Le marché du carbone va financer deux projets français d'énergie renouvelable

  
Fumerolles dans une zone géothermique (Credit: [Filip Fuxa]/Shutterstock)

Pour la première fois, la vente des quotas de carbone va permettre de financer des projets contre le changement climatique. Parmi les dix-neuf projets sélectionnés par la Commission, deux sont Français.

Pour ceux qui se demandaient à quoi sert le marché du carbone, c'est un début de réponse. La Commission européenne a annoncé mardi 8 juillet avoir sélectionné 19 projets dans 12 pays de l'UE, qui vont se répartir un milliard d'euros, provenant de la vente de quotas de carbone. Ces projets ont pour but de lutter contre le changement climatique.

Crée en 2005, le marché du carbone européen vise à plafonner les émissions de CO2 de 12000 sites industriels. Après avoir alloué les quotas gratuitement, les Etats ont été autorisés à mettre aux enchères une partie des quotas destinés aux entreprises. L'effondrement des prix du carbone en raison d'une surabondance de quotas a néanmoins incité la Commission à retirer des quotas du marché pour tenter de ranimer les prix-la tonne de CO2 flirte actuellement avec les 5 euros par tonne,  contre 30 euros en 2008. 

L'enveloppe s’inscrit dans le cadre du deuxième appel à projets du programme NER 300 qui vise à capturer et stocker le carbone en toute sécurité. Ces projets seront financés à la fois par la vente de quotas d'émission de carbone du système d'échange de quotas d'émission de l'Union européenne (UE) et les fonds non dépensés lors du premier appel à projet.

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Le programme NER 300 est financé grâce au produit de la vente de 300 millions de quotas d’émission provenant de la réserve destinée aux nouveaux entrants. Il se consacre au captage et le stockage de CO2 comme aux énergies renouvelables.  Ainsi « les pollueurs deviennent l'élément moteur du développement de nouvelles initiatives en faveur de la réduction des émissions de CO2 », a déclaré la Commission.

89 millions d’euros pour les projets français

La sélection des 19 projets s’est faite à la suite d'un processus de sélection rigoureux. De leur côté, les États membres ont réalisé un test d'admissibilité. Puis les demandes ont été soumises à la Banque européenne d'investissement qui a effectué une évaluation technique et financière approfondie des propositions de projets. En parallèle, la Commission européenne a effectué la vérification de l'éligibilité des propositions. La Commission européenne a adopté sa décision de financement, le 4 Juillet 2014, après avis favorable du comité des changements climatiques.

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Parmi les 19 projets sélectionnés, deux d’entre eux ont vu le jour dans l’hexagone. Le projet « Nemo » porté par l’entreprise Akuo Energy, qui produit de l’énergie renouvelable. L’objectif de ce projet est de capter l’énergie thermique des mers. Il bénéficiera alors d’une aide de 72 millions d’euros.

La Commission européenne a également décidé de retenir le projet franco-allemand « Geostras », de l’entreprise Fonroche et concerne la géothermie profonde. Le montant de l’aide attribuée pour ce projet s’élève à 17 millions d’euros. Il s’agit du premier projet transfrontière au titre de NER 300.

La production d’énergie renouvelable accrue

Les techniques concernées vont de l'énergie photovoltaïque au captage et stockage de carbone, en passant par, les réseaux intelligents, l'énergie océanique, l'énergie géothermique ou encore l'énergie solaire à concentration.

La commissaire européenne Connie Hedegaard en charge de l’action pour le climat s’est félicitée de cette annonce. « L'enveloppe de 1 milliard d'euros que nous octroyons aujourd'hui aura pour effet d'attirer quelque 900 millions d'euros supplémentaires au titre de l'investissement privé, ce qui portera à près de 2 milliards d'euros le montant des investissements dans les technologies respectueuses en Europe. ». Pour la commissaire, cela permettra également de diminuer la facture énergétique que l'Europe paie chaque jour pour ses importations de combustibles fossiles qui s’élève à plus de 1 milliard d'euros.

Selon la Commission européenne, les projets permettront d'accroître de près de huit térawattheures la production annuelle d'énergie renouvelable de l'UE, ce qui correspond à la consommation électrique annuelle de Chypre et Malte réunis.

Prochaines étapes: 

2015-2018 : Mise en oeuvre des projets individuels

Liens externes: 

Commission européenne

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