La lutte contre le chômage des jeunes patine en Europe

  

Malgré les chantiers lancés par Bruxelles sur le front de l’emploi des jeunes, la situation peine à s’améliorer. Les eurodéputés réclament plus de moyens financiers

Le constat d’impuissance de l’UE sur le front du chômage des jeunes ne semble plus loin. Malgré une rallonge de 6 milliards d’euros débloqués par l’Union européenne pour les régions les plus affectées, le chômage des moins de 25 ans ne baisse pas.

Cette rallonge budgétaire, baptisée initiative pour l’emploi des jeunes, devait permettre aux États membres de l’UE d’accélérer leurs politiques nationales de lutte contre le chômage des jeunes, qui atteint des sommets dans plusieurs pays depuis le début de la crise.

Une situation que les eurodéputés ont une nouvelle fois dénoncée, en adoptant le 17 juillet à une très large majorité (502 voix pour, 112 voix contre et 22 abstentions) une résolution réclamant un coup d’accélérateur de la part de la Commission et des États membres sur ce dossier.

Le chômage des jeunes ne baisse pas

« Cette résolution rappelle aux chefs d'État et à la Commission européenne que le budget et les mesures annoncées pour l'emploi des jeunes ne doivent pas rester de simples effets de communication au secours de majorités en difficulté », a réagi l’eurodéputé français Jérôme Lavrilleux (UMP).

Si le Parlement s’agace de la situation, c’est que le chômage des jeunes atteint en moyenne 23 % dans l'ensemble de l'UE, et dépasse le 50 % dans certains États membres comme l’Espagne ou la Grèce. Au total, 5,3 millions d'Européens âgés de moins de 25 ans sont sans emploi, relève la résolution.

Parmi les mesures réclamées par les eurodéputés figure la mise en place d’un cadre plus contraignant de la garantie pour la jeunesse, le programme européen en faveur de l’emploi des jeunes, incluant par exemple des normes communes minimales pour les formations et des salaires décents.

Mais c’est avant tout sur le front des financements que les parlementaires européens ont insisté, dénonçant le sous-financement de l’IEJ. « Les 6 milliards d'euros alloués à l'Initiative pour l'emploi des jeunes ne sont pas suffisants pour lutter contre le chômage des jeunes de manière durable » relèvent les eurodéputés.

Plus largement, ces derniers réclament une révision à la hausse des financements européens pour les programmes liés à l'emploi.

Mise en œuvre poussive

Mais la faiblesse des financements n’est pas le seul reproche adressé par les eurodéputés, qui demandent à la Commission européenne « d'accélérer la mise en place de l'Initiative pour l'emploi des jeunes et de publier, avant la fin de 2014, une communication sur sa mise en œuvre».

La mise en œuvre de l’IEJ reste en effet une gageure dans certains États membres. « 11 des 20 États membres éligibles ont officiellement remis leurs programmes opérationnels pour l’initiative pour l’emploi des jeunes. 7 États membres ne l’ont pas encore fait » a regretté le commissaire européen à l’emploi et aux affaires sociales, László Andor, lors d’un discours au Parlement européen le 16 juillet.

« Nous ne pouvons pas nous permettre de retarder la mise en œuvre d'une initiative si cruciale », a martelé le commissaire.

En effet, seuls deux pays ont pour l’heure reçu la validation de Bruxelles afin de recevoir une partie des fonds de l’IEJ.

La France,  premier  État membre à avoir reçu l’aval de la Commission européenne après validation de sa stratégie nationale début juin a été suivie par l’Italie, qui a vu son programme validé le 11 juillet. Le pays dirigé par Matteo Renzi est d’ailleurs le deuxième plus grand bénéficiaire des fonds de l’Initiative pour l’emploi des jeunes (plus de 530 millions d’euros)

Le mécontentement sur le front du chômage des jeunes est également partagé par les États membres.  Lors du Conseil européen des 26 et 27 juin, la chancelière allemande Angela Merkel a publiquement regretté le manque d’efficacité du dispositif européen de lutte contre le chômage des jeunes.

 « Je dis juste que les résultats sont tels qu'il est nécessaire de changer [le système] », a reconnu la chancelière, visant la mise en œuvre de l’initiative pour l'emploi des jeunes.

« Devant l'urgence et l'ampleur de la lutte contre le chômage des jeunes en Europe et en France, on ne peut que partager la frustration allemande de ne pas voir commencer davantage de projets d'aide à l'insertion professionnelle des jeunes dans tous les États membres éligibles au dispositif » regrette-t-on également du côté du ministère du Travail

Priorité du prochain mandat

Le nouveau président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a immédiatement mis l’accent sur la lutte contre le chômage dans les orientations politiques de la prochaine Commission, présentée aux eurodéputés.

« Le bon endettement, c'est un investissement massif dans la formation et dans les emplois d'avenir. C'est notre meilleure arme pour lutter contre le chômage des jeunes. C'est l'un des engagements pris par Jean-Claude Juncker, nouveau président de la Commission européenne, dans son discours devant le Parlement européen » a rappelé Karima Delli, eurodéputée française écologiste.  

Le Luxembourgeois a en effet prévu de présenter « dans les trois premiers mois de [son] mandat de […] un programme ambitieux en faveur de l'emploi, de la croissance et de l'investissement », d’affecter plus de ressources « à des projets susceptibles d'aider les jeunes à retrouver des emplois décents » et enfin accélérer et élargir la garantie pour la jeunesse. 

Liens externes: 

Commission européenne

Initiative pour l'emploi des jeunes

 

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