Liêm Hoang Ngoc : Renégocier le traité pour y inclure la notion de croissance

  

L'actuel traité doit être renégocié pour y intégrer des dimensions de croissance et de solidarité, a déclaré l'eurodéputé socialiste français Liêm Hoang Ngoc lors d'un entretien accordé à EurActiv.

« Il faut changer le cours de la politique macroéconomique prônée, qui est pro-cyclique depuis l’entrée en vigueur de l’euro », a déclaré M. Hoang Ngoc. Il a expliqué que les pays de l'UE avaient baissé les impôts en période de croissance au lieu de faire des réserves pour les temps difficiles et que c'était une fois en pleine récession qu'ils imposaient des mesures d'austérité.

Il est clair que la discipline budgétaire a son importance, mais les pays se doivent de la combiner à un plan pour la relance, a affirmé l'eurodéputé français. « Il faut distinguer les budgets de fonctionnement, qui doivent être équilibrés, et les budgets d’investissement public des Etats, qui préparent l’avenir, qui auront un impact sur la croissance et qu’il est possible de financer par de la bonne dette », a-t-il déclaré.

Selon lui, la « bonne » règle d'or, s'il en est une, serait d'exclure du calcul des déficits publics les dépenses d'investissement. Cela permettrait aux Etats membres de s'endetter à discrétion pour investir dans l'innovation, l'industrie, la recherche et les infrastructures.  « Il faut distinguer les budgets de fonctionnement, qui doivent être équilibrés, et les budgets d’investissement public des Etats. »

Ceci est d’autant plus nécessaire que les perspectives financières du budget communautaire, qui est un véritable budget d’investissement, restent moroses, a ajouté l'eurodéputé.

M. Hoang Ngoc a également souligné que les traités devraient être modifiés pour que la Banque centrale européenne devienne un prêteur en dernier ressort.

« Pour prévenir les nouvelles attaques spéculatives, la BCE devrait être autorisée à garantir les dettes souveraines. Pour l’heure, elle rachète des titres sur le marché secondaire et finance massivement et à bas taux les banques privées pour qu’elles rachètent des titres sur le marché primaire, non sans risque d’aléa moral », a-t-il expliqué, ajoutant qu'il était urgent d'agir.

A la question de savoir si la proposition du premier ministre britannique, David Cameron, et de 11 autres leaders européens de respecter un programme libéral pour la croissance, l'ouverture du secteur des services et l'établissement d'un réel marché intérieur pour l'énergie serait suffisante pour sortir l'Europe de la stagnation, il a répondu que les choix économiques devaient être des choix politiques.

« Le Royaume Uni a toujours considéré que l’extension de la zone de libre-échange, qu’est devenue l’Union européenne, était le meilleur paravent contre l’Europe politique que ce pays n’a jamais souhaité », a-t-il déclaré.

Il est nécessaire de renforcer les institutions européennes et d'adopter de réels instruments politiques. Ces instruments ne pourraient cependant pas se réduire à l'inscription dans la constitution des Etats membres des principes néo-libéraux de politique économique dont l'application serait assujettie au contrôle de la Cour de justice européenne, a-t-il ajouté.

Liêm Hoang Ngoc s'est confié à Daniela Vincenti, directrice de la rédaction chez EurActiv.

Pour lire cet entretien dans son intégralité en français, veuillez cliquer ici.

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