Le renflouement grec mise sur des privatisations de masse et la réduction des salaires

-A +A

La seconde tentative de la zone euro de redresser la situation économique de la Grèce reposera sur des privatisations de masse et des réductions importantes des salaires dont l'objectif sera de transformer un pays surendetté en une économie compétitive et axée sur l'exportation d'ici 2014, ont déclaré des fonctionnaires européens.

Le second plan de sauvetage pour la Grèce avait à peine été approuvé mardi matin (21 février) que les fonctionnaires européens à Bruxelles tentaient déjà de défendre l'accord qui, selon eux, a été mal présenté par la presse.

Le principal objectif de ce second renflouement est de stimuler la compétitivité de la Grèce en faisant passer le pays d'une économie fondée sur la demande à une économie axée sur l'exportation qui fonctionne grâce à un secteur privé compétitif, a expliqué un fonctionnaire.

Le premier plan de sauvetage, approuvé en 2010, avait déjà permis de réelles avancées via « des mesures extrêmement pénibles » en matière de salaires, de retraites, d'impôts et de pertes d'emplois dans le secteur public, a-t-il ajouté.

Mais certains des objectifs n'ont pas été atteints, en raison d'une « récession bien plus profonde » et d'une lutte insuffisante contre l'évasion fiscale qui ont empêché la Grèce d'encaisser des revenus plus que nécessaires.

35 privatisations prévues

Le second renflouement tentera de pallier ces lacunes en trouvant de nouvelles sources de revenus, notamment via un programme de privatisation à grande échelle qui aura pour objectif d'axer davantage l'économie grecque sur l'exportation, a affirmé le fonctionnaire.

« La privatisation était un élément très important du premier programme et elle sera sans doute un élément encore plus important dans le second », a déclaré un fonctionnaire européen qui a informé la presse sur les résultats de la réunion des ministres des finances de la zone euro.

Seules cinq entreprises grecques ont été privatisées en 2011, ce qui a rapporté moins de 2 milliards d'euros à l'Etat grec, un chiffre bien en dessous de l'objectif de 5 milliards d'euros, a souligné le fonctionnaire. Le second plan de renflouement aura pour but d'accélérer ce processus en créant de nouvelles institutions, dont un « fonds de privatisation » qui gèrera les actifs et « opérera les transactions dans les années à venir », a-t-il expliqué.

« Nous voyons cela comme une sorte de canal dans lequel entrent les actifs » qui sont ensuite vendus à des acheteurs du secteur privé, a-t-il affirmé, précisant que 35 privatisations étaient déjà prévues pour 2012, 2013 et 2014. Elles seront en outre encouragées par des réformes visant à faciliter l'investissement.

Croissance d'ici 2014

Si les réformes sont mises en oeuvre comme prévu, le fonctionnaire espère que la Grèce « reviendra sur le chemin de la croissance d'ici 2014 ». Il a ajouté que selon lui, il s'agissait d'un objectif réaliste.

Cela peut toutefois sembler optimiste à la lumière d'un rapport confidentiel rédigé par la troïka (le FMI, l'UE et la BCE) dans lequel elle reconnaît que les perspectives budgétaires de la Grèce se sont détériorées à un tel point que son ratio dette/PIB pourrait toujours être de 160 % en 2020.

« Etant donnés les risques, le programme grec pourrait bien rester exposé à des dérapages, avec des questions soulevées quant à sa soutenabilité », peut-on lire dans ce rapport.

Le fonctionnaire s'est toutefois dit confiant quant au fait que les mesures de privatisation, combinées à des réformes sur les marchés du travail et des services, permettraient à la Grèce de revenir à un niveau d'endettement acceptable.

Il a également précisé que les programmes de privatisation devraient aider la Grèce à lever 50 milliards d'euros de recettes supplémentaires, bien que le rythme des privatisations reste très lent.

« Selon nos chiffres, la privatisation ne dépassera pas 19 milliards d'euros d'ici 2015. Il y a donc une sérieuse révision à la baisse dans le plan de privatisation. »

« Nous pensons que le marché sera plus friand d’actifs grecs une fois la situation stabilisée», a-t-il cependant déclaré, ajoutant que la privatisation de masse devrait reprendre en juin.

Réduction des salaires

L'un des autres grands aspects du plan de renflouement sera la poursuite des politiques de réduction des salaires pour « restaurer la compétitivité » de l'économie grecque.

Le salaire minimum a déjà été réduit de 22 %, et même de 32 % dans certains secteurs, mais les autorités devront continuer sur leur lancée si la dette grecque ne revient pas sur la voie de la soutenabilité.

« Selon nos projections, le coût unitaire de main-d'œuvre baisse de 15 %, mais ça ne s'arrêtera certainement pas là, car nous sommes tous d'accord sur le fait que les salaires devront baisser davantage pour revenir à la compétitivité. »

Le fonctionnaire a déclaré à la presse qu'il pensait que le taux de chômage resterait élevé dans les années à venir mais qu'il devrait commencer à diminuer dès 2014.

Liens externes: 
Publicité