Les ministres européens des Affaires étrangères ont donné leur accord final au service européen d'action extérieure, ouvrant la voie à un démarrage de la nouvelle structure en décembre 2010.
Les ministres des Affaires étrangères ont officiellement décidé de l'organisation et du fonctionnement du service européen d'action extérieure (SEAE), le 26 juillet.
Au moins un tiers des membres du SEAE viendront des États membres et 60% du personnel de l'UE. La composante européenne est donc destinée à rester prépondérante au sein du nouveau service.
La Haute Représentante de l'UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Catherine Ashton, considère cette évolution comme une « décision historique » qui permettra à l'Union européenne d’ « aller de l'avant pour construire un service purement européen, moderne et efficace pour le 21e siècle ».
Cette décision ne met cependant pas fin aux longues négociations pour mettre en place le nouveau service. Les questions budgétaires doivent encore être résolues.
Coût indéfini
Catherine Ashton appuie des amendements au budget 2010 de l’UE, afin de doter le service des ressources financières nécessaires. Le coût exact du SEAE n'est néanmoins pas encore connu.
Malgré l'engagement pris de maintenir les coûts «aussi bas que possible», de nombreux observateurs sont préoccupés par les dépenses supplémentaires que le service pourrait engendrer, plus encore en période d'austérité économique.
Catherine Ashton a elle-même reconnu, le 26 juillet, qu'il y aurait des coûts de démarrage dans la phase initiale, sans donner de détails sur les montants. Pour réduire les frais, elle a suggéré le remplacement de voyages par des vidéo-conférences, dans la mesure du possible.
Au Parlement européen, la députée allemande Inge Gräßle, porte-parole de la commission du contrôle budgétaire pour le parti populaire européen (PPE), s'est plainte du manque de transparence dans la création du service et dans le transfert de postes du Conseil et de la Commission.
Dans un communiqué, elle a reproché à la Commission la création de 100 postes de haut niveau avec des traitements de base de 18,000 € par mois, contre 87 prévus auparavant.
Bataille pour les postes
Les Etats membres se livrent aujourd’hui à une bataille diplomatique pour gagner les positions les plus convoitées au sein du nouveau service.
Dans cette optique, le poste le plus important à pourvoir est celui de secrétaire général du service, pour lequel le Français Pierre Vimont est fortement pressenti. Suivent ensuite les deux secrétaires généraux adjoints, puis les deux postes à la tête du Comité politique et de sécurité et de l'agence de renseignement, ceux de directeur des ressources humaines et budgétaires, et les quatre premiers directeurs généraux.
La plupart des pays ne cachent pas leurs ambitions de placer un de leur diplomate à l'un de ces postes de haut niveau. Les 30 ambassades de l'UE les plus importantes du monde font également l'objet de convoitise. Catherine Ashton a déjà entamé le recrutement des diplomates qui occuperont ces fonctions.
Trouver le juste équilibre entre les intérêts contradictoires des 27 États membres constituera assurément une épreuve importante et révélatrice de ses talents de diplomate.
Contexte
Le traité de Lisbonne, entré en vigueur le 1er décembre 2009, dote l'Union européenne d’un « Service européen d'action extérieure » (SEAE). Il s'agit d'un corps diplomatique qui vise à développer une véritable politique étrangère de l’Union.
Le sommet européen de décembre 2009 avait demandé à Catherine Ashton, Haute représentante pour les affaires étrangères et la politique de sécurité de l’UE, de présenter une proposition sur l'organisation et le fonctionnement du SEAE pour avril 2010.
Le 26 avril, les ministres de l'UE sont parvenus à un "accord politique" sur le SEAE, mais le Parlement européen a clairement exprimé son opposition à la proposition.
L’impasse a duré jusqu'au 21 juin, date à laquelle un compromis entre Commission, Conseil et Parlement a été trouvé, à Madrid.






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