Les élections américaines très serrées rendent les expatriés « nerveux »

  

Quelques jours avant les élections américaines, les expatriés américains en Europe sont de plus en plus nerveux quant à la course au coude à coude entre Barack Obama, le président sortant grandement privilégié de ce côté de l’Atlantique, et son rival républicain, Mitt Romney.

 

« Les Américains en Allemagne s'enthousiasment vraiment des élections de cette année, mais ils sont aussi nerveux », a déclaré Nancy Green, une chanteuse d'opéra qui préside Democrats Abroad à Berlin.

 

Alors que la campagne touche à sa fin et que les Américains se rendront aux urnes le 6 novembre, les expatriés de Bruxelles sont également confrontés à des incertitudes. La tempête qui frappe la côte Est, le rapport sur le chômage qui sera publié vendredi et la campagne-choc de Mitt Romney prévue depuis longtemps pourraient influencer les résultats de façon imprévisible.

 

« Je pense que les opinions se sont déjà forgées », a déclaré Michael Kulbickas, président de Republicans Abroad en Belgique.

 

Les derniers sondages n'indiquent pourtant pas une différence flagrante. La moyenne mobile des principaux sondages réalisée par Real Clear Politics donnait, à partir d'hier (29 octobre), Mitt Romney gagnant face à Barack Obama avec respectivement 47,7 % contre 46,7 %.

 

D'après le modèle statistique de The Huffington Post qui regroupe des sondages menés au niveau local et au niveau des États, Mitt Romney récolterait 0,2 % de plus, à savoir 47,2 % contre 47 %.

 

Les Américains à l'étranger ont envoyé leurs bulletins de vote d'électeurs absents en pensant qu'ils pourraient faire la différence dans ces élections.

 

Les républicains et les démocrates tentent de séduire les expatriés depuis 1988. À cette époque, les bulletins de vote des électeurs absents ont inversé le résultat de la course au Sénat en Floride, permettant au républicain Connie Mack de l'emporter sur le démocrate Buddy MacKay, qui était en tête à la fermeture des bureaux de vote. Dans cette course au coude à coude, le vote des expatriés est devenu plus important que jamais.

 

Les citoyens américains qui désirent voter doivent s'inscrire à l'avance dans un État qui dispose de ses propres règles et échéances. Avec quelque 6,3 millions d'Américains vivant à l'étranger, dont 1,6 million en Europe, le vote transatlantique pourrait avoir des conséquences dans les États charnières principaux tels que l'Ohio, la Floride et la Virginie. Cette année, 207,6 millions des 303,8 millions d'Américains se sont inscrits pour voter, selon des données du gouvernement.

 

Barack Obama est le favori en Europe

 

Un sondage récent de German Marshall Fund a indiqué que, si les Européens pouvaient voter, une grande majorité (75 %) voterait pour le candidat démocrate. Seuls 8 % des personnes interrogées ont déclaré qu'elles voteraient pour Mitt Romney.

 

« Les gens ne connaissent pas M. Romney ici, M. Obama est très populaire » a affirmé M. Kulbickas, soulignant que la victoire de M. Romney constituerait un choc pour la plupart des Européens.

 

Tom McGrath, un banquier responsable de Republicans Abroad en France, a expliqué à l'agence de presse Reuters que les Américains subissaient une grave récession et que Barack Obama pourrait en être tenu pour responsable.

 

« Les Français que je connais ne peuvent vraiment pas s'imaginer que M. Obama pourrait perdre », a-t-il déclaré. « Ils ne considèrent pas Mitt Romney comme un concurrent sérieux. Ils ne peuvent pas concevoir que les Américains congédient Barack Obama. Ce qu'ils ne comprennent pas, c'est que les Américains n'ont pas vécu ce type de situation économique depuis les années 1930. »

 

M. Kulbickas a affirmé que les Européens ne comprenaient pas le conservatisme américain : « Ils ont une vision caricaturiste des partis politiques. Ils pensent qu'ils sont constitués d'un groupe d'hommes politiques religieux, mais il s'agit d'un portrait inexact. »

 

En Grande-Bretagne, pays de résidence d’environ 400 000 d'Américains, certains d'entre eux ont admis que l'humeur était maussade et qu'ils étaient moins passionnés par Barack Obama. La désillusion s'est installée, car les promesses d'espoir et de changement formulées par M. Obama en 2008 ont été anéanties par des politiques partisanes et des embûches dressées par le Congrès.

 

Peu importe les résultats, l'Europe restera un partenaire important pour les États-Unis. Les républicains mécontents de l'héritage de M. Obama en politique étrangère estiment cependant qu'une victoire de M. Romney bénéficierait à l'Europe.

 

« Barack Obama a accordé peu d'attention à l'Europe et a éloigné de nombreux alliés européens », a déclaré M. Kulbickas, ajoutant que le dénigrement de l'Europe mené par M. Romney au début de la campagne avait pour but de mettre en exergue un modèle économique différent.

 

« Si les États-Unis veulent restaurer leur économie, l'Europe en ressentira les effets bénéfiques », a ajouté le président de Republicans abroad, arguant que M. Obama n'avait pas réussi à s'attaquer à la crise économique comme il se doit.

 

Les démocrates ont mis en exergue les politiques nationales qui vont plus en profondeur et apportent un changement, à l'instar de la réforme du système des soins de santé.

 

« En Belgique, grâce au système de mutuelle, les soins de santé sont considérés comme acquis, alors que les États-Unis est le seul pays à ne pas avoir eu un système de soins de santé universel avant l'introduction de l' " Affordable Care Act "de Barack Obama », a affirmé Jeffrey Edison, le président de la filiale belge de Democrats abroad.

 

M. Edison a aussi souligné que l'action de M. Obama a permis de mettre un terme aux guerres en Irak et en Afghanistan déclenchées par son prédécesseur.

 

« Grâce au président Obama, la nationalité américaine est redevenue “cool”. Je veux que mes enfants puissent dire qu'ils sont fiers d'être américains », a indiqué M. Edison. 

Prochaines étapes: 
  • 6 nov.: élections présidentielles américaines
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