Guy Verhofstadt dévoile un « plan herculéen » pour la Grèce

  

Hier (21 juin), deux jours avant le début du sommet de l'UE, le dirigeant du groupe ALDE au parlement européen, Guy Verhofstadt, a dévoilé une stratégie destinée à sauver l'économie grecque, intitulée « plan herculéen ». Ce plan combine des mesures de consolidation budgétaire et de stimulation de la croissance économique.

Cette proposition a été présentée à la presse quelques minutes après que le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a annoncé que Bruxelles pourrait aider la Grèce à relancer son économie en versant de manière anticipée un milliard d'euros des fonds européens destinés à Athènes, dans le cadre du projet voué à réduire les différences économiques et sociales entre les 27 Etats membres de l'Union.

En substance, M. Verhofstadt estime que les plans actuels visant à éviter une faillite à la Grèce négligent le fait que les investissements privés dans le pays sont mis en péril par les circonstances économiques.

Le leader du groupe ALDE, qui est également l’un des plus grands fédéralistes en Europe, propose notamment qu'une partie du programme de privatisation de 50 milliards d'euros, que les prêteurs imposent à la Grèce, soit allouée à un fonds d'investissement.

FMI : Plus fédéraliste que les dirigeants de l'UE ?

M. Verhofstadt a évoqué le directeur par intérim du FMI, John Lipsky, qui a déclaré qu'il était nécessaire que les Européens progressent dans l'intégration économique.

« Je dois dire que lorsque j'ai lu ce que M. Lipsky avait dit, j'ai pensé qu'il faisait partie Groupe Spinelli », a-t-il ironisé. Le Groupe Spinelli, lancé en septembre 2010, est un réseau qui a pour objectif de vaincre le nationalisme et de promouvoir le fédéralisme en Europe. Ses orientations sont outre largement influencées par M. Verhofstadt.

M. Verhofstadt a insisté sur le fait que l'UE aurait pu mettre un terme à la crise grecque dès décembre 2009, mais que des « hésitations quant à la place de la Grèce en Europe » mené à une perte de contrôle de la situation. A l'époque, l'Union tentait encore de mettre en place une nouvelle Commission européenne.

En mai 2010, M. Verhofstadt n'a pas hésité à accuser la chancelière allemande, Angela Merkel, de jouer la carte du populisme et de surfer sur la vague du sentiment antigrec partagé par de nombreux Allemands.

Dora Bakoyannis, ancienne ministre du précédent gouvernement grec de centre-droit, a salué le plan de l'ancien premier ministre belge et a déclaré que l'ALDE était « le premier groupe politique à proposer un programme qui donne de l'espoir au peuple grec ».

Mme Bakoyannis est l'actuelle dirigeante de l'Alliance démocratique, un petit parti qu'elle a fondé après avoir été renvoyée du parti Nouvelle Démocratie (ND) pour avoir soutenu les mesures d'austérité proposées par l'UE et le FMI.

Elle a insisté sur le fait que la Grèce n'était pas un « Etat en déliquescence » et qu'elle « ne le serait jamais ».

Elle a déclaré que la solution serait d'introduire des impôts modérés « que tout le monde paye » pour remplacer l'actuel système d’impôts très élevés que selon elle, personne ne paye.

Theodoros Skylakakis de l'Alliance démocratique qui en quittant la ND est devenu le seul eurodéputé grec libéral au Parlement européen, et Jorgo Charzimarkakis, un eurodéputé allemand d'origine grecque, étaient également présents pour écouter les idées de M. Verhofstadt.

M. Skylakakis a expliqué que les « demi solutions » proposées par l'UE à la Grèce avaient créé « des doubles problèmes ».

« Une tragédie gréco-allemande »

Pour sa part, M. Chatzimarkakis a déclaré que la crise grecque était en réalité une « tragédie gréco-allemande ». Citant des évènements historiques, il a demandé à ses compatriotes allemands de se souvenir qu'en 1953, l'Allemagne d'après-guerre disposait d'un accord sur sa dette qui était de loin supérieur à l'actuelle « décote » mise en place en Grèce.

Interrogé par EurActiv sur le fait que le « Plan herculéen » avait également pour but de lutter contre la corruption et les pratiques politiques suspectes, M. Chatzimarkakis a déclaré que cette stratégie avait le soutien du commissaire à la politique régionale, Johannes Hahn, qui pense que la Roumanie et la Bulgarie devraient également faire l'objet de ce genre de plan.

En réalité, le père du « Plan herculéen » serait M. Chatzimarkakis qui, il y a un an, publiait sur EurActiv un commentaire intitulé « La Grèce nécessite un Plan herculéen ».

Georgi Gotev– traduit de l'anglais par Amandine Gillet

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Prochaines étapes: 
  • 23-24 juin : sommet de l'UE voué à trouver une solution pour éviter un défaut de paiement à la Grèce et une crise majeure dans la zone euro.
  • 29 juin : la prochaine tranche du prêt UE-FMI devrait être versée à la Grèce, à condition que le parlement grec soutienne le plan d'austérité.

 

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