Van Rompuy veut reculer la nomination du président de la Commission

  
Jean-Claude Juncker (left) and Herman Van Rompuy ahead of a EU Summit [President of the European Council/Flickr]
Jean-Claude Juncker (left) and Herman Van Rompuy. [President of the European Council/Flickr]

Dans une lettre envoyée aux dirigeants européens, Herman Van Rompuy juge que le Conseil ne sera pas en mesure de désigner un président de la Commission à sa prochaine réunion.

Les négociations pour désigner un nouveau président de la Commission pourraient traîner en longueur. Herman Van Rompuy, qui préside les réunions du Conseil européen, organisera la semaine prochaine le sommet européen, mardi 27 mai.

Il a envoyé une lettre d'invitation pour un dîner informel à Bruxelles aux 28 chefs d'État ou de gouvernement, dans laquelle il écrit :

« Quelques jours auparavant, les citoyens européens auront voté pour élire les membres du Parlement européen. Certains auront voté en faveur du projet européen en tant que tel ou contre celui-ci, mais d'autres, bien plus nombreux, se seront exprimés sur la manière dont ils veulent que notre Union soit conçue. Je souhaiterais que nous débattions des résultats des élections et que nous réfléchissions aux enseignements que nous pouvons en tirer.

« Il sera trop tôt pour décider des noms à proposer. Nous discuterons du processus qui conduira le Conseil européen à proposer au Parlement européen un candidat en vue de l'élection du futur président de la Commission, comme le prévoient le traité sur l'Union européenne et la déclaration nº11 annexée audit traité; nous évoquerons aussi la manière dont nous organiserons nos travaux au cours des prochaines semaines ».

Cliquez ici pour lire la lettre dans son intégralité

Ces derniers mois, les partis politiques européens mènent une campagne paneuropéenne afin de placer leur candidat tête de liste à la prochaine présidence de la Commission européenne.

Le candidat du groupe qui remporte le plus de sièges aux européennes devrait normalement occuper la présidence de la Commission européenne. Les présidents des groupes politiques se réunissent mardi matin 27 mai en vue de discuter des résultats.

Chaque candidat doit chercher une majorité au sein du nouveau du Parlement européen afin d'espérer être élu président de la Commission. Mais avant d'en arriver là, les États membres doivent également désigner ce candidat et il doit également s'assurer du soutien de son propre gouvernement en vue de prendre les rênes de la future Commission.

Un Conseil très récalcitrant

Cependant, les gouvernements nationaux n'ont montré que peu d'enthousiasme vis-à-vis de l'initiative prise par les partis. Le président du Conseil européen, le Belge Herman Van Rompuy s'est montré particulièrement réservé quant à cette innovation, et a fait connaître sa position à de nombreuses reprises dans le passé.

Les États membres pourraient en effet privilégier un « candidat-surprise » qui n'a pas fait campagne pour la présidence de la Commission. Le nom de Christine Lagarde, actuellement présidente du FMI, résonne dans les couloirs bruxellois ces dernières semaines pour ce poste. Mais d'autres noms « d'outsiders » sont également évoqués.

« Ils peuvent mettre la clé sous la porte du Parlement, si cela devait arriver », a déclaré le candidat libéral Guy Verhofstadt lors du débat présidentiel de la semaine dernière. Les deux candidats favoris, le social-démocrate allemand Martin Schulz et le Luxembourgeois de centre-droit Jean-Claude Juncker, ont assuré que le Parlement européen bloquerait toute candidature surprise avancée par les États membres.

En février, Herman Van Rompuy avait annoncé qu'il comptait réunir les dirigeants seulement deux jours après les élections européennes. Cette annonce met les partis politiques européens dans une situation scabreuse : s’ils veulent que leur initiative aboutisse, ils devraient trouver un accord dans les 48 heures après la fin des élections.

Le président du Conseil fait mention dans sa lettre que le processus pourrait prendre plusieurs semaines. Les partis et les États membres devront certainement engager des négociations pour trouver un compromis global pour la Commission, mais aussi pour les autres hautes fonctions au sein des institutions européennes.

La nomination officielle du Conseil est prévue lors du sommet prochain, le 26 et 27 juin, à Bruxelles. Si l'initiative des partis européens est entérinée, le Parlement devrait alors élire le prochain président de la Commission européenne lors de la deuxième session plénière qui aura lieu du 14 au 17 juillet prochains.

Mais de récentes discussions entre les partis politiques et les derniers propos tenus par Herman Van Rompuy laissent penser que le processus de négociation pourrait s'étendre tout au long de l'été.

Prochaines étapes: 
  •  22-25 mai :élections européennes dans les 28 États membres 
  •  27 mai : conférence des présidents du Parlement européen qui se rencontrent lors d'une session extraordinaire 
  •  27 mai : réunions des partis en amont de l'élection, en présence des chefs d'États et de gouvernements en vue de discuter des résultats des élections 
  •  27 mai : réunions des chefs d'État européens lors d'un sommet extraordinaire pour analyser les résultats des élections 
  •  26-27 juin : désignation du président de la Commission lors du sommet du Conseil européen 
  •  1-3 juillet : première session plénière du Parlement européen nouvellement constitué.Négociations informelles avec le Conseil de l'UE et éventuelles négociations bilatérales ou multilatérales avec des chefs d'État. 
  •  14-17 juillet : le Parlement vote en session plénière la nomination du président de la Commission désigné par le Conseil européen 
  •  1er novembre : date butoir pour l'entrée en fonction de la nouvelle Commission 
  •  Novembre : fin du mandat d'Herman Van Rompuy, président du Conseil européen
Liens externes: 
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Commentaires

Portrait de Lugdu

quel imbroglio ! et vous voulez que les citoyens s'intéressent aux élections ?? au travail de l'U.E. ?? c'est de l'inconscience !