, le Parlement bulgare avait choisi Delyan Peevski pour prendre les rênes de l'Agence nationale de sécurité bulgare (DANS). Cette décision avait alors failli provoquer la chute du jeune gouvernement de coalition et mis dans l'embarras le chef du Parti socialiste bulgare (BSP), par ailleurs président du Parti socialiste européen (PSE).

Même si le vote du Parlement a été retoqué, les manifestations contre la nomination de Delyan Peevski et les appels en faveur de la démission du gouvernement se sont poursuivis.

En Bulgarie, Delyan Peevski est considéré comme l'incarnation de la corruption à l'origine de la paupérisation des Bulgares et de la mauvaise réputation du pays. Officiellement, il n'est à la tête d'aucune industrie, mais il est de notoriété publique qu'il contrôle des pans entiers de l'économie nationale et un groupe médiatique puissant, qui mène une guerre déloyale à ses opposants.

Selon certaines sources, Guy Verhofstadt a assuré que s'il était élu, Delyan Peevski ne se verrait attribuer aucun poste à responsabilité, comme la présidence d'une délégation ou d'une commission au sein du Parlement européen. Le Belge aurait ajouté que le Bulgare serait traité comme un député de seconde zone.

« S’il veut l’immunité parlementaire, c'est tout ce qu'il aura, mais il ne jouira d'aucun poste d'importance », a expliqué une source de l’ADLE à EurActiv.

Le groupe libéral a déjà connu une expérience difficile avec un autre eurodéputé, le millionnaire lituanien et ancien économiste Victor Uspaskich.  « Des eurodéputés, tels que Uspaskich ou Peevski, nous empêchent malheureusement de critiquer d'autres groupes politiques comptant dans leur rang des eurodéputés controversés », a conclu la même source.

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