La Commission s'attaque aux récents problèmes liés à l'immigration [FR]

-A +A

La Commission prévoit de nouvelles mesures pour traiter des problèmes récents liés à l'afflux d'immigrants clandestins dans l'Union européenne, qui consisteraient entre autres à renforcer les contrôles aux frontières et à créer des équipes d'intervention rapide de garde-frontières.

Le paquet adopté le 19 juillet 2006 par la Commission comporte une communication qui fait le point sur les progrès réalisés jusqu'à présent dans la lutte contre l'immigration et qui définit les priorités de l'UE dans ce domaine :

  • Renforcer davantage les frontières extérieures : La Commission suggère d’utiliser la technologie biométrique afin d'enregistrer les entrées et sorties de tous les voyageurs non européens dans l'Union, ce qui permettra aux autorités de l'immigration de savoir qui reste au delà de la période autorisée.
  • Poursuivre la lutte contre le trafic d'êtres humains
  • Lutter contre l'emploi de personnes en situation irrégulière : les immigrants clandestins parviennent souvent à trouver un emploi dans l'UE, la plupart du temps en étant exploités dans les domaines de la construction, de la restauration ou du textile. Il s'agit un facteur d'attraction important pour les immigrants clandestins et la Commission propose donc de se pencher particulièrement sur cette question. Les Etats membres doivent mettre en place des sanctions européennes harmonisées pour les employeurs qui exploitent des clandestins.
  • Poursuivre la recherche sur l'impact des régularisations à grande échelle des immigrés clandestins 
  • Continuer d'oeuvrer à la mise en place d'une politique du retour au pays efficace  

La Communication s'accompagnait de propositions pour un code communautaire d’attribution des visas courte durée et sur la création d'équipes d'intervention rapide aux frontières constituées d'experts nationaux capables de fournir rapidement une assistance technique lors des périodes de flux importants d'immigrés.

La première proposition a pour but de clarifier les règles existantes dans le domaine des visas afin de faciliter les déplacements légitimes et de lutter contre l'immigration cladestine en harmonisant davantage les législations nationales.

La seconde proposition a pour objectif de soulager en partie la pression que subissent les pays du sud de l'Europe en créant une force conjointe de gardes-frontières, de traducteurs et de personnes en charge des premiers secours, qui pourraient vérifier les documents de voyage, fouiller les véhicules, prendre part aux patrouilles en mer et interroger les immigrants. Les gardes pourraient porter une arme de service et un brassard bleu portant l'insigne de l'UE.

L'objectif est d'établir une force de 250 à 300 experts qui pourrait entrer en action dans un délai de 10 jours sur demande d'un Etat. Les Etats membres restent libre de participer ou non à cette équipe d'experts, qui serait dirigée par l'agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures des États membres de l'Union européenne, FRONTEX.

Réactions: 

Selon le Vice-président de la Commission, Franco Frattini, commissaire responsable de la liberté, de la sécurité et de la justice, "nous devons renforcer la lutte contre l'immigration, car c'est fondamentale pour la crédibilité et la cohérence de nos politiques d'immigration et d'asile [...] En étant notamment  ferme sur l'immigration clandestine, nous empêchons l'exploitation des immigrants et nous éliminons le principal facteur d'attraction des immigrés clandestins".

Selon Tonio Borg, ministre de l'Intérieur et Premier ministre adjoint de Malte, la force de réaction rapide, qui vient en complément des bateaux et des avions de patrouille fournis par FRONTEX, est une avancée dans la bonne direction. Cependant, il déplore que la bureaucratie ralentisse tout le processus. Selon lui, "L'UE a réagi lentement et l'agence de contrôle des frontières extérieures n'a pas ses propres gardes-frontières. [Cela] signifie qu'elle doit uniquement compter sur l'aide des Etats membres et beaucoup se révèlent égoïstes et nationalistes".

Le Président français Jacques Chirac  a rappelé, lors de son intervention du 14 juillet, que "les Africains vont inonder le monde" à moins que leur continent ne se développe. "Nous avons un immense problème, celui du développement" a-t-il déclaré.

Liens externes: 
Publicité